L’abandon familial ne doit plus être considéré comme un simple drame privé. C’est le message que lance l’ONG FAM : Fam An Mars, qui vient de finaliser sa Charte nationale contre l’abandon familial après plusieurs semaines de consultations. Remis aux plus hautes autorités de l’État, le document formule une série de recommandations destinées à renforcer la protection des femmes, des enfants, des personnes âgées et des familles vulnérables.
Après plusieurs semaines de consultations menées à la suite du Symposium national sur l’abandon familial, organisé le 13 mai dernier à la municipalité de Port-Louis, l’ONG FAM : Fam An Mars a achevé la rédaction de la Charte nationale contre l’abandon familial. Présentée comme un document de référence, celle-ci ambitionne d’inscrire cette problématique au cœur des politiques publiques et de renforcer la protection de la famille, de l’enfant et de la dignité humaine.
Fruit des échanges tenus lors du symposium, la Charte rassemble les recommandations formulées par des représentants du gouvernement, de la magistrature, des institutions religieuses, de la société civile ainsi que des citoyens ayant participé aux travaux.
Au-delà des discussions institutionnelles, les témoignages de survivantes de l’abandon familial, notamment Rachel Ah Poa, Sylviane Brunchault, Reshmee Boodhram et Zafirah Boodhoo, ont marqué cette journée. