PESTICIDES : Boolell annonce contrôles accrus et sensibilisation

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Le ministre de l’Agro-industrie mise sur la traçabilité des produits, le respect des limites maximales de résidus et des sanctions contre les utilisateurs qui ne se conforment pas aux normes. Un système de QR code est également envisagé avec l’appui des Nations unies.

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La lutte contre l’utilisation abusive des pesticides dans le secteur agricole passe à une nouvelle étape. Le ministre de l’Agro-industrie, Arvin Boolell, qui avait à ses côtés le Junior Minister Fabrice David et les techniciens de son ministère, a annoncé cette semaine une campagne de sensibilisation de proximité auprès des planteurs, tout en prévoyant un renforcement du cadre réglementaire et des contrôles sanitaires. L’objectif est de protéger la santé des consommateurs, les familles des agriculteurs et l’ensemble de la population, sans compromettre la production agricole.
Lors d’une conférence de presse, le ministre a évoqué la nécessité de responsabiliser les différents acteurs de la filière, des importateurs aux distributeurs, en passant par les planteurs. Cette démarche s’inscrit dans le prolongement de la décision du Conseil des ministres du 2 octobre de mettre en place un comité interministériel chargé d’examiner les abus dans l’utilisation des pesticides et leurs conséquences potentielles sur la santé publique.
« Beaucoup de personnes parlent, mais peu prennent des décisions », a-t-il fait ressortir, en évoquant les insuffisances du dispositif réglementaire et de son application. Le ministre estime que les lacunes dans l’encadrement de l’utilisation de ces produits doivent être corrigées afin de mieux protéger les consommateurs et les agriculteurs eux-mêmes.
Parmi les mesures envisagées figure l’introduction d’un système de code QR avec l’appui des Nations unies. Cet outil devra permettre d’accroître la traçabilité des pesticides importés, notamment en identifiant leur provenance et les différents intervenants dans leur circuit de distribution. L’objectif : pouvoir remonter jusqu’au produit utilisé et au planteur concerné lorsqu’un manquement est constaté.
Le dispositif devra également faciliter le travail des officiers du ministère de l’Agro-industrie et du Food and Agricultural Research and Extension Institute (FAREI), appelés à doper l’accompagnement technique et les contrôles sur le terrain. Le ministère de la Santé et les autres institutions concernées sont également associés à cette démarche.
Arvin Boolell a affirmé que le laboratoire procède déjà à des prélèvements de fruits et de légumes afin d’analyser les résidus de pesticides. Ces analyses permettent de vérifier si les concentrations détectées respectent les Maximum Residue Limits, soit les limites maximales de résidus autorisées dans les produits alimentaires. Les échantillons peuvent également être soumis à des analyses à l’étranger.
Pour le ministre, le respect de ces seuils est essentiel. « Les planteurs doivent comprendre que l’utilisation des pesticides ne peut se faire sans tenir compte des doses recommandées, des conditions d’application et des exigences sanitaires. Car la présence de résidus au-delà des limites autorisées représente un problème qui doit être traité avec rigueur », a déclaré Arvin Boolell.

Des règlements plus stricts en préparation

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Le renforcement des contrôles s’accompagnera d’une révision du dispositif réglementaire. Quatre projets de règlements d’application de la Use of Pesticides Act 2018 sont en préparation. Ils portent notamment sur les limites maximales de résidus dans les produits locaux et importés, les prélèvements destinés aux analyses, les conditions de mélange et d’application des pesticides, l’élimination des contenants vides ainsi que la formation et la certification des utilisateurs.
Le gouvernement entend accélérer leur finalisation afin de soutenir l’application de la loi. Un comité interministériel a également été institué pour coordonner les mesures nécessaires et assurer le suivi des recommandations.
Arvin Boolell a, par ailleurs, dénoncé les lacunes qu’il attribue à l’ancien gouvernement dans l’application du cadre légal. Il considère que les insuffisances réglementaires « ne peuvent perdurer lorsqu’elles sont susceptibles de mettre en danger la santé des consommateurs et la communauté mauricienne ».
Le ministre a aussi évoqué la nécessité d’établir une liste actualisée des produits autorisés et de mieux encadrer l’utilisation des herbicides. Les services du ministère du Commerce seront appelés à suivre ce dossier de près.
Le ministre a lancé un appel aux planteurs afin qu’ils prennent pleinement conscience de leurs responsabilités. Il a mis en avant que les agriculteurs bénéficient de plusieurs mesures d’accompagnement et que la majorité d’entre eux s’efforcent de respecter les exigences applicables.
Toutefois, ceux qui ne se conformeront pas aux règles devront assumer les conséquences de leurs actes. Arvin Boolell a prévenu que les sanctions pourraient aller jusqu’au retrait des mesures d’accompagnement et, dans les cas concernés, à la reprise de terres de l’État attribuées aux planteurs.
Le FAREI a déjà établi un programme de formation ayant bénéficié à quelque 780 personnes. Ces formations doivent contribuer à une meilleure maîtrise des produits phytosanitaires et à l’adoption de pratiques agricoles plus sûres.
Parallèlement, le ministère entend promouvoir des solutions plus durables pour protéger les cultures. À Réduit, lors de l’ouverture d’une formation régionale sur la lutte intégrée contre les ravageurs, le ministre s’est appesanti sur l’importance des innovations scientifiques, notamment la technique de l’insecte stérile, pour lutter contre les mouches des fruits et réduire la dépendance des pesticides.
Cette formation, organisée du 19 au 23 octobre dernier avec l’appui de l’Agence internationale de l’énergie atomique, a réuni 26 participants de plusieurs pays africains.
Pour Arvin Boolell, la protection de la santé publique exige une mobilisation de l’ensemble des parties prenantes. La campagne de sensibilisation devra ainsi aller de pair avec des contrôles plus efficaces, une meilleure traçabilité des produits et l’application rigoureuse des normes sanitaires. Le défi consiste désormais à faire de ces engagements des pratiques durables, aussi bien dans les exploitations agricoles que dans toute la chaîne d’approvisionnement alimentaire.

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