Wetlands Bill retiré – Joanna Bérenger : « Zot pa konsilte, zot rod inpoze, answit zot bizin rekile »

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Joanna Bérenger a axé son intervention ce samedi lors de la conférence de presse du FMP  sur le retrait du Wetlands Bill de l’Assemblée nationale. Elle réclame des explications au gouvernement sur cette décision et déplore qu’une vingtaine de questions parlementaires restent en suspens.

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Le Wetlands Bill avait été présenté en première lecture avant qu’une motion ne soit déposée pour le retirer de l’Assemblée. Pour Joanna Bérenger, le gouvernement doit au moins expliquer les raisons de cette décision.

« La moindre des choses dans une démocratie, c’est qu’ils viennent expliquer pourquoi ils ont retiré ce Bill de la table de l’Assemblée », fait-elle ressortir.

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Elle y voit surtout une manière de procéder qui, selon elle, se répète. « Enn zafer ki sak fwa zot fer mem errer. Zot pa konsilte, zot rod impose enn zafer et answit zot bizin rekile », dit-elle.

Joanna Bérenger insiste sur l’importance des zones humides dans la protection de l’environnement. Elle rappelle leur rôle pour la biodiversité, mais également dans la lutte contre la sécheresse et les inondations.

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« Les wetlands sont extrêmement importants pour nous », soutient-elle. Ces zones agissent comme des éponges en absorbant l’eau et contribuent ainsi, dit-elle, à renforcer la résilience du pays face au changement climatique.

Elle affirme que son parti était disposé à soutenir l’objectif du projet de loi, mais pas dans sa forme proposée. Pour elle, la protection de la nature ne doit pas se traduire par la création de nouveaux pouvoirs ministériels. Elle plaide plutôt pour « une gouvernance transparente et participative ».

Joanna Bérenger conteste également le mécanisme de consultation prévu dans le projet de loi, celle-ci devant, selon elle, intervenir après certaines décisions. Elle qualifie cette démarche de « non-sens total ».

Elle soutient que des amendements auraient pu être proposés au Parlement. Le retrait du texte sans explication officielle empêche désormais, dit-elle, aussi bien la présentation de ces amendements que la tenue d’un débat.

Des interrogations autour de l’ESA Committee

Selon Joanna Bérenger, le ministre concerné aurait expliqué que le Wetlands Bill a été retiré en raison de la préparation d’un autre texte portant sur les Environmentally Sensitive Areas (ESA), les zones humides faisant partie des espaces concernés.

Cette explication suscite de nouvelles interrogations de sa part sur la coordination entre les différents ministères. « Si le gouvernement et les ministères travaillent complètement en silos, cela ne peut pas fonctionner », prévient-elle.

Elle rappelle qu’un ESA Committee existe déjà. Citant une réponse donnée au Parlement le 8 avril 2025 par le ministre de l’Environnement, elle affirme que celui-ci avait indiqué présider ce comité, où siège également un représentant du ministère de l’Agro-industrie.

Pour Joanna Bérenger, cette situation soulève une question sur le fonctionnement même du comité. « Sa vedir ESA Committee pa finn zwenn, pa pe fonktione », avance-t-elle.

Une vingtaine de questions restent en suspens

Joanna Bérenger s’est aussi attaquée au calendrier parlementaire. Elle rappelle que le Parlement avait repris ses travaux pendant environ un mois avant d’être de nouveau suspendu, cette fois jusqu’au 20 octobre.

Cette interruption laisse, selon elle, une vingtaine de questions parlementaires sans réponse. Elles portent notamment sur le secteur bancaire, la Mauritius Investment Corporation (MIC), les travailleurs étrangers, les semences de pommes de terre et des terres réservées aux Experiment Stations.

Sur ce dernier dossier, Joanna Bérenger affirme que des terres destinées aux Experiment Stations seraient attribuées à des personnes proches du gouvernement. Elle évoque notamment des contrats qui auraient été signés ces derniers jours et quelque 20 arpents qui auraient été accordés.

Elle estime que le gouvernement doit fournir les informations réclamées au Parlement. « Se bann kestion légitimes. Se bann informations ki la population ena drwa gagne », martèle-t-elle.

Joanna Bérenger dénonce ainsi des questions qui restent sans réponse, mais également des réponses qu’elle juge parfois « approximatives ». Elle reproche aussi au gouvernement de ne pas toujours déposer les documents promis à l’Assemblée nationale.

Pour elle, l’absence de réponses sur certains dossiers alimente les soupçons. Elle estime que le Parlement doit pouvoir exercer pleinement son rôle de contrôle et permettre à la population d’obtenir les informations auxquelles elle a droit.

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