Le ministre du Travail, Reza Uteem, a défendu le projet de loi visant à encourager les personnes impliquées dans des infractions à collaborer avec les enquêteurs, notamment en prévoyant des immunités contre les poursuites ou des réductions de peine. Il a réfuté les critiques du leader de l’opposition, Chetan Baboolall, qui s’inquiète notamment des pouvoirs accordés au Directeur des Poursuites Publiques, de la confidentialité des procédures prévues et de la rapidité avec laquelle le texte est examiné en vue de son adoption.
« On ne circule pas le projet de loi en catimini », s’est appesanti Reza Uteem, soulignant que le conseil des ministres avait décidé, dès septembre dernier, de faire circuler plusieurs projets de loi, dont celui-ci. Selon lui, les parlementaires concernés ont donc eu le temps d’en prendre connaissance et de formuler leurs observations. Il s’est également étonné des objections du leader de l’opposition, qui avait déploré plus tôt l’absence d’arrestations et de progrès dans l’enquête en vue de faire la lumière sur le meurtre de Kaya Kistnen, l’ancien chef agent du leader du MSM, Pravind Jugnauth, à Quartier-Militaire/Moka (No 8). « In the morning, he took strong objection that in two years, no arrest, no progress in the Kistnen report. And now he is saying that why are we rushing », s’est-il demandé.
Pour le ministre, ce texte donne aux autorités un outil supplémentaire pour faire avancer les enquêtes, notamment dans les affaires de corruption. Reprenant une formule de Paul Bérenger, selon laquelle : « kan ou kokin ou pa donn resi », il a expliqué qu’en l’absence de témoins directs et lorsque les personnes impliquées choisissent de garder le silence, établir les faits devient particulièrement difficile. En revanche, « by giving an incentive », il estime que des garanties sur l’utilisation des informations fournies ou une réduction de peine peuvent encourager certains protagonistes à parler.
Reza Uteem a aussi rejeté l’idée que Maurice suit aveuglément le modèle britannique. « The honorable leader of the opposition talks about we should not be following blindly UK. I agree with him. And in fact, we are not following the UK », a-t-il affirmé, précisant que le projet s’inspire largement d’une législation des îles Caïmans adoptée en 2022. Il a enfin souligné que le DPP ne pourrait accorder une immunité que dans des circonstances exceptionnelles et dans l’intérêt public. Surtout, la clause 13 prévoit que les tribunaux ne sont pas tenus d’accepter les accords conclus. « This is the greatest guarantee that we can get », soutient-il, assurant que le pouvoir judiciaire conserverait toute sa latitude.

