GM Business – Assemblée nationale : Le Grand Oral du budget : le vendredi 19 juin évoqué

Pas de Question Time pour la séance de mardi prochain avec l'adoption d'un ESE d'un peu plus de Rs 2 milliards PNQ: La DPM Navarre-Marie annonce une enquête institutionnelle sur le Shelter Cap de l'Espoir

Avec le mois de juin à nos portes, l’agenda politique à l’Hôtel du Gouvernement — et, plus largement, celui du pays — est désormais tourné vers la présentation du Budget 2026-2027. Selon des recoupements effectués par Le Mauricien auprès de sources concordantes à l’issue des délibérations du Conseil des ministres d’hier, le Premier ministre et ministre des Finances, Navin Ramgoolam, pourrait choisir le vendredi 19 juin pour prononcer son Grand Oral, à l’occasion du deuxième budget du gouvernement de l’Alliance du Changement.

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Dans cette éventualité, les parlementaires devront se préparer à un véritable marathon législatif. Les débats budgétaires devront, en effet, être complétés et les Estimates 2026-2027 adoptés avant le 30 juin, afin d’éviter le recours à un Vote on Account destiné à couvrir les premières dépenses publiques du nouvel exercice financier. Une confirmation officielle de la date du Budget Speech devrait intervenir incessamment.

En guise de prélude au Budget 2026-2027, l’Order Paper de mardi prochain prévoit la présentation en première lecture, par le Premier ministre et ministre des Finances, Navin Ramgoolam, d’un Supplementary Appropriation Bill portant sur un montant de Rs 2 264 416, dont Rs 1 397 372 pour le compte du ministère de l’Enseignement supérieur.
Ce projet de loi vise à couvrir des dépenses courantes et de développement supplémentaires dépassant les crédits déjà autorisés par l’Appropriation Act 2024-2025 et la première Supplementary Appropriation Act 2024-2025. Avec le Committee of Supply de ce Supplementary Appropriation Bill prévu lors de la séance subséquente du Parlement, il faudra s’attendre à voir la tranche du Question Time et de la Private Notice Question du leader de l’opposition, Joe Lesjongard, être écartée de l’Order Paper.

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La Private Notice Question (PNQ) du leader de l’opposition, Joe Lesjongard, a porté sur un état des lieux des institutions résidentielles et les foyers d’accueil pour mineurs. Surtout la situation prévalant au foyer Cap de L’Espoir, qui ne cesse de défrayer la chronique. La Deputy Prime Minister et ministre de l’Égalité des Genres, Arianne Navarre-Marie, a tenu à replacer le débat dans le cadre plus large de la protection de l’enfance. Elle a affirmé que « the government remains irmly committed to ensuring that all RCI for minors operate in a manner that safeguards the dignity, welfare, protection, and best interests of every child placed thereat. »

Elle s’est attardée sur la mission fondamentale des institutions d’accueil, déclarant que « residential care is not merely accommodation. It encompasses protection, rehabilitation, supervision, emotional support, education, and preparation for reintegration into society. »
S’appuyant sur les dispositions de la Children’s Act 2020 ainsi que sur les Residential Care Institutions for Children Regulations 2022, la Première ministre adjointe a détaillé l’encadrement légal régissant ces établissements : procédures d’enregistrement et de licence, normes relatives à l’hébergement et à la supervision, obligations en matière de personnel, dispositifs de protection des enfants, tenue des dossiers ainsi que mécanismes d’inspection et de contrôle.

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Elle a souligné que ces centres accueillent souvent des enfants particulièrement vulnérables : « Children placed in residential care often present complex emotional and development needs, requiring specialised care, trained caregivers, and coordinated interventions », indique-t-elle. À ce jour, sept institutions résidentielles pour enfants sont officiellement enregistrées auprès du ministère, auxquelles s’ajoute un centre géré par le National Children’s Council (NCC) sous la tutelle du ministère.

