- « Rester au gouvernement c’aurait été renier mes convictions, cautionner les dérives et les manquements, et je n’aurais pas été en paix avec ma conscience. »
- « NCA : non seulement le gouvernement copie un modèle dépassé, mais il est en train de remplacer quelque chose de mauvais par quelque chose de pire ! »
- « Comment peut-on espérer qu’un ministre des Finances part time ait le temps nécessaire pour mener des consultations sur un sujet d’importance nationale comme celui de la pension, tout en assurant le poste de Premier ministre en full time » ?
Notre invitée de ce dimanche est Joanna Bérenger, Chief Whip de l’opposition et un des membres de la direction du nouveau Fron Progresis Morisien (FPM). Précision : l’interview qui suit a été organisée bien avant que le MMM annonce la tenue de son congrès pour ce dimanche.
O Est-ce que six mois après, vous êtes remise du choc de la cassure avec le MMM qui a conduit à la création du FPM ?
— À vrai dire, il n’y a pas eu de choc. Il y avait beaucoup d’indices qui indiquaient ce qui allait se passer. Les discussions en interne au MMM n’étaient plus constructives puisque Paul avait dit, depuis novembre 2025, qu’il y avait des manquements, dénonçait les traffics d’influence, recommandait des améliorations. On voyait bien en interne que la majorité du MMM s’efforçait de dire qu’il n’y avait pas de problème. On a vu venir la préparation du départ de Paul, avec des réunions parallèles qui se faisaient et dont nous étions informés. Mais ça reste quand même un choc parce que ce sont des années de relations humaines, d’engagement et d’histoire du MMM qui ont été trahies. Mais je ne regrette rien car, comme l’a dit Paul, rester au gouvernement c’aurait été renier mes convictions, cautionner les dérives et les manquements, et je n’aurais pas été en paix avec ma conscience.
O Qu’est-ce que vous avez pu faire à vos ex collègues du MMM pour provoquer chez eux cette campagne de violence, pour ne pas dire de haine ? Est-ce que, comme ils l’ont dit, vous étiez manipulatrice, machiavélique, méprisante, arrogante, dictatoriale, bloquant les initiatives, travaillant en petit comité en ignorant les autres et j’en passe ?
— Je n’ai jamais entendu les propos que vous rapportez dans les instances du MMM, dont eux et moi avons été membres pendant des années. Les faits ont montré le vrai visage de ceux qui disent ça aujourd’hui. On a donné les raisons pour lesquelles nous ne pouvions pas rester au gouvernement. Malgré ça six mois plus tard ils sont toujours en train d’essayer de justifier pourquoi ils sont restés.
O En tout cas, ils continuent de vous attaquer. Je cite pour exemple un récent discours d’Adil Meah…
O …Vous avez vu ça ! Il diabolise dans le même tour de main les infractions sexuelles, les droits des personnes LGBT, l’avortement, la légalisation du cannabis.
O Ce sont pourtant des sujets de société sur lesquels le MMM a débattu pendant des années.
— Ce qui pousse à se demander si le MMM d’aujourd’hui est devenu un parti conservateur. Adil Meah révèle aujourd’hui ses positions conservatrices, qu’il a bien cachées quand il était au MMM, parti de gauche. Vous comprenez maintenant pourquoi nous avons tenu à mettre « progressiste » dans le nom de notre nouveau parti.
O En dehors des ralliements, très médiatisés, de quelques personnalités politiques, comment se porte le FPM cinq mois après sa création ?
— Très bien. Nous avons posté un formulaire en ligne pour ceux qui veulent nous rejoindre et avons déjà plus de 2,700 adhérents dans les structures du nouveau parti, qui sont comme celles du MMM, mais améliorées. Les branches ont soumis la liste des membres actifs et choisiront les délégués qui feront partie du BP. On consolide le parti avant de définir sa stratégie, mais on connaît notre base, nos objectifs, et on ne veut plus des petits arrangements qu’on faisait autrefois et qui n’ont pas marché. Nous voulons une vraie rupture, celle promise à la population et qui n’a pas été réalisée, malheureusement.
