– Le leader du MSM diffuse une conversation téléphonique présumée entre deux protagonistes, pour un arrangement avec une somme de « Rs 300 M pou dokter »
Le MSM a tenu son troisième congrès à Grand-Bois, dans la circonscription No 13, Rivière-des-Anguilles/Souillac. L’ancien Premier ministre et leader du MSM, Pravind Jugnauth, est revenu sur l’affaire Mamy Ravatomanga et l’affidavit juré par l’avocat Nasser Beeky, hier. Il a diffusé une conversation téléphonique présumée entre deux protagonistes, Carl et David, pour un « deal » supposé entre l’homme d’affaires malgache et le Premier ministre, Navin Ramgoolam, où une somme de Rs 300 millions est évoquée. « Deal inn fini fer », a allégué Pravind Jugnauth.
« Mo pou al get li dan klinik, dokter bizin koz ar li direk. » C’est l’une des phrases clés de la conversation présumée entre un dénommé Carl, « enn dimounn notwar », qui selon Pravind Jugnauth, affirme que le Premier ministre lui fait confiance et un dénommé David. Il est question de Mamy Ravatomanga et de « dres zafer la ». Dans un premier temps, les deux hommes parlent de « Rs 300 millions pou dokter et Rs 50 millions pou twa. » Puis, le dénommé Carl dit : « Pa met mwa ladan », et cite le prénom Navin.
Cette conversation, a prévenu Pravind Jugnauth, est bien plus longue. Seule une partie a été diffusée. Il avance : « Deal inn fini fer. » Il est également revenu sur l’affidavit juré par Nasser Beeky, qui selon lui, est un « témoin qu’on a voulu faire passer pour un accusé ». L’ancien Premier ministre a réitéré son souhait que Mme Fong Weng, la Secretary for Home Affairs, parle dans cette affaire. « Elle doit dire si elle a pris la décision seule de laisser le jet de Mamy Ravatomanga atterrir ou si elle a eu une instruction, et de qui », dit-il.
Parlant de cette affaire, Pravind Jugnauth a avancé : « get kouma pei pe koule ! » Il est aussi revenu sur l’affaire Gulshan Govind. Il s’est demandé comment est-il possible que son épouse, Véronique Leu-Govind, ne soit pas au courant qu’il plantait du cannabis chez lui. Il s’est appesanti également sur les différents voyages du couple à La-Réunion et le passage par le VIP Lounge où ils n’ont pas été fouillés. « J’avais déjà mis en garde de faire bien attention pour qui vous votez », a-t-il affirmé.
De même, concernant l’intervention d’Anil Bachoo, à l’hôpital, par son médecin privé, il estime qu’il y a eu une faute très grave. Cela relève, selon lui, d’un abus de pouvoir et c’est pour cela que Deepak Balgobin a déposé une plainte à la FCC. « J’espère que la FCC va mener son enquête », ajoute-t-il. Dans la foulée, il a indiqué avoir été convoqué au Central Criminal Investigation Department lundi prochain et qu’il a reçu un appel tout juste avant le congrès, pour cela. « Zot ena zis samem kom zarm. Zot inn fini trouve ki lepep nepli ena konfians ar zot », estime-t-il.
Face à toutes ces « dérives », Pravind Jugnauth a dit sa peine de voir où en est le pays : « Nous allons vers une crise sociale. La drogue tue nos jeunes. Bientôt nous allons devenir une Zombie Island. » Il a invité des électeurs à infliger une correction aux prochaines élections villageoises. « Nous ne participons pas à ces élections, mais vous savez ce que vous avez à faire. Il faut leur donner un signal fort qu’un 60-0 n’est pas un chèque en blanc pour faire ce qu’ils veulent », devait-il ajouter.
L’ancien Premier ministre a de nouveau déploré les réformes à la pension, promettant de tout rétablir dans l’éventualité d’une victoire lors des prochaines élections générales. Il a également fustigé Navin Ramgoolam pour ses « fausses promesses ». Et ce, avant de mettre en exergue que « même dans les moments les plus durs, comme pendant la pandémie de Covid-19, il n’a pas touché aux bénéfices sociaux ».
À ce sujet, Renganaden Padayachy, ancien ministre des Finances, a fait ressortir que lorsque le MSM était au gouvernement, il y avait un budget de Rs 100 milliards pour le peuple. « Aujourd’hui, celui-ci est à Rs 86 milliards. Où sont passées les Rs 14 milliards ? »
L’ex-leader de l’opposition, Joe Lesjongard, a dénoncé le démantèlement du Welfare State. « C’est la plus grande trahison depuis l’indépendance », a-t-il soutenu.
L’ancien ministre Kailesh Jagutpal a défendu son bilan à la Santé, indiquant : « zot kapav fer tou kalite lanket, nou la pou reponn. »

