Conférence de presse du PMSD : Xavier Duval : « Le budget de la dernière chance »

Après avoir disparu des radars médiatiques, le leader du PMSD, Xavier Duval, a fait son retour face à la presse, hier, qualifiant l’exercice budgétaire 2026-2027 comme étant le « budget de la dernière chance ». Il estime que ce rendez-vous doit impérativement répondre aux préoccupations urgentes de la population, notamment en matière de sécurité, de pouvoir d’achat et de lutte contre le gaspillage des fonds publics. Commentant la hausse du taux directeur (Repo Rate) à 4,75%, Xavier Duval souligne que « cette décision pourrait entraîner une augmentation des taux d’intérêt bancaires, obligeant ainsi les emprunteurs à payer davantage pour leurs prêts. »

À en croire le leader du PMSD, l’enjeu est de taille pour l’Alliance du Changement : « La situation du pays est dramatique. Soyons clairs. Après la présentation du budget 2026-2027, la population commencera déjà à se projeter vers les prochaines élections générales, ce qui rendra tout changement de cap beaucoup plus difficile pour le gouvernement. » La question du pouvoir d’achat et de la fiscalité a aussi été disséquée.

- Publicité -

Commentant les récentes décisions économiques ainsi que les discussions entourant le prochain budget, Xavier Duval dit avoir eu vent de rumeurs faisant état d’une éventuelle hausse du taux de la TVA. Il estime que la population ne serait pas en mesure de supporter une nouvelle augmentation de la pression fiscale dans un contexte où le coût de la vie demeure déjà élevé : « Je mets en garde le gouvernement contre une possible hausse de la TVA de 2 à 3% lors du prochain exercice budgétaire. Lapopilasion na pa pou aksepte sa. »

Xavier Duval a vivement critiqué la politique fiscale du gouvernement. Il estime qu’environ 25% de la richesse produite dans le pays est captée par l’État, tout en s’interrogeant sur les bénéfices réels pour la population. Il a également dénoncé la réduction du seuil d’enregistrement à la TVA pour les PME, affirmant que cette mesure risque d’alourdir davantage les charges des petites entreprises.

- Publicité -

Xavier Duval a aussi dénoncé le manque de concurrence dans plusieurs secteurs de l’économie mauricienne. « Certains importateurs bénéficient d’exclusivité qui limitent le choix des consommateurs et contribuent à maintenir des prix élevés. J’estime que le secteur des médicaments doit être traité différemment », dit-il, exprimant des réserves concernant l’importation parallèle de produits pharmaceutiques : « Il y a des risques potentiels pour la santé publique. Il faudrait mettre en place des mécanismes de contrôle stricts et des capacités de vérification locales avant toute ouverture du marché à de nouveaux fournisseurs. »

Xavier Duval s’insurge, par ailleurs, contre le fait que « les nominations se font au compte-gouttes au sein des conseils d’administration, alors que dans d’autres cas, il y a eu une valse de démissions, à l’instar de Maneswar Peetumber, qui avait été nommé Chairman à temps partiel de la Central Water Authority en février 2025, et plus récemment, le cas de Désiré Vencatachellum qui a soumis sa démission en tant que Chief Executive de la Financial Services Commission (FSC) avec effet au 30 juin 2026. »

- Advertisement -

Dans la même veine, Xavier Duval propose l’abolition de certains postes clés au plus haut sommet de l’État, citant notamment la suppression des postes de Junior Minister, avec un retour du système des PPS, et de vice-président, qu’il considère comme étant des charges financières excessives pour les finances publiques.

La question de la sécurité publique et des moyens mis à la disposition des forces de l’ordre a également été abordée lors de ce point de presse. Selon Xavier Duval, « face à l’évolution de certaines formes de criminalité et aux situations de plus en plus complexes auxquelles les policiers sont confrontés, il devient nécessaire de moderniser les équipements utilisés par les forces de l’ordre. » Le leader des bleus estime que la police ne dispose pas toujours des outils adéquats pour assurer sa propre sécurité ainsi que celle du public. Il plaide, entre autres, pour l’introduction d’équipements plus sophistiqués tels que des caméras corporelles (body cams), des tasers pour certaines unités spécialisées, ainsi qu’un renforcement des équipements de protection et d’intervention mis à la disposition des policiers.

Xavier Duval regrette aussi que la formation des policiers ne se fait pas dans les meilleures conditions à Maurice : « Les forces de l’ordre suivent trois ans de formation en Allemagne et les résultats sont probants. À Maurice, la formation dure seulement six mois. Ce n’est plus possible. » Il a déploré le silence assourdissant des syndicats de police à ce sujet : « Quid des syndicats de la police ?  Zot ankor existe ? Se pa zot ki ti bizin mont o kreno ? »

Interrogé sur l’arrivée de Paul Bérenger dans les travées de l’opposition, Xavier Duval a, sur le ton de l’ironie, insisté sur le changement d’attitude du concerné envers son fils : « Après avoir insulté Adrien Duval pendant un an et demi au Parlement, Paul Bérenger est maintenant devenu son supporter. C’est pathétique. J’estime qu’il a un grave problème de personnalité ! » Le leader des bleus a aussi été cuisiné sur ses relations avec le MSM, avec lequel le PMSD était en alliance lors des dernières législatives. Non seulement il a fait valoir qu’il n’a jamais eu de contact avec les dirigeants du parti soleil après cette échéance, mais il a aussi souligné qu’il révélera, en temps et lieu, des choses qui l’ont beaucoup contrarié durant la campagne électorale

Xavier Duval a commenté les accusations de l’ancien ministre des Finances, Renganaden Padayachy, selon lesquelles la Banque de Maurice aurait imprimé Rs 83 milliards en 2025 pour financer le gouvernement, en disant ne pas croire dans ce qu’il dit. « Padayachy inpe rouye mo panse ! »

 

EN CONTINU
éditions numériques