Avec les dernières retouches au National Crime Agency Bill au conseil des ministres d’hier et son éventuelle adoption par l’Assemblée nationale avant la fin de cette année, la National Crime Agency-in-Waiting s’apprête à s’attaquer à un cold case politico-meurtrier. En effet, les dernières indications sont que des rebondissements sont à prévoir dans l’enquête sur le meurtre de l’ancien chef agent du leader du MSM et ancien Premier ministre, Pravind Jugnauth, à Quartier-Militaire/Moka (No 8), Soopramanien (Kaya) Kistnen. En effet, une trace biologique retrouvée sur le pantalon de Soopramanien Kaya Kistnen pourrait constituer le premier véritable fil permettant de remonter jusqu’à celui ou ceux qui se trouvaient autour de lui avant son agression mortelle. Près de six ans après la découverte de son corps calciné à Telfair, Moka, cette nouvelle piste scientifique ravive l’espoir de débloquer une enquête qui demeure sans réponse. Par ailleurs, tout semble indiquer que les anciens responsables de cette enquête sous le gouvernement de Pravind Jugnauth seront toujours écartés de ce dossier d’enquête criminelle pour laisser la place à la nouvelle équipe de la National Crime Agency.
Le pantalon porté par cet ancien chef agent du Mouvement Socialiste Militant (MSM) au No 8 le jour de sa mort, soit le 18 octobre 2020, a été envoyé à l’étranger afin de soumettre la trace ADN qui y a été détectée à des analyses spécialisées. Les enquêteurs cherchent notamment à établir l’identité correspondant à ce profil génétique et à déterminer s’il peut être rattaché à un suspect impliqué dans l’exécution de ce meurtre politique en pleine période de Covid-19.
L’enjeu est considérable, car si le profil ADN est suffisamment exploitable et correspond à une personne connue des enquêteurs, cette découverte pourrait radicalement réorienter la direction du dossier. Elle permettrait surtout de passer d’un faisceau d’hypothèses à un élément matériel susceptible de relier directement un individu à la victime.
Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, avait récemment annoncé que des développements étaient attendus dans cette affaire. Les résultats de l’expertise britannique pourraient donc constituer une étape majeure dans la recherche de la vérité.
Le corps de Soopramanien Kistnen avait été retrouvé partiellement carbonisé le 18 octobre 2020 dans un champ de cannes, à Telfair. À l’époque, la piste du suicide avait été privilégiée par l’establishment politico-policier envers et contre tout.
Les examens de toxicologie avaient notamment révélé la présence de suie dans les voies respiratoires de Kistnen, indiquant qu’il respirait alors qu’il était exposé aux flammes. L’examen de l’os hyoïde n’avait, en revanche, pas révélé de fracture compatible avec une strangulation.
Ce sont désormais les éléments scientifiques, et particulièrement cette trace d’ADN, qui pourraient permettre de franchir un nouveau cap. Car cette affaire ne porte pas uniquement sur les circonstances de la mort de Kaya Kistnen. Elle est également marquée par les critiques formulées contre la conduite des premières investigations.
Dans son rapport à l’issue de l’enquête judiciaire, l’ex-magistrate Vidya Mungroo-Jugurnath avait sévèrement mis en cause le travail effectué sur le dossier, allant jusqu’à évoquer un « niveau d’incompétence jamais atteint ».
Affaire à suivre…
AFFAIRE POLITICO-MEURTRIÈRE — Bientôt 6 ans : L’ADN sur le pantalon de Kistnen, la carte maîtresse de la NCA
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