CAMP-LEVIEUX — Affaire Élodie Thomas / Reconstitution des faits, hier, sans le Sgt Gautam Taukoor

Ajouter en tant que source préférée sur Google

Un exercice crucial de reconstitution des faits s’est déroulé hier à la rue Ratsitatane, à Camp-Levieux, dans le cadre de l’enquête sur le coup de feu tiré par le sergent Gautam Singh Taukoor (57 ans), dans la soirée du vendredi 9 octobre. Le policier a refusé de participer à cet exercice, tout comme à la parade d’identification organisée par les enquêteurs. En son absence, trois policiers et deux témoins ont été appelés à retracer leurs faits et gestes durant cette nuit. Pendant ce temps, Élodie Thomas (27 ans), atteinte d’une balle, demeure en observation à la Neuro Intensive Care Unit (ICU) de l’hôpital Jeetoo.

Le chauffeur Tirvassen Soobrayen (36 ans), plus connu sous le nom de Rudy, a ouvert la marche. Au volant de son van, il transportait deux passagers, dont Élodie Thomas, qu’il devait déposer à leur domicile après le travail. Pour les besoins de l’exercice, les officiers de l’Independent Police Complaints Commission (IPCC), assistés des éléments de la Scene of Crime Office (SOCO), ont utilisé un van similaire sur les lieux.

- Publicité -

Le trentenaire a notamment montré que la portière du conducteur était entrouverte lorsque le sergent Gautam Singh Taukoor aurait braqué son arme sur sa tempe. Il a maintenu cette version devant les enquêteurs. Rudy Soobrayen a également indiqué que d’autres policiers se trouvaient à moins de dix mètres à l’avant de son véhicule. Selon ses explications, le sergent Taukoor était toutefois seul à proximité de la portière entrouverte lorsqu’il aurait sorti son arme.
Les éléments de la SOCO ont photographié chacune des indications fournies par le chauffeur. L’ensemble de l’exercice a également été filmé. Des mesures ont été prises sur place afin de vérifier la cohérence de sa version des faits.

Le passager du van, plus connu comme Hans, a expliqué qu’il se trouvait sur la banquette arrière. Il dit avoir trouvé des policiers devant le véhicule. Mais, il n’est pas en mesure de confirmer si le sergent Gautam Singh Taukoor a retiré son arme pour menacer le chauffeur.
Les sergents Sooraj Ramuth et Dayven Gurranna, ainsi que le constable Sobheer Motah, ont ensuite été appelés à montrer leur positionnement respectif au moment des faits. Ils ont confirmé qu’un barrage routier avait été installé à l’intersection des avenues Arianne et Ratsitatane, à la suite des troubles survenus la veille.
Contrairement à la reconstitution du chauffeur, aucun van n’a été utilisé pour cet exercice. Les trois, portant des masques médicaux, ont indiqué s’être positionnés à quelques mètres devant le véhicule. Ils ont expliqué ne pas avoir engagé la conversation avec le chauffeur, laissant le sergent Gautam Singh Taukoor s’en charger. Ils ont également fait comprendre que, depuis leur emplacement, ils ne pouvaient pas voir si ce dernier avait sorti son arme de service pour menacer le conducteur.
Cet exercice s’inscrit dans le volet de l’enquête portant sur le délit allégué de Using firearm to intimidate. Concernant le coup de feu qui a atteint Élodie Thomas, l’investigation se poursuit. L’IPCC devra prochainement examiner le rapport balistique, avant de recueillir la version du sergent Gautam Singh Taukoor sur les conclusions de cette expertise. Parallèlement, la reconstitution des faits s’est déroulée sans incident. 
Sur le plan des auditions, l’IPCC a déjà interrogé 12 policiers ayant été de service dans la soirée du 9 octobre. Parmi eux figurent huit éléments de la Special Mobile Force (SMF), entendus à titre de témoins. Les enquêteurs avaient également convoqué Rudy Soobrayen et le passager Hans pour une parade d’identification. Mais le sergent Taukoor a fait valoir son droit de ne pas y participer.


- Publicité -

Autre développement dans ce dossier : la décision de l’IPCC de solliciter la Cour de Rose-Hill pour faire rayer la charge provisoire de Culpable Omission retenue contre les sergents Ramuth et Gurranna ainsi que le constable Motah. Cette démarche fait suite à des consultations avec le bureau du Directeur des Poursuites Publiques (DPP), qui estime que les accusations provisoires relèvent de la police et non de l’IPCC.
La Cour a accédé à cette demande, mardi, entraînant la radiation de la charge provisoire. Dans la foulée, la police a logé une nouvelle accusation provisoire de Culpable Omission contre les trois policiers.

L’IPCC maintient toutefois qu’elle mène seule cette enquête, sans intervention de la police dans les investigations. La commission devra néanmoins se tourner vers le commissaire de police si une arrestation s’impose et qu’une accusation provisoire doit être logée en Cour.
Par ailleurs, l’état de santé d’Élodie Thomas évolue favorablement. Toujours admise à la Neuro ICU de l’hôpital Jeetoo, la jeune mère de famille est dans un état jugé stable, mais demeure en observation. Selon la police, son état est Still Under Observation. Elle a besoin de repos et n’est, pour l’heure, pas encore en mesure de s’exprimer correctement.

EN CONTINU ↻