Concernant Cap de l’Espoir, seul centre gouvernemental pour garçons, le taux d’occupation atteint actuellement 80%, avec 24 pensionnaires pour une capacité maximale de 30 places. Elle a toutefois fait comprendre que les effectifs évoluent constamment. « Children enter and leave residential care in accordance with court orders, case management decisions, and the availability of family-based or community-based alternatives », ajoute-t-elle.
De décembre 2024 à ce jour, 34 plaintes ou signalements sérieux ont été enregistrés concernant des institutions résidentielles pour mineurs relevant de son ministère. Elle a précisé que « each report is subject to due process, whether through administrative inquiry, police investigation or regulatory review. » Elle a surtout concédé que la majorité des incidents provenaient du Shelter Cap de l’Espoir, évoquant « a pattern of institutional difficulty that started long before I took office », tout en reprochant à l’ancien gouvernement de ne pas avoir su redresser la situation.

Elle est ensuite revenue en détail sur les événements ayant conduit à la création d’un comité interministériel. Le 1er juin 2025, trois mineurs s’étaient enfuis du centre avant d’être retrouvés dans un état inquiétant. Deux d’entre eux avaient été testés positifs au cannabis après leur admission au Sir Seewoosagur Ramgoolam National Hospital. Face à la gravité de l’affaire, six Caregivers présents lors des faits ont été suspendus afin d’éviter « interference with evidence and intimidating the minors. »

Le Cap de l’Espoir avait pourtant rouvert le 5 décembre 2025 avec « new amenities and programmes designed to strengthen a child-centred approach ». Malgré cela, plusieurs incidents ont continué à perturber le fonctionnement du centre.
Elle a décrit une situation marquée par une pénurie persistante de personnel, des problèmes comportementaux complexes et des difficultés de supervision. Selon elle, des psychologues du ministère ont dû intervenir régulièrement pour des séances de Counselling visant à traiter « behavioural issues, trauma and substance abuse », tandis qu’une présence policière 24h/24 avait été instaurée.

Arianne Navarre-Marie a ensuite fait état les travaux du comité interministériel mis sur pied pour examiner les problèmes liés aux enfants présentant de graves troubles comportementaux – désignés comme «Children with Serious Behavioural Concerns (CSBC) – ainsi qu’aux mineurs en conflit avec la loi. Quatre réunions ont déjà eu lieu depuis février 2026. Lors de la troisième réunion, tenue le 29 avril, les participants ont conclu que « that there was an urgent need for an infrastructural facility specifically designed to cater for CSBC, separate from children who are in conflict with the law. »

Elle a indiqué qu’un centre spécialisé de réhabilitation pourrait ainsi être envisagé afin de centraliser les services destinés à ces enfants particulièrement vulnérables.
Depuis son arrivée au ministère en novembre 2024, elle a affirmé également avoir instauré « a structured and inclusive governance model for Cap L’Espoir » grâce à la création d’un comité de pilotage se réunissant chaque mois. Elle a soutenu que cette nouvelle approche avait permis d’améliorer « the lines of communication between the management and the staff » et de revoir plusieurs processus opérationnels.

La ministre a toutefois réservé ses critiques les plus sévères à une partie du personnel du centre. Évoquant un programme de formation organisé en novembre 2025 avec une ONG, elle a dénoncé « the disgracefully low level of interest and enthusiasm demonstrated by some staff members during the training ».

Dans une déclaration particulièrement forte politiquement, la Deputy Prime Minister que « some caregivers have developed a clan-like behaviour, which leads to manipulation of children, resulting in uncontrollable, disruptive behaviour. » Elle a ajouté que « most of this RCI staff have political affiliations which seriously compromise the smooth running of the institution ».

