Changement climatique – Pré-COP :  Gokhool appelle à maintenir le 1,5 °C à portée de main

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De Fidji à Turquie, de l’océan Pacifique à l’océan Indien, le message des petits États insulaires doit rester le même : accélérer l’action climatique, combler le fossé entre engagements et mise en œuvre et faire respecter le droit international. C’est le plaidoyer porté par le président de la république, Dharam Gokhool, lors de son intervention à la réunion pré-COP organisée à Fidji. Représentant Maurice et, plus largement, les voix des petits États insulaires en Développement (SIDS), il s’est appesanti sur l’urgence de passer des engagements à l’action et sur la nécessité de placer les océans au cœur de l’équation climatique.

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Dharam Gokhool a dressé un parallèle entre les vulnérabilités observées dans le Pacifique et celles des îles de l’océan Indien. « Je viens d’Afrique, je suis un insulaire de l’océan Indien occidental », a-t-il souligné, relevant que les petites îles voient leurs terres déjà limitées progressivement érodées par la montée du niveau de la mer. Il affirme que cette situation représente une menace croissante pour les moyens de subsistance, la sécurité alimentaire et le logement.

Il n’a pas manqué de faire ressortir que l’enfant né au moment de l’adoption de l’Accord de Paris atteindra 50 ans en décembre. « Elle est passée de l’enfance au seuil de l’âge adulte. Elle a grandi. Nous, nous comptons le temps », a-t-il fait ressortir, déplorant que, malgré les années écoulées, « nous sommes toujours en train de négocier », alors que les émissions de carbone continuent d’augmenter et que le déficit de mise en œuvre demeure considérable.

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Garde-fou
Pour Dharam Gokhool, les petits États insulaires doivent également tirer parti de leur poids collectif et de leur position particulière dans l’architecture internationale. « Les îles sont les gardiennes de vastes espaces maritimes. Leur faible superficie terrestre ne doit plus être considérée comme un handicap, mais comme un atout, notamment à travers les écosystèmes marins et les puits de carbone bleu, des zones humides aux mangroves », estime-t-il.

Il a également mis en avant l’importance de l’Accord BBNJ, qui ouvre de nouvelles possibilités pour valoriser et protéger les océans. « Nous croyons au multilatéralisme et à un ordre international fondé sur des règles », a-t-il affirmé, faisant du respect du droit international un élément central du plaidoyer des SIDS.

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Sur ce point, Maurice possède une expérience particulière. Dharam Gokhool a fait référence à la démarche engagée devant la Cour internationale de Justice pour faire prévaloir le droit international. « Nous savons de première main ce que signifie, pour un petit pays, de se présenter devant la Cour mondiale pour que le droit international prévale », note-t-il, en réclamant le respect de ces tribunaux.

Le président Gokhool est revenu sur le fait que le constat était clair : les citoyens des États insulaires doivent faire entendre une voix plus forte et plus unie afin de transformer les engagements climatiques en mesures concrètes. « Nous n’avons pas le luxe d’attendre que les autres agissent », a-t-il lancé, estimant que le coût d’une telle attente serait trop élevé. Au cours des cinq dernières années, le Pacific Islands Forum, l’Alliance of Small Island States (AOSIS) et le Commonwealth ont défendu une position commune visant à maintenir l’objectif de 1,5 °C à portée de main.

Dans cette dynamique, Dharam Gokhool a salué l’initiative de Vanuatu ayant conduit à l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice de 2025 sur les obligations des États en matière de changement climatique, présenté comme une reconnaissance importante de l’action collective des petits États insulaires.

Pour Maurice, les priorités qui seront défendues à Antalya, où se tiendra la COP31, sont clairement identifiées : l’atténuation, l’adaptation et la résilience climatique, le financement climatique et une transition juste. Mais le président veut également que les pertes et dommages occupent une place spécifique dans le régime climatique international.
« Les pertes et dommages doivent constituer un pilier distinct du régime climatique et ne pas être simplement considérés comme un autre instrument de financement de l’adaptation », estime-t-il.

Au-delà des mécanismes financiers, Dharam Gokhool fait état de la nécessité d’adapter les instruments de financement aux réalités des SIDS. Les petits projets insulaires ne peuvent, selon lui, être soumis aux mêmes modalités que celles conçues pour les grands marchés continentaux. Il a lancé un appel aux grands émetteurs qui n’ont pas encore soumis des contributions nationales déterminées renforcées, les NDC 3.0, afin qu’ils le fassent sans délai. Tous les États doivent, selon lui, accélérer la mise en œuvre de leurs engagements.

En marge de la réunion ministérielle pre-COP 31 organisée aux Fidji et à Tuvalu Dharambeer Gokhool a rencontré le Premier ministre Anthony Albanese pour un échange sur l’action climatique, reliant le Pacifique et l’océan Indien. Il ressort que du Pacifique à l’océan Indien, les nations font face à la même montée des eaux.

 

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