À l’approche des deux ans du gouvernement, le leader de l’opposition, Chetan Baboolall, dénonce un bilan marqué, selon lui, par des promesses non tenues et une multiplication des lois visant davantage à contrôler la population qu’à améliorer ses conditions de vie. Lors de la conférence de presse du FMP, ce samedi 7 novembre, il a pointé du doigt la crise de l’eau, le coût de la vie, les difficultés d’emploi des jeunes et l’absence de résultats dans certaines affaires criminelles. « Enn gouvernman zéro bilan », a-t-il lancé, estimant que les Mauriciens attendent toujours les changements annoncés.
Pour Chetan Baboolall, le nombre de lois adoptées depuis 2024 ne reflète pas une amélioration du quotidien de la population. Il reproche au gouvernement de privilégier les sanctions et les nouvelles dispositions législatives, alors que les difficultés économiques et sociales persistent. Il cite notamment les mesures concernant les rassemblements publics, les amendes pouvant atteindre Rs 100 000 et les peines d’emprisonnement prévues pour certaines infractions. Il estime que ces mesures traduisent une volonté de renforcer le contrôle sur les citoyens plutôt que de répondre à leurs préoccupations.
Le leader de l’opposition prend également l’exemple du Certificate of Character pour illustrer les difficultés créées, selon lui, par certaines réformes. Il dénonce un cafouillage administratif qui pénaliserait les demandeurs d’emploi dans leurs démarches pour obtenir leur certificat de moralité. Il émet aussi des réserves sur le National Research and Innovation Bill, particulièrement sur sa clause 34, qui accorderait, selon son interprétation, une immunité trop étendue à certains responsables.
La National Crime Agency figure également parmi ses principales préoccupations. Chetan Baboolall s’interroge sur les pouvoirs qui pourraient être confiés au directeur général de cette nouvelle structure, notamment par rapport à ceux du commissaire de police. Il soulève des inquiétudes concernant les garanties entourant les enquêtes, les arrestations et les écoutes téléphoniques. Il insiste sur la nécessité d’un encadrement légal pour éviter toute ingérence politique et réclame des amendements au projet.
Sur le plan de la sécurité, Chetan Baboolall remet en question les engagements du gouvernement dans la lutte contre la criminalité et le trafic de drogue. Il revient notamment sur l’affaire Kistnen, dans laquelle aucune arrestation n’a encore été effectuée. Il évoque également l’affaire Kanakiah et demande des éclaircissements au Directeur des poursuites publiques (DPP). Pour le leader de l’opposition, les promesses de lutte contre la criminalité doivent désormais se traduire par des résultats.
Les récentes tensions sociales et la crise de l’eau alimentent aussi ses critiques. Il estime que les difficultés rencontrées par les ménages, notamment face au coût de la vie et aux problèmes d’approvisionnement en eau, nécessitent des réponses concrètes. Il reproche au gouvernement d’avoir privilégié les mesures répressives à la suite des incidents d’octobre, au lieu de s’attaquer aux causes du mécontentement.
Chetan Baboolall s’est également attardé sur le Mauritius Telecom Foundation Bill, dont il dénonce le manque de clarté. Sans remettre en cause l’attribution de bourses aux étudiants, il s’interroge sur certaines dispositions du projet de loi et sur les différences relevées entre les annonces des Conseils des ministres des 9 et 30 octobre. Il estime que plusieurs aspects du texte, notamment les possibilités de financement des études à Maurice et à l’étranger, nécessitent des précisions.
En conclusion de son intervention, le leader de l’opposition a accusé le gouvernement de ne pas avoir répondu aux attentes de la population malgré les annonces et les promesses faites depuis son arrivée au pouvoir. Il a terminé sur une interrogation : « Kot vision, kot compassion ek kot leadership ? »