La ministre a également expliqué les nombreuses difficultés liées à la gestion du centre après la démission du Shelter Manager en janvier 2026. Plusieurs responsables intérimaires ont accepté temporairement d’assurer la direction avant de se retirer, parfois pour des raisons de santé. Enfin, elle a révélé que plusieurs appels à manifestation d’intérêt lancés auprès des ONG afin de reprendre la gestion de Cap de l’Espoir sont restés sans réponse. Un nouvel appel a été lancé le 12 mai 2026 avec une date limite fixée au 12 juin. En conclusion, elle a mis l’accent sur la nécessité d’une réforme structurelle en profondeur du système de prise en charge des mineurs en difficulté.

Interpellée ensuite par Joe Lesjongard sur les amendements législatifs envisagés, elle a répondu qu’un rapport du comité interministériel était actuellement en préparation avant toute décision officielle.

DPM: Comme je l’ai expliqué dans la réponse, il y a le comité qui a été mis en place, un rapport est en cours de préparation. Le rapport sera soumis au cabinet et ensuite nous pourrons donner des instructions à l’Attorney Generl’s Office pour les amendements nécessaires.

JL: J’ai dit que j’espérais que la DPM soit consciente de l’urgence de la situation. Peut-elle informer la Chambre de la situation concernant le transfert du Centre de Réhabilitation du bureau du Premier ministre à son ministère ?
DPM: Cette affaire est toujours en discussion. Comme je l’ai dit, cela fera partie des décisions des recommandations faites par le comité interministériel qui seront soumises prochainement au Cabinet.
JL: Peut-elle assurer à la Chambre que chaque mineur concerné est d’abord soumis à une évaluation régulière des risques, à un suivi indépendant et à un plan de soins individualisé pour garantir sa sécurité physique, son bien-être psychologique et sa protection contre les dangers ?
DPM: Oui, ils le sont.
JL: Peut-elle confirmer si des rapports ont été reçus concernant des mineurs au refuge Cap de L’Espoir. Quels sont les protocoles mis en place et les mesures prises pour enquêter sur la situation dans le centre ?

