Nasser Osman Bheeky a déposé une plainte à la Financial Crimes Commission (FCC), assisté de son avocat, Me Samad Golamaully, dans le cadre de l’affaire Mamy Ravatomanga avec des allégations de blanchiment de Rs 7,3 millards. Il a également remis aux enquêteurs une clé USB, qui contiendrait notamment des échanges WhatsApp portant sur certaines demandes d’argent. « Ce n’est pas de l’intelligence artificielle. Certaines personnes avaient pris Mamy Ravatomanga pour un Cash Cow », a déclaré son avocat. Nasser Osman Bheeky a, par ailleurs, déposé avec des limiers de la Financial Crimes Commission une copie de l’affidavit qu’il a juré en Cour, hier.
Dans ce document, il revient d’abord sur son parcours politique, ses liens avec le Parti travailliste et le Premier ministre Navin Ramgoolam, ainsi que sur sa relation avec l’ancien candidat aux élections de 1995, Iqbal Mallam-Hassam. Il évoque également ses rapports avec la famille Fakim, notamment à travers les frères Iqbal et Nash Mallam-Hassam.
S’agissant de l’affaire Ravatomanga, Nasser Bheeky affirme être un ami de David Jean Christian Thomas, présenté comme le bras droit de l’homme d’affaires malgache. Il dit avoir appris que le businessman faisait l’objet de menaces et de demandes d’argent après son arrivée à Maurice, en octobre 2025. Nasser Bheeky explique avoir alors voulu alerter le Premier ministre, Navin Ramgoolam, qui se trouvait à l’étranger.
Il aurait ensuite rencontré le secrétaire au Cabinet, Suresh Seebaluck, au Prime Minister’s Office, avant de tenter de s’entretenir avec l’ancien Deputy Prime Minister, Paul Bérenger. N’ayant pu le rencontrer, il dit avoir échangé avec son conseiller, Shafeek Hamuth, auquel il aurait relaté certaines informations concernant ces Unlawful Demands adressées à Mamy Ravatomanga.
Face à cette situation et compte tenu de ses liens avec la famille Fakim, Nasser Osman Bheeky dit avoir souhaité transmettre ces informations à l’ancien commissaire de la FCC, Junaid Fakim. C’est dans ce contexte qu’une réunion aurait été organisée à Quatre-Bornes.
Puis, Nasser Bheeky revient sur son arrestation par la FCC, dans le prochain paragraphe de son affidavit. Il évoque ses déclarations faites en Cour ainsi que sur la perte de confiance qu’il dit éprouver désormais à l’encontre de Navin Ramgoolam.
Il conclut son affidavit en affirmant que des personnes occupant des positions de pouvoir représenteraient une menace pour Mamy Ravatomanga, sans toutefois citer de nom. Il écrit notamment : « I am also aware of some very immoral and unholy practices being conducted by, at least, one person very close to the Prime Minister. »
Nasser Bheeky avait été arrêté par la Financial Crimes Commission (FCC) et placé en détention dans le cadre de l’enquête entourant l’homme d’affaires malgache Mamy Ravatomanga. L’investigation concerne une réunion secrète organisée le 14 octobre 2025. Nasser Bheeky aurait été désigné comme l’intermédiaire entre le clan Ravatomanga et Me Junaid Fakim, alors commissaire de la FCC. C’est Christian David Thomas, présenté comme le bras droit de Mamy Ravatomanga, qui l’aurait mis en cause dans cette affaire.
L’enjeu de cette rencontre aurait été particulièrement sensible pour l’entourage de Mamy Ravatomanga. Celui-ci cherchait notamment à éviter une éventuelle déportation vers Madagascar, faisant état de craintes pour sa sécurité depuis le renversement du régime d’Andry Rajoelina.
Nasser Bheeky, résident de Vallée-Pitot, fait ainsi face à une accusation provisoire d’entente délictueuse. Après plusieurs semaines passées en détention, Nasser Bheeky avait finalement obtenu sa liberté conditionnelle le 14 novembre 2025 devant le tribunal de Port-Louis. La Cour avait fixé la caution à Rs 500 000, assortie d’une reconnaissance de dette de Rs 1 million.

