Budget 2026-2027 : Les syndicats réclament des mesures fortes face à la vie chère

À moins d’une semaine de la présentation du Budget 2026-2027, les principales organisations syndicales multiplient les appels au gouvernement pour qu’il place le pouvoir d’achat, la protection des plus vulnérables et la transparence économique au cœur de ses priorités. Si les revendications diffèrent dans leur forme, elles convergent sur un constat commun : la hausse continue du coût de la vie fragilise les ménages et exige des réponses rapides.

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Haniff Peerun : « Les consultations doivent changer »

Le président du Mauritius Labour Congress (MLC), Haniff Peerun, se montre particulièrement critique envers l’exercice des consultations prébudgétaires. Selon lui, les syndicats sont invités chaque année à soumettre des propositions qui débouchent rarement sur des mesures concrètes. Il plaide pour une nouvelle approche où le gouvernement présenterait au préalable les grandes orientations du budget afin de permettre un véritable dialogue avec les partenaires sociaux.

Parmi ses principales demandes figurent :

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  • une allocation intérimaire pour les salariés et les pensionnés ;
  • des mesures pour protéger le pouvoir d’achat face à l’inflation;
  • davantage de transparence sur la situation économique du pays ;
  • une révision des mesures ayant affecté la pension de vieillesse;
  • une meilleure prise en compte des retraités de certains secteurs parapublics qui, selon lui, ne bénéficient pas des mêmes avantages que d’autres catégories de travailleurs.

Pour Haniff Peerun, l’érosion du pouvoir d’achat demeure aujourd’hui la préoccupation majeure des travailleurs et des retraités.

Compensation salariale et contrôle des prix

D’autres centrales syndicales insistent également sur la nécessité d’un soutien direct aux revenus.

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Le président du Mauritius Trade Union Congress (MTUC), Dewan Quedou, réclame une compensation salariale indexée sur l’inflation ainsi que le maintien ou le renforcement des subventions sur les carburants, le gaz ménager et certains produits alimentaires de base. Il estime que la hausse des prix de l’énergie et des importations risque d’accentuer les inégalités sociales et de fragiliser davantage les travailleurs à faibles revenus. Il préconise une approche plus équilibrée et socialement responsable axée sur la protection des emplois et un dialogue tripartite renforcée entre l’état , les employeurs et les syndicats

Sécurité alimentaire et énergétique

Du côté de la General Workers Federation, son président, Clency Bibi, met l’accent sur la sécurité alimentaire et énergétique. Il souhaite voir le budget soutenir massivement les investissements dans les énergies renouvelables, notamment les panneaux photovoltaïques, tout en renforçant la production agricole locale afin de réduire la dépendance de Maurice aux importations.

Même son de cloche chez Deepak Benydin, qui appelle le gouvernement à tirer les leçons de la pandémie et à adopter une approche davantage tournée vers l’anticipation. Il plaide pour une stratégie nationale visant à renforcer l’autosuffisance alimentaire, développer les énergies alternatives et protéger les consommateurs contre une nouvelle flambée des prix.

Bonne gouvernance et lutte contre le gaspillage

Le président du State and Other Employees Federation (SOEF), Radhakrishna Sadien, insiste pour sa part sur la nécessité de combattre le gaspillage, la flambée des prix, la corruption et les abus relevés dans les rapports d’audit. Il estime que l’État doit montrer l’exemple en matière de discipline budgétaire tout en renforçant la participation de la société civile aux prises de décision.

Malgré la diversité des propositions, un message ressort clairement du mouvement syndical : le prochain budget sera jugé avant tout sur sa capacité à soulager la population confrontée à la vie chère. Pouvoir d’achat, compensation salariale, pensions, contrôle des prix, sécurité alimentaire et transparence figurent parmi les attentes les plus fortes à quelques jours du discours budgétaire.

Pour Haniff Peerun comme pour plusieurs autres dirigeants syndicaux, le gouvernement dispose d’une occasion de restaurer la confiance en privilégiant davantage la concertation et des mesures concrètes en faveur des travailleurs et des retraités.

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