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Budget – Eric Mangar (MAA) :« Des mesures positives susceptibles d’assurer une plus grande sécurité alimentaire »

   « Le plus important reste la bonne mise en œuvre des projets »

Eric Mangar, agronome et directeur du Mouvement pour l’Autosuffisance Alimentaire (MAA), juge « positif » que dans son budget, le ministre des Finances aaccordé une attention particulière à des mesures susceptibles de diminuer les importations et d’assurer une plus grande sécurité alimentaire. Il souligne que le plus important sera la bonne mise en œuvre des intéressantes mesures annoncées.

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Par rapport à la production de cultures maraîchères, M. Mangar accueille favorablement l’annonce de la vente à un prix garanti des semences aux cultivateurs d’oignons, de la pomme de terre, d’ail et de haricots. Rappelant que ces intrants de production ont connu des hausses substantielles depuis la crise sanitaire, l’agronome pense que cette mesure permettra au moins de stabiliser les prix. En lien à cela, Eric Mangar parle aussi de la subvention à hauteur de 50% pour l’achat de fertilisants chimiques qui sera offerte aux détenteurs d’une carte de planteur.

Une autre mesure budgétaire favorable aux cultivateurs, indique-t-il, est celle qui porte sur la vente à 50% du prix des deux premières serres pour la culture hydroponique de produits à valeur ajoutée tels la tomate, le poivron et la laitue de qualité. Eric Mangar évoque, de même, les deux projets agro-industriels de transformation de fruits et de légumes à Henrietta et à Rivière-du-Rempart.

Selon le directeur du MAA, longtemps attendus, ces projets de transformation de produits de la terre comportent plusieurs avantages tant pour les producteurs que pour les consommateurs. Ils diminueront d’abord les gaspillages de produits qui, non transformés, auraient fini à la poubelle. Ces projets pourraient permettre, par exemple, la vente en sachets de légumes frigorifiés préalablement transformés.

Apiculture :
Rs 150 000 de
subvention en nature

Ce qui garantirait, alors, de disposer sur le marché un certain nombre de produits même hors saison ou quand de fortes intempéries auront ravagé les champs. Bien évidemment, l’agronome pense que l’une des composantes de ces projets de transformation de fruits et légumes doit être la mise en place de facilités d’entreposage dont des chambres froides. Eric Mangar dit n’avoir aucun doute que si ces projets sont mis en œuvre comme il se doit, du producteur au consommateur, toutes les partie prenantes y trouveraient leur compte.

Une autre mesure non négligeable annoncée par le ministre des Finances, indique l’animateur du MAA, concerne la filière apicole. Outre les Rs 500 fournies pour une reine d’abeilles, il évoque la subvention en nature jusqu’à l’équivalent de Rs 150 000 offerte à tout nouveau venu dans le secteur pour l’acquisition d’équipements d’apiculture. Selon M. Mangar, une telle aide en nature peut comprendre jusqu’à une trentaine de ruches., entre autres.

L’agronome en profite pour souligner l’importance des abeilles pour la pollinisation des plantes, dont le giraumon, les oignons, les haricots, ainsi que pour celle des fruits, dont la papaye, les letchis et les mangues. « Nous avons aussi tout intérêt à encourager au maximum la pratique de l’apiculture pour le nécessaire maintien de l’équilibre écologique », fait-il valoir. L’élevage, note Eric Mangar, tient aussi une place de choix dans les mesures budgétaires annoncées. Ainsi, le projet de mettre en place 5 Livestock Zones à Salazie, Henrietta, Mare d’Albert, dans la région théière de Dubreuil ainsi qu’à Petit Marlot.

L’agronome fait, toutefois, remarquer que l’alimentation du bétail ainsi que la santé animale sont deux préalables à tenir en compte pour atteindre les objectifs fixés en matière d’élevage. Il fait ainsi remarquer que compte tenu de l’inflation du prix du maïs sur le marché international, cette céréale –  que l’on importe à un prix fou pour l’équivalent de quelque 10,000 tonnes d’aussi loin que  l’Argentine et qui rentre dans la production de la nourriture animale – fait grimper les prix des concentrés.

D’où l’importance, dit-il, d’accroître notre production largement déficitaire de fourrages de qualité tels l’acacia et la star grass riches en protéine. Parallèlement à cela, le manque de vétérinaires à Maurice doit aussi être comblé, dit l’agronome. Il suggère que l’on fasse appel aux professionnels de santé animale des pays amis comme l’Inde pour pallier notre manque de vétérinaires.

Mais il importe aussi, selon M. Mangar, que les éleveurs soient initiés aux principes du Fodder Management. Dans l’immédiat, la subvention de Rs 10 par kg de concentrés acheté est la bienvenue, selon lui. En matière d’élevage, il regrette l’absence de toute mesure concernant le cerf, un animal dont la chair – qui ne souffre d’aucun interdit alimentaire – est consommée par l’ensemble de la population, sauf par les végétariens.

Par rapport, enfin, au secteur de la pêche, Eric Mangar loue la décision de porter de Rs 4 millions à Rs 6 millions la subvention offerte à des regroupements de pêcheurs bona fide pour acquérir des navires semi-industriels en vue de la pêche hors-lagon. Il rappelle que, déjà, depuis le lancement de ce projet qui vise à recycler des pêcheurs artisanaux dans la pêche en haute mer, 7 navires de pêche semi-industriels ont été acquis par diverses coopératives de pêche.

L’animateur du MAA pense que nos bancs de pêche regorgent de suffisamment de poissons pour satisfaire largement la demande locale. Mais compte tenu de l’impératif d’une pêche responsable, il accueille favorablement l’idée d’une étude qui ferait l’inventaire de nos bancs de pêche pour un meilleur contrôle sur les espèces à pêcher. M. Mangar espère aussi un renforcement des contrôles sur la pêche illégale dans nos eaux territoriales. De plus, la décision de porter la Bad Weather Allowance payable aux pêcheurs de Rs 475.00 à Rs 575.00 par jour de mauvais temps est aussi bien accueillie.

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