CORPS PARAÉTATIQUES— STC : révocation du Board sur fond de crise de gouvernance

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Le Mauritius Labour Congress (MLC) pinte du doigt  la question du système de nominations dans les organismes publics.

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La crise qui secoue la State Trading Corporation (STC) a débouché sur une décision spectaculaire : la révocation de l’ensemble du conseil d’administration, suivie de la nomination immédiate d’un nouveau Board. Le ministre du Commerce, Michael Sik Yuen, reproche à l’ancienne équipe sa lenteur dans l’exécution des directives destinées à accroître les importations de produits essentiels et à lutter contre la cherté de la vie.

Depuis plusieurs mois, le gouvernement voulait voir la STC jouer un rôle plus offensif sur le marché des produits de première nécessité. L’objectif était d’augmenter les importations directes de certains produits alimentaires afin de stimuler la concurrence et, à terme, d’exercer une pression à la baisse sur les prix.

Des procédures ont ainsi été engagées pour plusieurs catégories de produits, notamment l’huile alimentaire, les conserves, le thon, les tomates et d’autres denrées de consommation courante. Mais leur mise en œuvre a pris du retard. Certains appels d’offres n’ont pas abouti aussi rapidement que souhaité, tandis que d’autres ont nécessité de nouvelles démarches.

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Pour le ministre du Commerce, cette lenteur était devenue incompatible avec l’urgence sociale créée par la hausse du coût de la vie. La STC devait, selon les orientations gouvernementales, agir davantage comme instrument d’intervention sur le marché et accélérer l’arrivée de produits proposés à des prix compétitifs.

Le retard dans les importations au cœur de la rupture

C’est précisément ce décalage entre les attentes du ministère et le rythme d’exécution de la STC qui a provoqué la rupture.

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Michael Sik Yuen a justifié la révocation du Board par le retard accumulé dans la mise en œuvre de ses directives. Il considère que la corporation n’a pas avancé avec suffisamment de rapidité dans sa stratégie d’importation destinée à soutenir le pouvoir d’achat.

La pression avait encore augmenté avec les difficultés ponctuelles rencontrées dans l’approvisionnement de certains produits essentiels, notamment le riz ration. Dans un contexte où la population est particulièrement sensible à la disponibilité et au prix des denrées de base, le ministère a voulu reprendre la main.

La question financière pèse également sur la STC. Outre sa mission d’approvisionnement, la corporation doit gérer des mécanismes complexes de stabilisation des prix, notamment dans le secteur pétrolier, tout en supportant les effets des fluctuations internationales et des politiques de subvention.

Le ministre frappe fort

La décision est tombée sans demi-mesure : l’ensemble du conseil d’administration présidé par le Dr Takesh Luckho a été révoqué.

Le Board comprenait notamment des représentants de plusieurs ministères et institutions publiques, parmi lesquels Latanraj Ghoorah, Manorama Mathur Dabidin, Marie Anne Janick Jaunbocus, Nunramsing Baichoo, Doumeraj Jahajeeah et Sandesh Kumar Seelochun. Les membres indépendants Suttyhudeo Tengur, Gunness Beedassee et Akmed Mohamed ont également quitté leurs fonctions.

Le ministre a parallèlement annoncé la suspension de quatre employés de la STC. Il n’est cependant pas établi que ces suspensions relèvent exactement des mêmes griefs que ceux formulés contre le conseil d’administration.

Le General Manager, l’ancien ministre Suren Dayal, est en revanche maintenu en poste. Michael Sik Yuen a précisé qu’il le reste « pour l’instant », laissant ouverte la possibilité d’autres décisions.

Cette distinction entre la révocation du Board et le maintien de la direction exécutive soulève toutefois des interrogations. Le conseil d’administration définit les grandes orientations et exerce la surveillance institutionnelle, tandis que la gestion quotidienne relève de l’administration.

Un nouveau Board installé immédiatement

Le gouvernement n’a pas laissé la STC sans direction. Un nouveau conseil d’administration a été constitué rapidement, sous la présidence de Jyh Guang, dit Gilbert, Shu.

La nouvelle équipe comprend des représentants de plusieurs ministères et organismes publics, ainsi que Jayen Chellum, secrétaire général de l’Association des consommateurs de l’île Maurice. La présence d’un représentant des consommateurs est présentée comme un signal de la volonté de recentrer davantage la STC sur la protection du pouvoir d’achat.

Le nouveau Board a pour mission de sécuriser l’approvisionnement du pays, d’améliorer l’efficacité opérationnelle de la corporation, de renforcer la gouvernance et d’accélérer les projets d’importation de produits essentiels.

Le ministre attend surtout des résultats rapides et visibles.

Au-delà du changement de Board, la nouvelle équipe devra désormais démontrer son efficacité.Le test sera concret : accélérer les importations, assurer une meilleure disponibilité des produits essentiels, réduire les délais de décision et surtout permettre à la STC de proposer des prix réellement compétitifs.

Le MLC dénonce le système de nominations

Pour le président du Mauritius Labour Congress, Haniff Peerun, la révocation du Board pose surtout la question des critères de nomination dans les organismes publics.

« Devons-nous continuer éternellement avec le même système de nomination dans les compagnies d’État ? », demande-t-il, estimant que la compétence, l’expérience et le mérite doivent primer sur la proximité politique.

Le MLC réclame ainsi davantage de transparence et de responsabilité dans la gestion des institutions publiques.

 

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