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Après une mise en demeure servie à la State Trading Corporation (STC) le 24 février, la propriétaire d’une Mercedes Benz, dont le moteur a été endommagé à cause de la mauvaise qualité de l’essence importée, a porté l’affaire devant la Cour suprême. Elle poursuit la STC pour « faute délictuelle lourde » et réclame Rs 1 877 852 de dommages, comprenant des réparations de l’ordre de Rs 807 852 ainsi que des dommages moraux s’élevant à Rs 1 million.

Yee Man Sharly Tse-Souche, une habitante de Rose-Hill, reproche à la STC d’avoir « illégalement » importé et distribué de l’essence d’août à décembre 2019. Elle soutient que la STC a enfreint les Public Health Laws au détriment du public ainsi que la Dangerous Chemicals Control Act 2004, en important du carburant avec « des taux élevés et inacceptables de manganèse ». Une manœuvre qui a endommagé son véhicule, achetée en 2013.
La plaignante avait aussi porté plainte auprès de l’Association des consommateurs de l’île Maurice. Dans sa plainte rédigée par l’avoué Hiren Jankee, elle relate que le 12 décembre 2019, alors qu’elle était en route pour l’aéroport pour récupérer son mari, elle avait fait le plein dans une station-service sur l’autoroute M1 à Highlands. C’est sur le chemin du retour qu’elle a commencé à entendre un claquement dans le moteur de son véhicule. Elle sentait aussi que son véhicule commençait à perdre de la puissance. Le lendemain, trouvant que son moteur ne fonctionnait pas adéquatement, le véhicule a été remorqué à l’atelier de CFAO Motors (Mauritius) Ltd, concessionnaire officiel de la marque à Maurice. Elle a été informée par la suite que le bruit et le manque de puissance du moteur étaient dus à la mauvaise qualité de l’essence importée et distribuée par la STC. La plaignante avait, le 18 décembre, rapporté l’incident à la STC et à la Consumer Protection Unit. Elle soutient n’avoir pas eu de réponse de la STC. La plaignante avance ainsi dans sa plainte que la STC « being the sole and exclusive importer and wholesale distributor of gasoline fuel over the Mauritian territory, has a duty to ensure that the said gasoline fuel is free from any defects and is up to the required safety and quality norms, standards and specifications ».

La plaignante devait aussi faire mention des tests effectués par la Motor Vehicles Dealers’ Association (MVDA) qui ont révélé que le taux de manganèse dans le carburant importé par la STC était bien plus élevé que le taux requis de 2 mg/litre d’essence. Selon les estimations de la MVDA, plus d’un millier de véhicules ont connu « ce problème de panne de moteur en raison de l’essence contaminée par du manganèse ». La plaignante soutient ainsi que la STC « has failed the test of transparency in that there is nothing on its website to check, verify and confirm the specifications and tender documents of the Emergency Procurement exercise under which gasoline fuel for the period of August 2019 – January 2020 was imported ».

Elle avance de plus que la STC s’est dédouanée de toute responsabilité et a agi « de mauvaise foi », rappelant que ce n’est que récemment que l’organisme a décidé de revoir les spécificités pour les fournitures prochaines de carburants. Elle a indiqué qu’elle doit désormais circuler avec une voiture de location et que le coût estimé pour la réparation et le remplacement des engins défectueux du véhicule s’élève à Rs 807 852. Pour le préjudice causé, elle réclame Rs 1 877 852 à la STC. La plaignante est représentée par Me Rajesh Unnuth.