AVIATION — Rapport Kroll — MK : Les deals avec Airbus sous Sattar Abdoula Tainted

Deux réunions du Board d’Air Mauritius en une semaine pour décortiquer « with utmost seriousness » les dessous de la vente de 5 avions, la location de deux A330-200 et la commande d’un A359-900

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Les deals de vente et d’achat d’avions avec Airbus contractés par la compagnie aérienne nationale, Air Mauritius, sous la Voluntary Administration de Satar Hajee Abdoula entre 2020 et 2023, sont considérés comme étant Tainted. C’est ce qui découle des conclusions du Forensic Investigation Report de Kroll, soumis à la compagnie récemment, et qui a fait l’objet de deux réunions du Board d’Air Mauritius en moins d’une semaine, soit jeudi dernier et hier.

Ainsi, après délibérations, le conseil d’administration de la compagnie aérienne a entériné la décision de saisir les autorités compétentes, notamment la Financial Crimes Commission et la police pour des enquêtes sous les dispositions de la police et aussi d’avoir recours à des instances judiciaires pour des Civil remedies contre ces manquements et abus, reprochés en particulier Sattar Hajee Abdoula, l’homme à tout faire de l’ancien gouvernement Pravind Jugnuath, que ce soit au sein d’Air Mauritus ou encore de la State Bank of Mauritius, deux joyaux du secteur parapublic.

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En principe, les premières dépositions formelles à charge à la Financial Crimes Commission devront être consignées incessamment sous les directives du Board d’Air Mautitius. La teneur du Forensic Investigation Report de Kroll devra complémenter des informations déjà versées dans le dossier à charge à la Financial Crimes Commission compte tenu des échanges intervenus depuis la nomination de Kroll pour cette enquête.

Les conclusions de la Forensic Investigation de Kroll portent sur trois dossiers des plus sensibles, couvrant toute la période d’administration volontaire sous Sattar Hajee Abdoula : soit la vente de cinq appareils durant la période de l’administration volontaire en 2020-2021, dont deux Airbus A340-300, deux Airbus A319-100, et un Airbus A330-200, la location de deux Airbus A330-200 en 2022 ainsi que la commande d’un Airbus A350-900 supplémentaire en 2023.

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Dans un communiqué, émis hier soir, Air Mauritius souligne que le conseil d’administration considère les éléments soulevés dans le rapport « with utmost seriousness ». Afin de préserver les intérêts de la compagnie, il a décidé d’engager toutes les démarches jugées nécessaires et appropriées. Cette démarche devrait comprendre la transmission de certains dossiers aux autorités compétentes, y compris à la Financial Crimes Commission (FCC) et à la police. Air Mauritius envisage également d’engager toute procédure civile susceptible de protéger les intérêts de la compagnie, ainsi que des procédures disciplinaires conformément aux exigences légales.

Time Permitting, le dossier des scandales d’Air Mauritius au cours de la période noire de 2020 à 2023 pourrait être évoqué à l’Assemblée nationale lors du Priime Minister’s Question Time du jour. Le parlementaire de la majorité, Nitish Beejan, demandera au Leader of the House tous les détails sur ces deals et transactions opérés par l’administrateur au cours de la période susmentionnée.

Dans une précédente intervention au Parlement, Navin Ramgoolam, répondant à une Parliamentary Question de Manoj Seeburn, avait donné un avant-goût de ces dessous, soit
en juin 2021, la vente de deux A319-100 avec des pertes de Rs 338 100 000
en novembre 2021, la vente d’un A330-200 et un manque à gagner de Rs 637 000 000 enregistré, un accord de consignation avec une société privée pour une opération de cannibalisation de deux A340-300.

Pour cette dernière opération, la vente des pièces détachées de ces avions devait rapporter Rs 220 500 000. Ce montant a été ensuite réduit à Rs 151 900 000, Air Mauritius n’encaissant au final que Rs 83 300 000 aux termes d’un accord entre les parties.
Affaire à rebondissements à suivre…

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