CHOGM 20 — En marge du Leaders’ Retreat — Chagos Deal : Port-Louis et Londres lorgnent décembre

Ajouter en tant que source préférée sur Google

Ramgoolam fait part de ses objections formelles à la proposition de voir les Maldives accueillir le prochain sommet du Commonwealth

- Publicité -

Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a achevé sa participation au 28e sommet des chefs de gouvernement du
Commonwealth (CHOGM 2026), qui s’est tenu du 1er au 4 novembre à St John’s, à Antigua-et-Barbuda. Le thème retenu était Accelerating Partnerships and Investment for a Prosperous Commonwealth. Réunissant les dirigeants des 56 pays membres, le sommet a abordé les grands enjeux politiques, économiques et environnementaux auxquels le Commonwealth est confronté. L’un des points forts à retenir sur le plan bilatéral est la décision annoncée par Port-Louis et Londres en vue d’un dénouement d’ici à la fin de l’année du Chagos Deal en suspens depuis janvier dernier.

Outre les sessions plénières, le Premier ministre a pris part au Leaders’ Retreat, une réunion à huis clos permettant aux chefs de gouvernement d’échanger librement sur les questions d’intérêt commun. Il y a notamment porté plusieurs dossiers importants pour Maurice, touchant à la justice historique, à la souveraineté de l’archipel des Chagos et au respect du droit international.

- Publicité -

D’ailleurs, en marge du Leaders’ Retreat, le Premier ministre a eu une rencontre en tête-à-tête avec son homologue britannique, Andy Burnham, consacrée à l’état d’avancement du dossier des Chagos. Un communiqué émis par le Prime Minister‘s Office fait état que l’échange, franc et productif, a permis aux deux dirigeants de faire le point sur les progrès réalisés et les perspectives d’avancement du dossier.

Au cours des échanges, le Premier ministre britannique a réaffirmé son engagement à travailler avec Maurice et les États-Unis afin de parvenir à une solution permettant d’assurer la continuité des opérations de la base militaire de Diego Garcia, tout en préservant les intérêts de sécurité nationale des trois pays.

- Advertisement -

De son côté, Navin Ramgoolam a souligné l’urgence de ce dossier pour le peuple mauricien, la nécessité d’établir une feuille de route claire avec une première échéance en décembre. Les deux dirigeants ont convenu de travailler à l’élaboration d’un plan commun afin de réaliser de nouveaux progrès sur ce dossier d’ici à la fin de l’année.

2. Justice réparatrice: faire reconnaître l’histoire de l’océan Indien et des travailleurs engagés

Le Premier ministre est intervenu pour que les discussions sur la justice réparatrice prennent également en compte la traite esclavagiste dans l’océan Indien et le système des travailleurs engagés.

Il a souligné que cette réflexion ne pouvait se limiter à la seule traite transatlantique et devait reconnaître les expériences historiques des peuples de l’océan Indien, notamment celles de Maurice.

Par ailleurs, la question des Chagos a également été au centre d’un débat de plus d’une heure lors du Leaders’ Retreat. Le Premier ministre a fermement exprimé son opposition à la perspective de voir les Maldives accueillir la prochaine édition du CHOGM, compte tenu de la position adoptée par ce pays concernant le statut de l’archipel des Chagos et de ses revendications sur ce territoire.

Il a fait valoir qu’un pays qui conteste la souveraineté de Maurice et dont la position va à l’encontre du droit international ne saurait prétendre accueillir un sommet du Commonwealth, dont les principes reposent notamment sur le respect de la souveraineté des États et de leur intégrité territoriale. Cette intervention a donné lieu à un débat approfondi entre les chefs de gouvernement. Le Premier ministre maintient que la souveraineté de Maurice sur l’archipel des Chagos est établie et que le pays entend continuer à défendre ses droits avec détermination.

À la suite de son intervention soutenue par la Première ministre de la Barbade, Mia Mottley, ces deux dimensions de l’histoire de l’océan Indien seront également intégrées aux discussions sur la justice réparatrice au sein du Commonwealth.

Cette démarche s’inscrit dans le contexte des déclarations de Charles III lors de la cérémonie officielle d’ouverture du sommet. Il a exprimé son horreur et sa profonde tristesse personnelle face à la traite transatlantique, reconnaissant que ses conséquences continuent de marquer les sociétés du Commonwealth.

Les travaux du CHOGM 2026 ont également porté sur le renforcement des partenariats économiques, la mobilisation des investissements, le développement du commerce et la résilience climatique.

Maurice a réaffirmé les préoccupations des petits États insulaires en développement, notamment en matière de financement climatique, de vulnérabilité économique et d’accès aux ressources nécessaires à leur développement durable.

Échanges commerciaux

Les chefs de gouvernement ont réitéré leur engagement en faveur d’un financement climatique plus accessible et prévisible et de nouvelles formes de coopération.

Le sommet a également été marqué par la mobilisation de plus de 500 millions de dollars américains sous forme de nouveaux engagements et partenariats, financiers et en nature, en faveur de diverses initiatives, notamment dans les domaines des énergies renouvelables, de la formation et du développement des compétences des jeunes, de la transformation numérique, de l’action climatique et des échanges commerciaux.

Ainsi, le Premier ministre quittera Antigua-et-Barbuda ce matin pour se rendre à Londres, où il aura une série de rencontres de travail consacrées à des dossiers d’intérêt national. Il rencontrera tout d’abord les conseillers juridiques britanniques travaillant sur le dossier des Chagos, afin de faire le point sur les développements et les prochaines étapes.

Il s’entretiendra également avec la Pr Carol Harlow, ancienne professeure de droit constitutionnel et de droit administratif à la London School of Economics (LSE), qui a succédé au Pr De Smith, auteur de référence dans l’élaboration de la Constitution mauricienne. Les échanges porteront sur les réformes constitutionnelles actuellement à l’étude à Maurice, notamment la réforme électorale.

Enfin, le Premier ministre rencontrera des experts de l’Imperial College London pour échanger sur les enjeux liés à la gestion de l’eau et examiner les solutions et approches susceptibles de contribuer à la consolidation de la sécurité hydrique de Maurice.
À l’issue de son séjour à Londres, le Premier ministre se rendra à Paris pour participer au Forum de Paris sur la Paix, les 10 et 11 novembre, à l’invitation personnelle du président français, Emmanuel Macron. Ce qui fait qu’Arianne Navarre-Marie, qui préside les délibérations du conseil des ministres du jour, sera aussi Leader of the House suppléant lors de la séance de mardi prochain.

 

 

 

 

EN CONTINU ↻