DFEWA International Symposium of Modern Art 2026 – Krishna Luchoomun Vibrations sacrées : Quand la musique devient matière picturale

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L’artiste mauricien Krishna Luchoomun s’est rendu en Autriche pour participer au 19e Symposium international d’art DFEWA, organisé à Mallnitz, un charmant village alpin autrichien. Le réseau s’inscrit dans la dynamique de D. Fleiss & East-West Artists Worldwide (DFEWA), dont les rencontres internationales cherchent à favoriser les échanges entre artistes et la compréhension interculturelle. DFEWA a organisé au fil des années des symposiums et résidences dans différents pays, réunissant des créateurs autour de la pratique artistique et de la découverte d’autres cultures. L’occasion pour Krishna Luchoomun de transformer l’écoute en langage plastique avec « Vibrations sacrées », un diptyque inspiré par l’expérience de concerts classiques. La musique quittant l’espace de l’écoute pour entrer dans celui de l’image.

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Mallnitz, un village au cœur des Alpes autrichiennes, c’est comme une porte ouverte sur un monde de montagnes, de vallées et de grands espaces. Entourée de certains des plus hauts sommets d’Autriche, la région offre des vues spectaculaires sur les paysages alpins tout en préservant de fortes traditions locales, des coutumes et des sites historiques. C’est également une destination prisée pour les loisirs de plein air, offrant de nombreuses possibilités de randonnée, de sports de montagne et d’activités hivernales. Mallnitz jouit aussi d’une vie culturelle dynamique. Grâce aux activités de l’association Pro Musica Mallnitz, la ville accueille régulièrement des concerts d’orchestre classique et des festivals de musique, attirant musiciens, artistes et publics du monde entier. Cette alliance entre beauté naturelle et richesse culturelle en a fait un cadre idéal pour la réflexion et la création artistiques.

Dans le cadre du symposium, une résidence d’artistes a eu lieu à l’hôtel Kärntnerhof de Mallnitz et a rassemblé des artistes plasticiens venus de pays très divers, dont les États-Unis, la Tunisie, la France, la Pologne, la Roumanie, l’Allemagne, la Bulgarie, l’Autriche, la Géorgie, l’île Maurice, l’Irak et le Monténégro. Ce rassemblement international a favorisé des échanges culturels enrichissants et encouragé le dialogue entre des artistes issus d’horizons et de traditions artistiques variés. Le programme du symposium alliait théorie et pratique, offrant aux participants une expérience dynamique et stimulante. Les activités comprenaient des visites de galeries et de musées, des rencontres avec des artistes, des présentations, des discussions de groupe et un travail intensif en atelier. L’événement a constitué une plateforme précieuse pour le réseautage, l’expérimentation créative et le partage d’idées, tout en permettant aux participants d’être en contact aussi bien avec l’environnement culturel local qu’avec la communauté artistique internationale.

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*Sacred Vibrations*

Lors de son séjour en Autriche, Krishna Luchoomun a réalisé *Sacred Vibrations*, un diptyque inspiré par les deux concerts de musique classique auxquels les artistes ont assisté durant le symposium. Notre artiste a baigné dans une intensité émotionnelle et spirituelle lors de ces représentations et s’est intéressé au pouvoir expressif de la musique et à sa capacité à communiquer des expériences qui transcendent le langage.

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« L’œuvre se concentre sur une unique paire de mains en mouvement, évoquant le jeu du violon. En ne montrant que les mains, sans le corps, j’ai cherché à mettre en valeur le geste, le mouvement et la relation intime entre le musicien et l’instrument, en l’absence de l’un comme de l’autre. Pourtant, les mouvements et le son restent perceptibles. Les mains semblent traversées par des clous, rappelant l’imagerie associée à la Crucifixion. Cette référence se veut une métaphore de la souffrance, du sacrifice et de la résilience qui caractérisent souvent la vie des artistes. L’œuvre évoque également les conditions difficiles auxquelles sont confrontés les artistes vivant et travaillant dans des régions touchées par la guerre, la violence et l’instabilité politique, où l’expression créative peut devenir à la fois un acte de résistance et un moyen de survie. À travers ce symbolisme, l’œuvre symbolise les fardeaux, tant personnels que collectifs, que portent de nombreux artistes tout en restant fidèles à leur vocation… », déclare Krishna Luchoomun.

Les tons rouge vif (les mains) symbolisent le sang, la douleur, la passion et la vitalité. Cette couleur évoque aussi bien les blessures physiques que la force vitale qui anime la création artistique. Elle reflète l’intensité émotionnelle de la musique ainsi que le dévouement, la persévérance et l’investissement affectif nécessaires pour suivre une voie artistique. Parallèlement, ces mains rouges peuvent être perçues comme vibrant d’énergie, faisant écho à la résonance des ondes sonores et au pouvoir transformateur de la performance.

En associant des références au sacrifice sacré et à la musique classique, *Sacred Vibrations* explore les intersections entre créativité, dévotion, souffrance et transcendance. L’œuvre invite le spectateur à considérer les luttes souvent invisibles qui sous-tendent la création artistique, tout en célébrant la capacité de l’art et de la musique à susciter l’espoir, l’empathie et le lien humain. Toutes les œuvres réalisées lors du symposium ont été exposées dans un ancien château perché sur une colline : le « Burg Groppenstein ». Krishna Luchoomun a aussi réalisé un livre objet qui fait désormais partie de la collection de la Biennale européenne du livre d’artiste (EIBAB). Cette œuvre sera exposée au Mexique en octobre 2026 et circulera ensuite vers d’autres centres culturels.

Lors du symposium, les artistes ont eu l’occasion de se rendre à Venise pour visiter la Biennale. Cette expérience fut à la fois inspirante et propice à la réflexion. « J’ai ressenti une certaine nostalgie en constatant que Maurice n’était plus représentée à la Biennale, alors que les Seychelles y affichaient une présence forte et visible. L’Arsenale, l’un des principaux lieux d’exposition, regorgeait d’œuvres puissantes et captivantes — peintures, installations, vidéos et sculptures — abordant un large éventail de questions contemporaines et de préoccupations artistiques… » dira Luchoomun. Parmi les autres moments marquants, citons une randonnée dans les Alpes; une aventure inoubliable qui a offert des vues panoramiques à couper le souffle depuis le sommet.

Dans l’ensemble, ce symposium a constitué une expérience exceptionnellement enrichissante. La véritable richesse d’un symposium réside peut-être dans ce qui ne se voit pas immédiatement : les rencontres, échanges universitaires, recherches artistiques, découvertes culturelles et voyages, permettant aux participants non seulement de partager des idées et de tisser des liens professionnels, mais aussi de découvrir de nouveaux lieux, de nouvelles histoires et de nouvelles manières de penser. Ce périple s’est révélé aussi stimulant sur les plans intellectuel et personnel, marquant durablement la pratique artistique et la vision des choses d’un artiste.

N.L

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