O Est-ce que les ralliements de Rama Valayden, Nando Bodha, peut-être même de Roshi Badhain ne font pas partie « des petits arrangements qu’on faisait autrefois et qui n’ont pas marché » ?
— Mais non. Paul a clairement expliqué que l’objectif était d’essayer de rassembler une majorité des forces de l’opposition. Pour arriver à ça, il y a des discussions avec – en plus de ceux que vous avez cités – Dev Sunassy, Patrick Belcourt, Nita Deerpalsing. Mais Rama Valayden a préféré intégrer le FPM et a été accueilli, à bras ouverts, par la régionale du no. 19. Quand à Roshi Badhain, il y a deux semaines, il avait pris rendez-vous lundi pour vendredi, mais mercredi, il est allé rencontrer Ramgoolam…
O Pourquoi est-ce que vous n’avez pas accepté le poste de leader de l’opposition, malgré votre expérience du Parlement : pour éviter une éventuelle campagne communaliste style « disan colon dan so la veine » ?
On m’a fait toutes sortes de procès d’intention, accusé Paul d’avoir voulu installer sa fille à la tête du parti, du gouvernement, et puis de l’opposition, et j’en passe. C’est parce qu’on nous a fait tous ces procès d’intention, qui n’avaient pas lieu d’être, et du fait que je ne voulais pas qu’on puisse douter des raisons mises en avant pour justifier notre démission du gouvernement, que je n’ai pas voulu être leader de l’opposition. Je trouve très bien que le poste ait été confié à Chetan et il a bien commencé le travail. C’est aussi un apprentissage pour moi de l’accompagner, tout comme le fait Paul et les autres membres de l’équipe, car nous sommes une équipe.
O Quel est le but ultime de votre apprentissage : le leadership du FPM et, à terme, le poste de Premier ministre ?
— Mon engagement et mon action politique ne sont pas définis par un poste ou une responsabilité précise. Je ne veux pas perdre du temps à réfuter les accusations sur mon nom et la dynastie supposée, mais m’atteler à faire grandir notre mouvement, à propager nos idées. Si jamais, en cours de route, une responsabilité se présente à moi, je n’aurai pas peur de l’assumer.
O Qu’est ce que la petite minorité parlementaire peut faire pour exister face à la grosse majorité gouvernementale ?
— À travers nos questions, on parvient à avoir des informations sur ce que fait le gouvernement. Mais malgré le fait que le gouvernement n’arrête pas de se vanter d’avoir rétabli la démocratie parlementaire, depuis le mois de mars, la plupart des réponses à nos questions sont très approximatives. Ou alors, on n’y répond carrément pas et les documents qui doivent être déposés ne le sont pas. Je viens d’ailleurs d’écrire à la Speaker, à qui je fais encore confiance, pour lui rappeler que c’est son rôle de faire appliquer les Standing Orders dans le cas des réponses aux questions parlementaires.
O Est-ce que le FPM fera de l’opposition systématique au Parlement ?
— Non. On a déjà montré que nous sommes aussi une force de proposition, dans nos discours, même dans la façon dont on formule les questions parlementaires. Nous venons de le faire en tenant une conférence de presse pour dénoncer le projet de National Crime Agency (NCA) que nous considérons être très dangereux pour le pays, avec des propositions d’amendements. Notre équipe d’avocat travaille dessus pour venir avec des formulations précises.
O Vous avez qualifié la NCA de « monstre ». Est-ce qu’il n’est pas nécessaire de créer une institution pour mettre de l’ordre dans le secteur de la lutte contre la corruption, qui s’étend de plus en plus à Maurice ?
— Oui, il faut une agence pour lutter contre la corruption, et non Maurice n’est pas en train de faire ce qu’il faut. Maurice est en train de copier un modèle, le NCR adopté en 2013 en Angleterre, qui est dépassé au point qu’on est en train de le revoir en créant une nouvelle institution, la National Police Service qui intégrera l’ancienne. Le gouvernement mauricien fait l’inverse en allant à contre-courant de ce que les travaillistes anglais sont en train de faire. Et en plus, non seulement il copie mal un modèle dépassé, mais il est en train de remplacer quelque chose de mauvais par quelque chose de pire. En plus, le directeur par intérim sera choisi par le Premier ministre, sans qu’il y ait des critères définis pour sa sélection, et aura un mandat de 4 ans renouvelables pour une même période. On pourrait avoir une personne très proche du pouvoir exécutif à la tête de la NCA pour 8 ans.
