FMP — Chagos — Stratégie danoise: Bérenger et Burnham « on the same page »

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— Le leader du FMP avait devancé le PM britannique en évoquant cette option en septembre

Paul Bérenger, leader du Fron Militan Progresis(FMP), et le Premier ministre britannique, Andy Burnham, sont sur la même longueur d’onde quant à l’adoption de la stratégie danoise pour relancer les discussions autour de l’accord de 2025 sur les Chagos. Le leader du FMP l’a rappelé hier matin, lors de la conférence de presse de son parti : il avait évoqué cette option dès septembre, bien avant que le locataire du 10 Downing Street ne la suggère, cette semaine, dans la presse britannique et dans un communiqué officiel. Paul Bérenger a également réitéré son souhait de voir le Premier ministre, Navin Ramgoolam, et son gouvernement quitter le pouvoir dans les meilleurs délais. Il s’est toutefois gardé de donner son avis sur la personnalité qu’il jugerait apte à succéder à l’actuel chef du gouvernement.

L’actualité géopolitique a amené le FMP à se pencher sur le dossier des Chagos. D’un côté, selon Paul Bérenger, le tsunami des élections de mi-mandat (Mid-terms) aux États-Unis a favorablement changé la donne en termes de rapport de force avec le président américain, Donald Trump. Et de l’autre côté, le Premier ministre britannique, Andy Burnham, a publiquement déclaré, notamment dans The Economist — propos repris par The Guardian dans son édition de jeudi dernier — souhaiter « recast » l’accord entre Maurice et la Grande-Bretagne et relancer de nouvelles discussions entre les deux pays et les États-Unis, « modelled on America’s Greenland deal with Denmark ». De quoi nourrir l’optimisme quant à une reprise du dialogue autour de cet accord, qui a, entre-temps, pris un sacré coup de froid.

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« Nou pena drwa perdi letan »

Andy Burham a, selon Paul Bérenger, formulé les mêmes souhaits que lui, le 19 septembre dernier. En effet, lors d’une conférence de presse spécialement consacrée aux Chagos, le leader du FMP avait explicitement proposé que Maurice adopte la stratégie danoise, qui s’est avérée payante pour Copenhague dans la défense de sa souveraineté sur le Groenland face à Donald Trump.

« J’avais proposé la mise sur pied d’un High-Level Working Group réunissant la Grande-Bretagne, les États-Unis et Maurice, afin de revoir en détail l’accord de 2025 et de parvenir à une solution qui ne remette pas en question la souveraineté de Maurice sur les Chagos », a précisé Paul Bérenger. De plus, le communiqué de 10 Downing Street, publié au retour d’Andy Burnham du sommet du Commonwealth et faisant état de la position de son locataire sur sa volonté d’ouvrir la discussion, allait dans le même sens.

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« Le gouvernement, et le Premier ministre Ramgoolam en particulier, n’avaient certainement pas compris ce que j’avais suggéré à l’époque. Mais mieux vaut tard que jamais. À ce stade, Maurice ne doit pas laisser passer l’occasion d’atteindre le même résultat que le Danemark. Nou pena drwa rat sa lokazion-la. Nou pena drwa perdi letan », a martelé Paul Bérenger, d’autant que « le rapport de force avec Trump a (favorablement) changé. »

Ce dernier a également relevé la nomination, le 3 novembre dernier, d’un juge britannique d’origine nigériane à la Cour internationale de Justice, où aucun juge britannique ne siégeait depuis 2018. Une nomination loin d’être anodine à ses yeux. Ce juge avait en effet soutenu la position de Maurice dans le dossier relatif à sa souveraineté sur les Chagos en 2019.

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GM : « Il faut une nouvelle équipe »

Ce mardi, a fait remarquer Paul Bérenger, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, sera absent des travaux parlementaires. Le chef du gouvernement se rendra à Paris, à l’invitation du président français, Emmanuel Macron, dans le cadre du Sommet de la paix. Toutefois, selon le leader du FMP, l’absence du Premier ministre à l’Assemblée nationale, alors que le pays traverse une période de turbulences, est malvenue. Entre l’ampleur du trafic de drogue, dans lequel seraient impliqués des éléments de la police et de la National Coast Guard, et la « disparition » de quelque 3 000 travailleurs étrangers à Maurice, Navin Ramgoolam, lui, est hors du pays.

« Sel travay parlaman mardi se vot enn lalwa an first, second ek third reading ! » Ce sera un projet de loi rafistolé, le Mauritius Telecom Foundation Bill, présenté avec un certificat d’urgence et ayant pour seul « object » l’introduction de deux bourses supplémentaires.

« C’est tant mieux que les jeunes puissent bénéficier de deux bourses supplémentaires. Mais, quoi qu’il en soit, elles ne seront pas financées par les fonds de Mauritius Telecom, qui engrange des milliards de roupies de profits, mais par les contribuables. Cette loi est toutefois bâclée », a dénoncé Paul Bérenger.

