Joe Lesjongard s’est d’emblée interrogé sur les raisons qui ont provoqué les troubles dans le pays la semaine dernière. « Est-ce la crise de l’eau ? La blessure par balle dont Élodie Thomas a été victime ? La pauvreté, l’injustice ? Les défaillances de notre sécurité nationale ? Ou encore l’incapacité et l’incompétence de ce gouvernement à résoudre les problèmes sociaux ? » se demande-t-il en faisant ressortir que « toute la nation souffre depuis l’arrivée au pouvoir de ce gouvernement. » Il estime que les événements de ces derniers jours sont survenus dans un contexte de frustration grandissante au sein de la population. « Le peuple ne fait plus confiance aux autorités politiques », estime-t-il.
Abordant le projet de loi, Joe Lesjongard a notamment évoqué la section 13 (c) de la Police Act, qui prévoit que l’imposition d’un couvre-feu soit limitée à une localité déterminée. Il s’est ainsi interrogé sur la décision du gouvernement de supprimer cette disposition, ouvrant la possibilité d’imposer un couvre-feu sur l’ensemble du territoire national. Il est d’avis que cette limitation avait été prévue parce que « le couvre-feu constitue une restriction exceptionnelle à la liberté de circulation des citoyens dans leur propre pays. » Pour lui, « la question n’est pas de savoir si un couvre-feu national pourrait un jour être nécessaire, mais plutôt de déterminer si ce projet de loi prévoit des garanties suffisantes pour qu’un tel pouvoir exceptionnel ne soit exercé que lorsque les circonstances l’exigent réellement. » Le député a également demandé quels critères précis devront être réunis avant que le commissaire de police ne puisse décréter un couvre-feu à l’échelle nationale.
« Faudra-t-il démontrer l’existence d’une menace touchant l’ensemble du pays ? » se demande-t-il. Il a également plaidé pour que des exceptions explicites soient prévues afin de tenir compte des situations d’urgence des membres du public et des activités essentielles. S’agissant du durcissement des sanctions prévues pour la possession d’armes dans une zone soumise à un couvre-feu, il affirme que « la notion d’arme offensive doit être appliquée avec discernement, car certains objets peuvent avoir des usages légitimes. » Il a également averti qu’« une peine plus sévère n’est pas nécessairement synonyme d’une loi plus efficace. »
En conclusion, Joe Lesjongard a adressé un message au Premier ministre, Navin Ramgoolam, en soulignant la nécessité de restaurer la confiance de la population. « Il faut rétablir la confiance du public et pas seulement obtenir son obéissance », fait-il valoir.

