COP31 — Les jeunes appelés à façonner l’avenir climatique de Maurice

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« Il n’y a pas de voix trop jeune. Pas d’idée trop petite. » C’est le message lancé hier par la Junior Minister de l’Environnement, Karen Foo Kune-Bacha, aux jeunes réunis au Helvetia Youth Centre dans le cadre des consultations nationales organisées en amont de la COP31. L’exercice vise à recueillir leurs préoccupations et propositions afin d’alimenter la position que Maurice défendra lors de la prochaine conférence internationale sur le climat. Pour la Junior Minister, la jeunesse ne doit pas seulement hériter des décisions prises aujourd’hui : elle doit participer à leur élaboration.

À l’approche de la COP31, le gouvernement veut donner une place plus importante à la voix des jeunes. Une consultation nationale réunissant organisations de jeunesse et personnes-ressources s’est tenue hier au Helvetia Youth Centre, avec un objectif précis : entendre les propositions de la nouvelle génération sur les enjeux climatiques qui concernent directement son avenir.

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S’adressant aux participants, Karen Foo Kune-Bacha a voulu placer cette rencontre sous le signe de l’écoute. « Si nous sommes réunis ici aujourd’hui, ce n’est pas uniquement pour parler aux jeunes. Nous sommes ici pour vous écouter », a-t-elle dit. Pour la Junior Minister de l’Environnement, cette participation n’est pas symbolique. Les décisions prises aujourd’hui auront des conséquences durables sur les générations futures. « Les décisions que nous prenons aujourd’hui détermineront en grande partie le pays dans lequel vous vivrez demain. Votre génération ne doit donc pas simplement hériter de ces décisions. Elle doit contribuer à les façonner », a-t-elle affirmé.

Un enjeu déjà visible à Maurice

Pour un petit État insulaire comme Maurice, le changement climatique n’est pas une menace lointaine. Il se manifeste déjà dans le quotidien et dans les écosystèmes de l’île. Karen Foo-Kune Bacha cite notamment le recul des plages, le blanchissement des récifs coralliens, la hausse des températures, l’intensification des épisodes de sécheresse et les pluies torrentielles susceptibles de provoquer des inondations soudaines.

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Derrière ces phénomènes environnementaux se trouvent également des conséquences humaines et économiques. Familles, pêcheurs, agriculteurs, entrepreneurs et travailleurs peuvent être affectés, tout comme la sécurité alimentaire et hydrique, le tourisme et, plus largement, la qualité de vie de la population. « Pour un petit État insulaire comme Maurice, le changement climatique n’est ni une menace abstraite ni une menace lointaine. Il est déjà devant notre porte », a souligné la Junior Minister.

Cette vulnérabilité particulière devra, selon elle, continuer à être défendue sur la scène internationale à l’occasion de la COP31. Maurice, comme les autres petits États insulaires en développement, doit notamment porter les questions liées à l’adaptation, au financement climatique, aux pertes et préjudices, à la technologie et au renforcement des capacités. À cela s’ajoutent les notions de justice climatique et de justice intergénérationnelle. « Car ceux qui vivront le plus longtemps avec les conséquences des décisions prises aujourd’hui, c’est vous », a-t-elle lancé aux jeunes.

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Ne pas seulement parler des problèmes

Si l’urgence climatique a occupé une place importante dans son intervention, Karen Foo Kune-Bacha a également voulu délivrer un message moins alarmiste. Pour elle, la jeunesse ne doit pas être définie uniquement par les problèmes auxquels elle sera confrontée. « Malgré l’urgence, tout n’est pas perdu », a-t-elle insisté. Elle s’est notamment référée à des travaux récents de chercheurs de l’Université d’Exeter, en Angleterre, qui montrent, selon elle, que la transition climatique commence à s’accélérer dans plusieurs domaines.

Le développement des énergies renouvelables constitue l’un des exemples cités. Le solaire et l’éolien sont devenus plus accessibles et plus compétitifs, ouvrant la voie à d’autres transformations, notamment dans la mobilité électrique et les systèmes énergétiques. « Alors oui, votre génération hérite d’un immense défi climatique. Mais vous n’héritez pas seulement du problème. Vous héritez aussi des premières solutions », a dit Karen Foo Kune-Bacha. Ces solutions restent toutefois insuffisantes, reconnaît-elle, et doivent désormais être accélérées.

Une transition écologique, mais aussi économique

Pour la Junior Minister, la lutte contre le changement climatique doit également être envisagée comme une source d’opportunités pour la jeunesse. La transition écologique ne concerne pas uniquement l’environnement : elle peut aussi ouvrir la voie à de nouveaux métiers, à l’innovation et à de nouvelles activités économiques. « Nous devons préparer une nouvelle génération d’entrepreneurs, de chercheurs, de techniciens, d’innovateurs et de décideurs capables de construire cette économie de demain », a-t-elle dit.

Le gouvernement ne pourra toutefois pas mener cette transformation seul. Karen Foo Kune-Bacha appelle à une mobilisation du secteur privé, de la société civile, du monde académique, des communautés et, surtout, de la jeunesse. C’est précisément l’objectif de la consultation organisée hier : ne pas simplement présenter aux jeunes les positions que Maurice entend défendre à la COP31, mais leur demander ce que le pays devrait y porter.

Les questions posées couvrent plusieurs dimensions : réduction des déchets, protection des plages, des lagons et des récifs, développement des énergies renouvelables, résilience des villes et villages face aux inondations et aux fortes chaleurs. Mais une interrogation plus large est également posée aux participants : « Dans quel Maurice voulez-vous vivre dans 10, 20 ou 30 ans ? »

« Il n’y a pas de voix trop jeune »

Pour illustrer le rôle que peuvent jouer les jeunes dans les débats climatiques internationaux, Karen Foo Kune-Bacha a évoqué l’expérience de jeunes issus des îles du Pacifique. Confrontés aux conséquences de la montée du niveau de la mer, de l’érosion côtière et du blanchissement des coraux, des étudiants ont décidé de porter la question du changement climatique et de ses conséquences sur les droits humains devant la Cour internationale de Justice.

« Pas des diplomates. Pas des chefs d’État. Pas de grandes puissances. Des étudiants. Des jeunes comme vous », a-t-elle rappelé. Pour la Junior Minister, cette mobilisation démontre qu’une initiative portée par quelques jeunes peut progressivement prendre une dimension internationale. « Leur histoire nous rappelle une chose essentielle : il n’y a pas de voix trop jeune. Pas d’idée trop petite. Et pas de petit État trop insignifiant pour faire bouger les lignes. » Un message qu’elle a directement adressé aux participants de la consultation : « À votre tour de porter vos convictions. À votre tour de proposer, de questionner, d’innover et d’agir. »

Si la COP31 constituera un rendez-vous important pour les négociations internationales, Karen Foo Kune-Bacha estime que le combat climatique ne se gagnera pas uniquement dans les salles de conférence. Il devra également se poursuivre à Maurice, dans les écoles, les entreprises, les foyers et les collectivités, mais aussi sur les plages et dans les quartiers. « Vous n’avez pas besoin d’attendre demain pour devenir les leaders du changement », a-t-elle relevé.

À travers cette consultation, le gouvernement souhaite donc faire remonter les attentes de la jeunesse dans la préparation de la position nationale de Maurice. Reste désormais à transformer les échanges en propositions concrètes susceptibles de nourrir les priorités du pays à la COP31. Pour Karen Foo Kune-Bacha, le changement peut commencer dès maintenant — et avec les jeunes eux-mêmes. « Le changement peut commencer aujourd’hui. Et il peut commencer avec vous. »

 

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