Les Mercedes passent, les blindées arrivent, mais à Maurice, la charrette à bœufs semble immortelle.
Agacé par la polémique autour de sa voiture blindée à quelque Rs 30 millions, Navin Ramgoolam a demandé s’il fallait donc que le Premier ministre se déplace en charrette.
Une formule qui rappellera quelque chose aux plus anciens.
À la fin des années 1970, Sir Harold Walter, alors ministre des Affaires étrangères de Sir Seewoosagur Ramgoolam, avait lui aussi dû défendre sa Mercedes, le grand luxe automobile de l’époque. Avec son accent so british, il avait expliqué à la télévision nationale, en substance, qu’il n’allait tout de même pas accueillir un dignitaire étranger à l’aéroport… en charrette à bœufs !
Même polémique sur les dépenses du pouvoir, même véhicule de secours rhétorique.
Impossible, évidemment, d’affirmer que Navin Ramgoolam s’est souvenu de cette mémorable sortie de Sir Harold, qu’il avait bien connu. Mais la coïncidence est délicieuse.
Près d’un demi-siècle après, le moteur a changé, le prix aussi. La Mercedes est devenue blindée et la charrette, elle, n’a toujours pas pris une ride.
Au Labour, quand la voiture fait polémique, la charrette finit, décidément, toujours par sortir du hangar.
De la charrette de Sir Harold à celle de Navin
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