Droits de la nature — Rezistans ek Alternativ veut inscrire la protection de l’environnement dans la Constitution

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La question du « droit de la nature » était au cœur des discussions organisées durant la semaine par Rezistans ek Alternativ à la mairie de Port-Louis. La rencontre, qui a réuni différents acteurs de la société civile, avait pour objectif de réfléchir aux moyens de renforcer la protection juridique de la biodiversité et de déterminer comment ce nouveau principe pourrait être inscrit dans la Constitution mauricienne. Les propositions issues de la rencontre seront enrichies avant d’être soumises à la Constitutional Review Commission le 28 octobre.

Pour David Sauvage, membre de Rezistans ek Alternativ, l’enjeu actuel est précisément de réfléchir au « comment » de cette inscription constitutionnelle. Il rappelle que cette question s’inscrit désormais dans le cadre des travaux de la Constitutional Review Commission, chargée de préparer le dispositif législatif relatif à la réforme constitutionnelle. « Nous sommes dans le cadre de ces consultations publiques », explique-t-il. Le mouvement souhaite ainsi recueillir les propositions de différents acteurs de la société civile afin de parvenir à une réflexion commune sur la manière de définir et de garantir le droit de la nature à Maurice.

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David Sauvage replace cette démarche dans une perspective historique. Selon lui, la reconnaissance de ce droit est le résultat de « 16 ans de combat » mené par des militants écologistes. Plusieurs interrogations restent toutefois posées, notamment celle de l’intérêt public et du rôle que pourraient jouer les citoyens dans la protection du patrimoine naturel. L’une des pistes évoquées lors de la rencontre consiste à reconnaître aux citoyens un rôle de « gardiens bienveillants de la nature ». Il s’agirait de déterminer comment, dans le cadre d’une démocratie participative, les Mauriciens pourraient contribuer directement à la sauvegarde des « trésors vivants » du pays.

Cette réflexion devrait également être articulée avec les dispositifs légaux existants, notamment l’Environmentally Sensitive Areas Act (ESA Act). Pour Rezistans ek Alternativ, la protection de la nature ne peut toutefois pas reposer uniquement sur les institutions. « Les citoyens, c’est eux-mêmes les meilleurs gardiens de la nature », estime David Sauvage, qui évoque la nécessité de réfléchir à leur articulation avec les autorités locales et les différents ministères. Au-delà de la seule protection environnementale, les discussions ont également porté sur le modèle économique. Pollution et gestion des déchets renvoient, selon lui, à une question plus fondamentale qui est « Comment nous produisons, comment nous consommons. »

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Le droit de la nature s’inscrirait ainsi dans une réflexion de long terme sur les transformations nécessaires du modèle économique mauricien. L’objectif serait de parvenir à un modèle « plus respectueux » et « plus harmonieux » avec le patrimoine naturel du pays. Pour David Sauvage, cette évolution répond à un enjeu d’intérêt public, la nature constituant, selon lui, « un bouclier naturel » face à la crise écologique.

 

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