DPM : Le 10 mai 2026, vers 16h, des préposés ont signalé par SMS que certains résidents semblaient avoir des tatouages sur les mains. Un suivi immédiat a été effectué à l’abri de Cap-Malheureux. À leur arrivée, ils ont confirmé un tatouage sur un mineur.
Un enquête avait confirmé cinq mineurs tatoués. Des informations supplémentaires indiquaient que certains mineurs s’étaient aussi tatoués eux-mêmes tandis qu’un d’eux avait refusé d’être tatoué. Les résidents ont déclaré que les tatouages avaient été réalisés volontairement et ont confirmé l’utilisation d’une aiguille partagée.
Les préposés ont accompagné les cinq résidents à l’hôpital SSRN pour une évaluation médicale immédiate. Des tests rapides ont été réalisés. Tous les résultats étaient négatifs. Le 11 mai 2026, certains mineurs ont subi un dépistage rapide à la médiclinique de Goodlands. Les résultats étaient négatifs.
Ces mineurs s’étaient d’abord opposés aux tests. Le même jour, quatre internes ont subi un prélèvement sanguin à l’hôpital SSRN et ont été orientés vers l’hôpital de Candos pour des examens complémentaires. Tous les concernés sont rapportés en bonne santé. Aucune maladie n’a été détectée à ce jour. L’enquête policière est en cours.
JL: C’est une affaire très sérieuse. Peut-elle confirmer si son ministère a établi des protocoles régissant les examens médicaux, y compris les analyses sanguines pour les mineurs dans de telles situations ?
DPM : J’ai déjà répondu à cette question.
JL. Peut-elle confirmer si les policiers maintiennent une présence permanente dans l’abri et puis-je lui demander si elle trouve cette pratique normale ?
DPM : C’est une très bonne question car nous avons découvert que la sécurité, qui se trouve à la porte, n’est pas très efficace. Nous devons donc faire appel à des policiers. Nous avons ce matin adressé une correspondance à la société de sécurité pour qu’elle remplace l’agent de sécurité actuel.
JL. Peut-elle alors confirmer que la présence permanente de policiers dans un refuge pour enfants reflète une grave défaillance institutionnelle ?
DPM: Nous devons nous occuper de la sécurité des enfants. Comme je viens de l’expliquer, l’entreprise qui assure la sécurité des enfants s’est révélée inefficace. Nous leur avons écrit. Mais en attendant, pour la sécurité des enfants, nous devons recourir aux policiers.
JL: Suite aux signalements concernant des préoccupations liées à la sécurité alimentaire dans l’abri, y compris des aliments avariés servis à des mineurs début mai, peut-elle confirmer si une enquête a été initiée et quelles sont les mesures adoptées?
DPM: Je crois avoir répondu à cette question la semaine dernière, notamment le pain moisi servi aux enfants. Une enquête a été menée. Le cuisinier avait déclaré qu’elle n’avait pas découvert que la nourriture n’était pas appropriée parce qu’il n’y avait pas assez de lumière dans la cuisine.
Les agents s’y sont rendus et ont constaté que ce n’était pas vrai. Le cuisinier a été immédiatement écarté et remplacé par un autre. Je dois dire que le ministère de la Santé, les agents de ce ministère viennent régulièrement au Shelter pour vérifier le protocole sanitaire.
JL: Peut-elle confirmer si le personnel responsable de la préparation des aliments possède les certifications pertinentes et a reçu une formation sur les normes d’hygiène alimentaire ?
DPM: Je dois vérifier cette information.
JL: Peut-elle informer la Chambre des catégories d’agents ou de visiteurs autorisés autorisés à interagir directement avec les mineurs dans ces refuges, et s’il existe des exigences concernant la vérification et la formation ?
DPM: Chaque fois que quelqu’un souhaite visiter le refuge, une lettre officielle doit être envoyée au ministère, et la lettre est examinée par le PS, et l’autorisation de visiter le refuge est donnée ou non.
JL: Peut-elle alors confirmer si un haut responsable politique ou conseiller est engagé et est en contact direct avec des mineurs de Cap de L’Espoir ?
DPM : Oui. Tout agent autorisé par le ministère, par la police, peut interagir avec les enfants du refuge.
JL: Peut-elle définir les qualifications professionnelles, la formation en protection de l’enfance ou l’expertise pertinente qui autorisent cette intervention, et si ces interactions ont été enregistrées ou verrouillées conformément à la politique du refuge ?
DPM: I need notice.
Anquetil: Quelles mesures ont été prises pour démanteler les clans au sein du personnel de Cap de L’Espoir ?
DPM: Une enquête est initiée par le ministère et les actions appropriées seront prises.
JL: En décembre 2025, la DPM avait indiqué à la Chambre qu’il y avait des clans et que des solutions seraient trouvées pour stabiliser l’abri  Nous sommes maintenant en mai, et la situation est passée de mal en pis.
DPM: Je ne suis absolument pas d’accord pour dire que la situation est passée de mal en pis. Nous faisons tout notre possible pour que tout se passe bien dans le refuge, et je suis satisfait que les choses s’améliorent.
Comme je l’ai dit, une enquête a été lancée par le ministère sur ces préposés qui manipulent les enfants, et des mesures seront prises si nécessaire.
JL : Puisqu’elle a déclaré que les enfants consommaient de la drogue dans ce refuge, je pose la question autrement : est-elle consciente qu’ils consomment aussi des drogues synthétiques dans ce refuge ?
DPM : Chaque fois qu’il y a suspicion qu’un enfant consomme des drogues ou d’autres produits illicites, l’enfant est immédiatement conduit à l’hôpital pour des examens appropriés. Je peux en donner l’assurance.
Anquetil: Elle a déclaré plus tôt que le NCC gère l’abri du Cap de L’Espoir. Pourrait-elle dire à la Chambre si elle est satisfaite de la performance et du leadership du responsable du NCC ?
DPM: Je ne peux pas donner d’avis. C’est une question d’opinion.

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