O Est-ce que le FPM envisage d’aller en Cour pour combattre ce projet de loi ?
— Nous espérons que, face à la levée de boucliers, pas seulement de l’Opposition, ce projet de loi ne sera pas présenté au Parlement et que le gouvernement reverra sa copie
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O Vous voyez sérieusement Navin Ramgoolam revoir sa copie sur un projet dont il parle depuis des années, comme d’un rêve à réaliser ?
— C’est vrai qu’il en parle depuis des années, mais avant de faire rédiger les 9 textes de loi, il n’a pas pris le temps de faire des consultations. Il fait toujours la même erreur : il décide, il impose, sans avoir consulté, et il est obligé de reculer.
O Le ministre de la Fonction Publique vient de ressortir une circulaire qui rappelle aux fonctionnaires qu’ils ne peuvent pas avoir un deuxième emploi pendant leurs heures de travail dans la fonction publique. Votre commentaire ?
— Je pense surtout aux conflits d’intérêt qui peuvent porter préjudice au bon fonctionnement des institutions. Une de mes dernières questions était adressée au ministre de l’Éducation, dont l’ASP de son ministère était aussi manager d’un collège Medco, ce qui pouvait poser un conflit d’intérêt. Le ministre a répondu qu’il n’y aucun problème, ni de conflit d’intérêt. Sauf que quelques jours plus tard, l’ASP a démissionné du poste de manager, ce qui montre qu’il y avait un problème et que ce genre de situation doit être évité.
O Quelle est votre réaction sur la démission, quatre jours après sa nomination, du dernier membre de la Equal Opportunity Commission ?
— C’est l’illustration de ce que nous dénoncions au gouvernement, y compris les nominations à des postes de responsabilité. À ce sujet, on est toujours dans l’attente de l’Appointment Commitee promis dans le programme gouvernemental et non mis en pratique presque deux ans après les élections.
O Est-ce que cette manière de gouverner, en ne tenant pas les promesses, existait chez Navin Ramgoolam dès la prise de pouvoir, ou est-ce qu’elle s’est installée au fur et à mesure ?
— En tout cas, on l’a cru, comme une forte majorité de Mauriciens, quand Ramgoolam disait qu’il voulait un changement, qu’il allait le faire puisque c’était son dernier mandat et voulait laisser une trace dans l’Histoire. Aujourd’hui, le discours est complètement différent, au point qu’il vient annoncer qu’il se représentera aux prochaines élections ! Comme l’a dit Paul, il faut malheureusement faire des alliances pour gagner des élections, et on a dû le faire pour mettre dehors le MSM. Mais le respect de l’accord électoral dépend de la volonté des dirigeants et on a pu constater que Ramgoolam ne l’avait pas.
O Comment avez-vous réagi au fait que le PM ne soit pas allé à l’assemblée générale de l’Organisation des Nations-Unies ?
— J’ai retenu que le PM a déclaré qu’il avait plein de raisons pour ne pas aller à New York, mais qu’il ne voulait pas les rendre publiques. Et ça, après ses grands discours répétés sur la transparence !
O Quelle est la plus mauvaise décision que le gouvernement a prise depuis la cassure ?
— La façon de faire la réforme de la pension, qui a révolté et traumatisé les Mauriciens, et cela, depuis le budget de l’année dernière. Quand Paul déplorait que nous n’ayons pas un ministre des Finances full time, beaucoup l’ont critiqué. Mais regardez la débâcle qui a suivi la réforme de la pension, qui était supposée améliorer la version de l’année dernière, et qui a fait le contraire en traumatisant une nouvelle fois la population. Et tout ça, par manque de planification et de communication. Comment peut-on espérer qu’un ministre des Finances part time ait le temps nécessaire pour mener des consultations sur un sujet d’importance nationale comme celui de la pension, tout en assurant le poste de Premier ministre en full time ? Tout ce qui a suivi a donné raison à Paul Bérenger, et cela continuera à aller dans ce sens tant que nous n’aurons pas un ministre des Finances full time.
