Performance financière : IBL muscle sa force de frappe et change d’échelle

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Le conglomérat multiplie par quatre son chiffre d’affaires en dix ans

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Expansion régionale : USD 380 millions investis en 10 ans

Arnaud Lagesse (CEO) : « Nous continuons à investir massivement à Maurice »

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Le groupe IBL confirme le changement d’échelle opéré en une décennie. Le plus grand groupe privé mauricien a porté son chiffre d’affaires à Rs 124,3 milliards au 30 juin, contre Rs 109,7 milliards un an plus tôt, soit une progression de 13,2 %. Son EBITDA atteint Rs 14,5 milliards, en hausse de 13,9 %, tandis que le résultat opérationnel progresse de 13,7 % à Rs 8,3 milliards. Tous les clusters ont contribué à cette croissance, aussi bien en termes de chiffre d’affaires que de résultat opérationnel.

Cette performance intervient dans un contexte marqué par le ralentissement de la consommation à Maurice, la hausse des coûts de l’énergie et du fret, les difficultés de recrutement et les répercussions de la crise au Moyen-Orient. La diversification géographique et sectorielle du groupe lui a permis d’absorber une partie de ces pressions. « Les quatre clusters ont progressé cette année. L’enjeu maintenant est de renforcer les synergies entre nos entreprises d’un pays à l’autre », souligne Patrice Robert, Deputy Group CEO d’IBL, pour qui l’intégration des différentes plateformes doit désormais permettre de transformer la présence régionale du groupe en performance opérationnelle durable.

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Le changement de dimension d’IBL apparaît surtout depuis la fusion IBL/GML en 2016. Le chiffre d’affaires, alors de Rs 31 milliards, a été multiplié par quatre en dix ans. Dans le même temps, le groupe est passé d’environ 20 000 à près de 40 000 employés et opère désormais dans une vingtaine de pays. Cette expansion régionale n’a pas été réalisée sans investissements.

Le groupe a consacré USD 380 millions au cours des dix dernières années à son développement hors des frontières de Maurice. L’international représente désormais plus de la moitié du chiffre d’affaires du groupe, contre seulement 12 % il y a dix ans. « Nous avons la chance de pouvoir faire les deux et donc d’investir autant à Maurice qu’à l’international », affirme le Group CEO Arnaud Lagesse, alors que l’activité mauricienne génère aujourd’hui environ Rs 60 milliards de chiffre d’affaires. La croissance locale reste ainsi un pilier du groupe, parallèlement à l’accélération régionale : « Nous ne quittons pas Maurice. Nous continuons à investir massivement à Maurice ; nous avons plusieurs plans d’investissement », rassure-t-il.

Cette internationalisation contribue directement à la croissance. D’après Arnaud Lagesse, 64 % de la croissance du chiffre d’affaires cette année provient de l’international, les marchés d’Afrique de l’Est offrant notamment des bassins de consommateurs beaucoup plus importants que Maurice.

Croissance organique et dette sous contrôle

L’un des éléments importants de l’exercice financier au 30 juin est la qualité de la croissance, soutiennent les responsables du groupe. Sur les quelque Rs 14,6 milliards d’augmentation du chiffre d’affaires, plus de Rs 12 milliards proviennent de la croissance organique, contre environ Rs 2,6 milliards liés à la croissance non organique, principalement avec l’intégration de Seychelles Breweries.

IBL poursuit parallèlement son désendettement. « Le résultat opérationnel progresse de 13,7%, tandis que le bénéfice sous-jacent des activités poursuivies, qui exclut les autres gains et pertes ainsi que les gains et pertes de change, a également progressé de 65,4 %. Nous avons également réduit notre dette nette, ramenant le ratio dette nette/EBITDA de 3,8x à 2,9x. Nous resterons rigoureux dans nos choix d’investissement, tout en continuant à améliorer les performances du groupe », ajoute Cédrik Le Juge, Group CFO.

La génération de cash constitue justement un élément central de la prochaine phase. Après plusieurs années d’acquisitions et d’expansion, IBL entend davantage privilégier des activités capables de générer du cash, de produire des synergies et d’améliorer le rendement du capital, plutôt que de dépendre systématiquement de nouvelles acquisitions de grande taille.

Retail, énergie, boissons
et immobilier

Le Retail, qui pèse plus de la moitié du chiffre d’affaires du groupe, reste un moteur majeur. À Maurice, Winners poursuit son expansion avec de nouvelles implantations et des rénovations. Au Kenya, Naivas continue de croître grâce à son réseau existant et à de nouvelles ouvertures. À La-Réunion, le rapprochement avec Caillé Grande Distribution doit faire émerger un opérateur de taille substantielle, avec plus de 500 millions d’euros de chiffre d’affaires consolidé une fois l’opération finalisée. Dans l’Agri & Energy, Alteo affiche un bénéfice après impôts de Rs 910 millions, en hausse de 28 %, tandis qu’IBL Energy poursuit le développement du projet Seabrew Solar Farm et cherche à accroître son portefeuille de capacités solaires.

Le pôle Consumer Brands & Distribution bénéficie notamment de la progression de Phoenix Beverages à Maurice et de l’intégration de Seychelles Breweries. À La-Réunion, la production et la distribution de Coca-Cola doivent démarrer le 1er octobre, renforçant la plateforme régionale du groupe dans les boissons. Dans le segment des services, l’hôtellerie, l’immobilier et les services financiers affichent également une évolution positive. Lux Island Resorts et The Lux Collective améliorent leurs performances, tandis que BlueLife et Bloomage poursuivent leurs développements. IBL veut parallèlement développer une plateforme immobilière régionale et étudie des opportunités en Afrique de l’Est. La stratégie régionale s’étend aussi à l’hospitalité. The Lux Collective développe son concept African Journey, avec déjà des contrats de management au Rwanda et des discussions autour de plusieurs hôtels en Tanzanie, au Kenya et à Zanzibar.

Après avoir construit sa présence régionale, IBL veut désormais mieux faire travailler ensemble ses différentes plateformes. Retail, santé, boissons, immobilier, énergie ou encore hôtellerie peuvent ainsi mutualiser leurs compétences, leurs infrastructures et leurs connaissances des marchés. « Cette intégration, c’est elle qui nous permettra de transformer notre présence régionale en performance opérationnelle durable », résume Patrice Robert.

Pour Arnaud Lagesse, l’enjeu de la prochaine décennie est donc moins de multiplier les acquisitions que de faire fructifier la base construite depuis 2016. La régionalisation entre dans une nouvelle phase : celle où la taille, la diversification et les synergies doivent progressivement se traduire en rendement et en génération de cash.

 

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