Une inspection des autorités a révélé des travaux de remblayage empiétant de six à dix mètres sur la Mare Phedre ainsi qu’un défrichement dans la zone tampon protégée de 30 mètres. Le ministère de l’Environnement ordonne l’arrêt immédiat des travaux, l’enlèvement des matériaux déposés et la restauration du site dans un délai de 20 jours.
Le ministère de l’Environnement a émis, jeudi 11 septembre, un Stop Order pour mettre fin à des travaux de remblayage et de récupération de terrain entrepris à Bain-Bœuf/Pereybère, aux abords de la Mare Phedre. L’ordre a été signifié à Krishnacatan Saminada Chetty, présenté comme le propriétaire du terrain concerné.
Cette décision fait suite à une plainte pour des travaux de land reclamation et de backfilling ainsi qu’à une inspection menée sur le site. Les coordonnées GPS relevées lors de cette visite ont ensuite été confrontées aux données géographiques officielles de 2013.
Selon les conclusions transmises aux autorités, les opérations ont touché une superficie totale d’environ deux arpents. Une partie du défrichement aurait été réalisée à l’intérieur de la zone tampon de 30 mètres entourant la Mare Phedre. Les relevés indiquent également un empiétement de six à dix mètres à l’intérieur même de cette zone humide côtière d’eau douce.
Travaux réalisés sans autorisation environnementale
Le Stop Order, émis par le Département de l’environnement en vertu de l’article 112 de l’Environment Act 2024, indique que des travaux de récupération de terrain et de remblayage étaient effectués dans la Mare Phedre « sans Preliminary Environmental Report », pourtant exigé par la législation.
L’ordre impose en premier lieu de « cesser immédiatement tous les travaux de récupération de terrain et de remblayage ». Il exige également que les matériaux déjà déposés dans la zone humide soient entièrement retirés.
Cette opération devra être effectuée sous la supervision et « à la satisfaction du National Parks and Conservation Service » dans un délai de 20 jours à compter de la réception de la notification.
Le propriétaire est, en outre, sommé de restaurer la bande tampon de 30 mètres située sur son terrain. Ces travaux devront être réalisés dans le même délai, sous le contrôle du National Parks and Conservation Service et du Forestry Service. Il ne s’agit donc pas uniquement d’interrompre le chantier, mais de remettre en état les espaces déjà affectés.
Jusqu’à Rs 500 000 d’amende
Le document avertit que le non-respect de ces directives constituerait une infraction. Pour une première condamnation, la sanction prévue est une amende comprise entre Rs 50 000 et Rs 500 000, assortie d’une peine d’emprisonnement pouvant atteindre deux ans.
En cas de récidive, l’amende pourrait varier entre Rs 100 000 et Rs 500 000. La peine d’emprisonnement prévue serait alors comprise entre cinq et dix ans.
La protection des zones humides revêt une importance particulière dans les régions côtières soumises à une urbanisation croissante. Ces espaces contribuent à retenir les eaux de pluie, à limiter les risques d’inondation et à préserver la biodiversité. Leur remblayage peut modifier l’écoulement naturel des eaux et augmenter la vulnérabilité des terrains environnants lors de fortes précipitations.
L’intervention des autorités à la Mare Phedre ouvre maintenant une période de surveillance de 20 jours. Le National Parks and Conservation Service et le Forestry Service devront constater l’enlèvement des matériaux de remblai et vérifier si la zone humide ainsi que sa bande tampon ont effectivement été restaurées. La nature du projet envisagé sur les deux arpents défrichés n’est pas précisée dans les informations disponibles.

