Chagos Deal : Bérenger veut mettre Maurice autour de la table avec Londres et Washington

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Le leader du Fron Militan Progresis (FMP), Paul Bérenger, estime que Maurice doit reprendre l’initiative diplomatique afin de sortir de l’impasse actuelle sur l’avenir des Chagos. Il propose une rencontre de haut niveau entre Maurice, la Grande-Bretagne et les États-Unis, suivie de la mise sur pied d’un High-Level Working Group, composé de représentants politiques et techniques des trois pays. L’objectif serait de dégager une solution sans remettre en cause la souveraineté mauricienne sur l’archipel.

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« Il faudrait proposer aux États-Unis et à la Grande-Bretagne une rencontre au sommet réunissant tous les ministres concernés des trois pays, y compris ceux de Maurice, comme l’a fait le Groenland. Cette réunion devra déboucher sur la mise sur pied d’un High-Level Working Group réunissant les trois pays afin de parvenir à une solution, sans toucher à notre souveraineté sur les Chagos », a-t-il déclaré.

Le leader du FMP a déploré que Maurice et son Premier ministre aient été, selon lui, traités comme des colonisés. « Je trouve inacceptable que la Grande-Bretagne traite l’île Maurice et son Premier ministre comme des colonisés », affirme-t-il. Il cite notamment les discussions engagées entre les États-Unis et la Grande-Bretagne sur le dossier des Chagos, auxquelles Maurice a été exclue.

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À ses yeux, une telle situation est d’autant plus difficilement acceptable que l’accord conclu entre Maurice et la Grande-Bretagne en 2025 constitue un élément central de la position mauricienne. « La Grande-Bretagne a signé un accord après des discussions approfondies avec l’île Maurice en 2025, qui reconnaît que Maurice a toujours eu la souveraineté sur les Chagos », soutient-il.

Pour Paul Bérenger, cet engagement met également en jeu la parole et l’honneur de Londres. « L’histoire nous regarde. La Grande-Bretagne a signé cet accord solennellement. Ce qui me fait dire que la parole et l’honneur de la Grande-Bretagne sont en jeu. La Grande-Bretagne a pris l’engagement de transmettre cette souveraineté », maintient-il.

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Précédent du Groenland
Le leader du FMP estime que l’évolution récente du dossier du Groenland constitue un précédent diplomatique dont Maurice pourrait s’en inspirer. Il a fait état des tensions entre les États-Unis et le Danemark autour de la souveraineté du Groenland ainsi que les discussions engagées entre les différentes parties pour tenter de parvenir à une solution.
Dans cette logique, Paul Bérenger considère qu’un mécanisme similaire pourrait être appliqué par rapport au dossier des Chagos, avec la participation directe de Maurice. « Nous pouvons réaliser ce que le Groenland et le Danemark ont réalisé. Une solution est à portée de main », fait-il comprendre. Il a également fait référence aux discussions engagées autour des arrangements de défense et de sécurité entre les États-Unis, le Danemark et le Groenland, estimant qu’un High-Level Working Group pourrait constituer un instrument permettant d’examiner les différents aspects du dossier sans remettre en cause les principes de souveraineté.

Pour lui, cette démarche nécessiterait avant tout une initiative politique du gouvernement mauricien. « Pour réussir, il faudrait que le gouvernement, à commencer par le Premier ministre, mette les choses en marche », indique-t-il.

Paul Bérenger s’est également montré très critique envers la décision de Navin Ramgoolam de ne pas se rendre à la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York. Il affirme avoir personnellement appelé le Premier ministre au cours de la semaine écoulée pour lui conseiller de faire le déplacement avec une délégation comprenant des représentants des Chagossiens. Il estime qu’une présence du Premier ministre à l’ONU aurait permis à Maurice de faire valoir sa position sur les Chagos et de mettre en avant le précédent du Groenland sans nécessairement entrer dans une confrontation diplomatique.
Le leader du FMP a également réagi au déplacement annoncé de Navin Ramgoolam à Londres, où le Premier ministre doit notamment rencontrer Jonathan Powell, conseiller du Premier ministre britannique. « Il va à Londres pour rencontrer le conseiller du Premier ministre britannique ! Un Premier ministre digne de ce nom doit rencontrer son homologue, et non son conseiller », s’exclame-t-il.

Tout en reconnaissant le calibre de Jonathan Powell, qu’il estime capable d’être « very helpful », Paul Bérenger considère qu’une structure de haut niveau aurait pu permettre de mieux accompagner les négociations sur les Chagos. « Je n’ai rien contre Jonathan Powell. Au sein d’un High-Powered Committee, il aurait pu nous aider à passer par cette période de décolonisation de notre pays », estime-t-il.
Le leader du FMP a par ailleurs salué le refus de la Grande-Bretagne d’ouvrir des discussions avec les Maldives sur la revendication de l’archipel et la souveraineté sur les Chagos.
Lors de la tranche des questions de la presse, Paul Bérenger a refusé de s’engager dans une voie susceptible de créer une polémique entre le Premier ministre et lui-même sur le dossier des Chagos. Il est revenu sur le caractère national de la question et sur la nécessité, selon lui, de mobiliser toutes les énergies afin de parvenir à une solution concernant les Chagos.
« Les Chagos est un sujet national », a-t-il fait comprendre, en appelant à dépasser les divergences politiques sur cette question. Il reconnaît toutefois que le contexte international demeure particulièrement complexe. Il a notamment estimé que la guerre entre les États-Unis et l’Iran est susceptible de compliquer, à court terme, les démarches diplomatiques autour du dossier.

Pour autant, il estime que Maurice dispose toujours d’une marge de manœuvre. Sa proposition demeure celle d’une démarche à trois, entre Maurice, la Grande-Bretagne et les États-Unis, soutenue par un High-Level Working Group, chargé de travailler sur les aspects politiques, diplomatiques et techniques du dossier, avec comme condition non négociable la souveraineté mauricienne sur les Chagos.
Il a annoncé d’autres conférences de presse, qui traiteront du National Crime Agency Bill, de la fin de contrat du commissaire électoral et du problème de drogue.

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