O Permettez-moi de vous rappeler, quand même, que l’année dernière, vous faisiez partie du gouvernement qui avait voté le report de l’âge de la pension !
— L’année dernière, on nous avait présenté le report de l’âge de la pension comme inévitable, dans un contexte d’urgence économique. J’ai découvert cette mesure quand elle a été présentée au Parlement et je l’ai soutenue dans un contexte et des conditions précises. Elles étaient que la mesure soit améliorée, par le comité des experts, en tenant compte les conditions des plus vulnérables. Ce qui a été fait avec la mise en place de l’income support grâce à l’insistance de Paul Bérenger. On voulait d’une réforme de la pension qui allait être correcte et juste pour tous. Comme on voyait que cela n’allait pas arriver, on a préféré partir.
O À partir de quel moment est-ce que Paul Bérenger a réalisé que le gouvernement n’allait pas tenir les promesses faites pendant la campagne ?
— Honnêtement, on a vraiment tout fait, y compris moi, pour que ça marche, pour donner une chance à l’équipe de l’Alliance du Changement, en faisant des propositions en interne et en essayant de travailler en équipe. On m’a reproché de ne pas avoir communiqué, mais j’étais au gouvernement et la communication se faisait en interne. Au bout d’un an, on s’est rendu compte que les nominations n’étaient pas faites comme il faut, qu’il y a avait des dérives, des trafics d’influence, des lenteurs administratives voulues, de la corruption, que les réformes ne sont mises en place, qu’il y a un manque de communication avec le peuple – malgré la promesse du PM de faire un bilan de l’action du gouvernement tous les mois –, que Ramgoolam avait promis que la réforme électorale serait présentée en mars et nous sommes en septembre. On a compris. À plusieurs reprises, Paul a tiré la sonnette d’alarme, multiplié les mises en garde sans obtenir aucun résultat. Nous ne pouvions pas rester au gouvernement.
O Qu’est-ce qui se passera maintenant, le FPM ratissera large et contractera des alliances pour faire travayis allé, comme le MMM avait rejoint l’Alliance du Changement pou fer MSM allé ?
— Non. Nous espérons avoir une réforme électorale qui mettra fin aux alliances politiques obligatoires, qui ne sont pas bonnes pour la démocratie. Nous allons continuer à mettre la pression pour que cette réforme électorale soit enclenchée puisque tout a été déjà fait et qu’il suffit d’inscrire le projet de loi au Parlement. Ce n’est qu’une question de volonté politique.
O Il semblerait que pour certains travaillistes, cette réforme – et l’introduction du kréol au Parlement – ne fasse pas partie des priorités de l’heure.
— On a entendu des déclarations de députés travaillistes allant dans ce sens juste avant de quitter le gouvernement, alors qu’hier c’était un autre discours. En ce qui concerne l’introduction du kréol au Parlement, il faut rappeler certains faits. Le français a été autorisé au Parlement pour permettre une meilleure compréhension des débats à la population, qui était francophone. C’est pour faciliter les échanges et la compréhension des échanges au Parlement par la population qu’on demande l’introduction du kreol – langue comprise et parlée par la majorité des Mauriciens – au Parlement. Cette demande est faite, afin que les Mauriciens puissent comprendre les débats qui mènent aux prises de décisions nationales.
O Quelle a été la meilleure décision prise par le gouvernement depuis la cassure ?
— Je pense que c’est le Domestic Abuse Bill qui a enfin reconnu le féminicide ! Ça, c’était une bonne chose de faite. Nous avions soutenu le projet de loi, mais en proposant des amendements pour combler les failles du système : bracelet électronique ou monitoring effectif des Protection Orders, interdiction de la médiation dans les cas de violence domestique, des moyens pour la justice, la police, les fonctionnaires, la FORMATION des officiers, une éducation revue en profondeur pour nos enfants, et une exemplarité sans faille de ceux qui détiennent l’autorité.