Par ailleurs, il a annoncé qu’une question parlementaire serait adressée ce mardi par la députée du FMP, Joanna Bérenger au sujet de l’expertise singapourienne attendue dans le cadre de la gestion de la crise hydrique qui frappe actuellement le pays.

Paul Bérenger est également revenu sur une autre absence du Premier ministre, cette fois sur la scène internationale, en septembre dernier, lors de la rencontre de l’Alliance of Small Island States (AOSIS), à New York. Alors que Navin Ramgoolam avait brillé par son absence, Maurice a perdu son leadership au sein de ce forum, a rappelé le leader du FMP.

C’est dans cette optique que Paul Bérenger, ancien Deputy Prime Minister, a émis un avis qu’il réitère régulièrement ces derniers temps : « Le plus tôt possible, il faut une nouvelle équipe gouvernementale, avec un nouveau Premier ministre, un vice-Premier ministre, un ministre des Finances à plein temps, un ministre de l’Intérieur responsable de la police et de la lutte contre la drogue, ainsi qu’un nouvel Attorney General. Le pays ne s’en portera que mieux. »

Pour lui, la situation sociale est particulièrement tendue et risque de dégénérer à tout moment. « Je ne suis pas peureux, mais très inquiet pour le pays », a-t-il déclaré, sans pour autant révéler qui serait susceptible de succéder à Navin Ramgoolam.

Baboolall :  « Nouvo problem, nouvo lalwa »

De son côté, le leader de l’opposition, Chetan Baboolall, a lancé un appel au Directeur des Poursuites publiques (DPP) pour qu’il publie un communiqué officiel sur l’état d’avancement des enquêtes entourant les décès de Soopramanien Kistnen et de Pravin Kanakiah, ancien Procurement Officer au ministère des Finances.

Le corps sans vie de ce dernier avait été découvert en décembre 2020 à Gris-Gris. À l’issue de l’enquête judiciaire menée au tribunal de Souillac, la magistrate avait relevé de fortes présomptions de foul play (acte criminel), a rappelé Chetan Baboolall. Après deux années au pouvoir, le gouvernement n’a pas tenu nombre de ses promesses, a-t-il également déploré. Parmi elles, la lutte contre la drogue et l’arrestation des barons du trafic.

« Ti dir ou pou bes kou lavi. Me zordi kan nou gete inflasion preske 5%. Kafouyaz dan tink delo. Ti promet ou lazistis sosial, me kriz sosial pe fer ravaz partou. Se enn gouvernman ki pe bouz fix. Lalwa lor lalwa pe pase me lavi bann Morisien pa pe améliore (…) Kouma gagn nouvo problem ou trouv pe amenn nouvo lalwa (…)ti kapav met lalwa teroris lor zanfan. Le gouvernement n’est pas venu pour servir la population, mais pour se servir de la population », a déploré le leader de l’opposition.

Il a également dénoncé « l’opacité » entourant le Mauritius Telecom Scholarship Bill. Alors qu’une seule bourse avait été annoncée le 9 octobre dernier, le projet de loi en prévoit désormais deux, a-t-il fait ressortir. Des questions parlementaires sur ce dossier sont à l’agenda, a indiqué Chetan Baboolall.

Seed Production Center : dysfonctionnements

De son côté, Joanna Bérenger a soulevé des dysfonctionnements au sein du département de l’horticulture, de l’agronomie et de la production de semences du ministère de l’Agro-industrie. Selon elle, la production de semences de pommes de terre à Maurice représente une activité économiquement viable. Pourtant, seulement 58% des terres relevant de ce département seraient actuellement exploitées. Au Seed Production Centre de Roche-Brunes, ce taux serait encore plus faible, avec seulement 19% des terres mises en valeur.

Pour la députée, les ressources foncières et les infrastructures du ministère de l’Agro-industrie ne sont pas exploitées à leur plein potentiel. Elle a notamment évoqué la liste des bénéficiaires des terrains agricoles du département de production de semences à Roche-Brunes, qui dispose de 29 arpents sous bail. En novembre 2025, 12 arpents auraient ainsi été attribués à la compagnie Earth Rise Farm Ltd. Or, selon Joanna Bérenger, le directeur de cette société aurait déjà bénéficié d’autres terrains agricoles, notamment à Palma et sur une superficie de six arpents à Bambous. Elle a également fait ressortir que ce dernier ne serait pas un petit planteur.

La députée a ainsi soulevé la question de la vocation première du département de production de semences : doit-il mettre à profit ses terres et ses infrastructures pour produire des semences à moindre coût au bénéfice du ministère et des petits planteurs, ou ces ressources sont-elles utilisées à des fins privées ?

Joanna Bérenger estime qu’une meilleure exploitation des centres de production de semences aurait permis au ministère de produire des semences de qualité, accessibles aux petits planteurs. Une démarche qui aurait également contribué à réduire les coûts de production agricole et, à terme, à alléger la facture des consommateurs.

 

 

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