Arianne Navarre-Marie, Deputy Prime Minister
« L’abus domestique doit être traité comme un comportement criminel grave »
Le gouvernement veut changer en profondeur les méthodes de combat contre les violences au sein du foyer. Présentant le Domestic Abuse Bill en deuxième lecture à l’Assemblée nationale, hier après-midi, la Deputy Prime Minister et ministre de l’Égalité des Genres, Arianne Navarre-Marie, a défendu un projet qu’elle qualifie de réponse aux failles du système actuel, en promettant une meilleure protection des victimes et des sanctions plus sévères contre les agresseurs.
Arianne Navarre-Marie a ouvert son discours par un hommage aux victimes de féminicides, évoquant notamment Sneha et Vanessa. « Ce projet de loi est un engagement collectif pour que plus jamais une femme ne soit conduite à la mort par celui qui prétendait l’aimer », a-t-elle déclaré. Insistant sur le fait que la violence domestique ne touche pas uniquement les femmes, elle a relevé que 3 049 cas ont été signalés entre janvier et mai 2026, dont 375 concernaient des hommes.
L’un des changements majeurs du projet de loi est justement l’abandon de la notion restrictive de violence domestique au profit de celle d’abus domestique. « Souvent, il n’y a pas de blessures visibles », explique Arianne Navarre Marie, estimant que les violences psychologiques, financières ou verbales provoquent des traumatismes aussi graves que les coups. Elle a également souligné qu’un nombre important de victimes ne réalisent pas qu’elles vivent sous l’emprise de leurs partenaires respectifs.
Elle s’est aussi alarmée du nombre de victimes qui retirent leurs demandes de Protection Order. De janvier à mai 2026, 95 des 477 demandes ont été abandonnées, généralement sous l’effet de la peur, de la dépendance financière ou de la pression familiale. Désormais, le retrait d’une demande pourra être examiné par le bureau du Directeur des Poursuites Publiques afin d’éviter de nouveaux drames.
Le texte de loi introduit également une série de mesures destinées à mieux protéger les victimes. Les tribunaux disposeront de sept jours, contre quatorze actuellement, pour examiner toute demande de protection. Les auteurs de violences pourront être exclus du domicile, afin que « la victime ne soit pas forcée à déraciner ses enfants en raison de la violence de son conjoint ». Le projet de loi prévoit aussi un suivi des auteurs, avec des programmes obligatoires de réhabilitation dans certains cas.
Illustrant la nécessité de cette réforme, la Deputy Prime Minister est revenue sur le meurtre de Sheena Buleeram, 24 ans, torturée pendant six heures, puis tuée par son époux, après avoir pourtant multiplié les signalements aux autorités. « La législation est importante, mais si son application ne se fait pas dans l’esprit de la loi, cela ne sert à rien », a-t-elle affirmé.
Le Domestic Abuse Bill renforce enfin les sanctions en cas de violation des ordonnances de protection, avec des peines pouvant aller jusqu’à dix ans de servitude pénale pour les récidivistes. « L’abus domestique est un crime et il sera puni en conséquence », a conclu Arianne Navarre-Marie.