O Vous avez souvent utilisé les termes de gouvernement bat baté qui pratique le trial and error ? Qu’est-ce qui explique que ce gouvernement ne parvienne pas à fonctionner comme il le faudrait ?
— Le propre d’un parti politique dans l’opposition est de réfléchir, de proposer des mesures pour lui permettre de prendre le pouvoir et de les appliquer une fois élu. Visiblement, le PTr n’a pas fait ce travail, n’a pas réfléchi pendant ses années passées dans l’opposition. Le résultat : manque de consultations, manque de confiance dans les personnes compétentes, passe-droits, copinage, etc.
O En parlant de copinage, quelle est votre réaction à la démission du Senior Adviser du Premier ministre, après la diffusion d’une conversation téléphonique enregistrée ?
— Cette démission est encore une preuve que Paul Bérenger avait raison. Depuis novembre de l’année dernière, il parlait du gang des 5, et en mars, il avait mentionné cet enregistrement à Navin Ramgoolam qui lui avait répondu que son conseiller lui avait affirmé que c’était faux et qu’il croyait en sa parole. Ce qui n’a pas empêché le conseiller – dont on vient de découvrir qu’il a obtenu trois arpents de terre du ministre de l’Agro Industrie – de démissionner ! Dans cette histoire, il y a quelqu’un qui ment. Encore une preuve de ce qui se passe au gouvernement et que Paul Bérenger dénonce depuis l’année dernière.
O Est-ce que je me trompe ou vous êtes plus à l’aise dans l’opposition que ne l’étiez au gouvernement ?
— Quand on peut ouvertement rester fidèle à ses convictions et ses engagements dans l’opposition, on est plus en paix avec sa conscience.
O Vous vous préparez à faire un long parcours dans l’opposition, comme votre père ?
— Je ne l’espère pas. C’est pour cela que nous sommes en train de bâtir ce nouveau parti…
O … qui, pour le moment, ressemble à une alliance de toutes les oppositions.
— Nous ne sommes pas en train de faire une alliance, mais de discuter pour constituer une opposition parlementaire et non parlementaire, et proposer une alternative politique. Pour l’instant, on n’est tombé d’accord sur rien. Il y a juste des discussions de manière tout à fait démocratique.
O Qu’est-ce qui vous inquiète le plus au niveau politique : que Navin Ramgoolam continue à mal gouverner, ou que Pravind Jugnauth parvienne à revenir au pouvoir ?
— Les deux éventualités m’inquiètent.
O Est-ce que malgré les dérives que nous venons d’évoquer, il y a quand même de l’espoir pour l’avenir de Maurice ?
— Bien sûr, et c’est pour cela que l’on se bat. À Maurice comme ailleurs, nous faisons l’expérience d’un système qui ne marche plus. Face à ça, les petits arrangements et les anciennes recettes ne feront plus l’affaire. Le militantisme progressiste est plus que jamais nécessaire, afin d’offrir une vision d’un développement véritablement humain, d’une société plus juste. C’est le sens profond de mon engagement. C’était le combat du MMM hier, et du FPM aujourd’hui. Nous allons nous inspirer de ce qui se fait ailleurs pour continuer à avancer. Et demain, espérons-le, il y aura la réforme électorale ; sinon, il faudra faire des alliances politiques. Mais nous n’en sommes pas là. Pour le moment, nous sommes dans une phase de construction et de propositions pour que demain on puisse former un gouvernement qui fera la vraie rupture qui avait été promise aux Mauriciens lors des dernières élections.
O On m’a demandé de vous poser la question suivante : est-ce que, dans cette vie politique intense qui est la vôtre, vous avez le temps d’avoir des relations
fille/père avec Paul Bérenger ?
(Moment de silence) Pas beaucoup. En tout cas, je me nourris de lui autant que je peux, de ce qu’il a à nous apprendre.
Jean-Claude Antoine

