– Entre le 1er janvier et le 5 novembre, une moyenne de 19 signalements pour infraction par jour
Face à la multiplication des dérives sur les plateformes numériques, le ministère des Technologies de l’Information, de la Communication et de l’Innovation et l’Information and Communication Technologies Authority (ICTA) misent sur une mobilisation collective pour promouvoir une utilisation responsable des réseaux sociaux, tout en préservant la liberté d’expression et les droits fondamentaux.
Une campagne nationale de sensibilisation à l’utilisation responsable des réseaux sociaux, avec pur slogan Kone Ki pe poste! Lor rezo sosio a été lancée officiellement. Cette initiative vise à attirer l’attention du public sur les risques associés aux comportements abusifs sur les plateformes numériques et à promouvoir une véritable culture de citoyenneté numérique.
Lors d’une conférence de presse tenue au siège du ministère, le ministre Avinash Ramtohul a souligné la nécessité d’une mobilisation collective pour faire face aux dérives observées sur les réseaux sociaux. Il a, dans le même temps, réaffirmé l’attachement du gouvernement à la liberté d’expression, au respect des droits fondamentaux et aux principes démocratiques.
Le ministre a fait ressortir que les réseaux sociaux constituent désormais des outils incontournables de communication, d’information, d’éducation et de développement économique. Toutefois, leur utilisation abusive peut avoir des conséquences particulièrement graves sur les individus, les familles et l’ensemble de la société. « Nous ne voulons pas moins de voix sur les réseaux sociaux. Nous voulons moins de victimes », a-t-il fait ressortir.
Pour illustrer l’ampleur du phénomène, Avinash Ramtohul s’est appuyé sur les données communiquées par la Computer Emergency Response Team of Mauritius (CERT-MU). Entre le 1er janvier et le 5 novembre de cette année pas moins de 5 754 incidents liés à la cybersécurité auraient été signalés à Maurice, soit une moyenne de 19 signalements par jour. Parmi les incidents recensés figurent 1 697 cas de harcèlement en ligne, 761 cas de cyberintimidation, 723 cas d’escroquerie et de fraude, 603 signalements liés aux fausses informations, 438 cas d’usurpation d’identité et 225 cas de sextorsion. Les statistiques font également état de 61 signalements concernant l’exploitation et les abus sexuels d’enfants.
Le ministre a particulièrement attiré l’attention sur les répercussions du harcèlement numérique sur les femmes, les jeunes et les personnes vulnérables. Il a également mis en garde contre les risques liés à la diffusion non consentie de photographies ou de vidéos privées, une pratique susceptible de porter gravement atteinte à la dignité et à la vie privée des victimes.
À travers cette campagne nationale, le ministère et l’ICTA entendent sensibiliser la population aux différentes formes d’abus et aux dangers d’une utilisation irresponsable des réseaux sociaux. L’objectif est également d’encourager l’adoption de comportements responsables en ligne, fondés sur le respect d’autrui, la responsabilité individuelle et l’esprit critique.
Au-delà de la sensibilisation, le gouvernement souhaite consolider sa coopération avec les grandes plateformes numériques, notamment Meta, qui exploite Facebook, Instagram et WhatsApp. Des discussions sont en cours en vue de mettre en place des canaux de communication et des mécanismes d’escalade dédiés entre les autorités mauriciennes et Meta.
Ces dispositifs devraient faciliter le traitement des situations urgentes impliquant notamment des menaces, des actes de harcèlement, l’exploitation d’enfants, des usurpations d’identité ainsi que d’autres contenus potentiellement préjudiciables ou illicites.
L’approche privilégiée par le gouvernement consiste ainsi à conjuguer prévention, responsabilisation des utilisateurs et collaboration avec les opérateurs des plateformes numériques, sans remettre en cause les principes de liberté d’expression et de démocratie.

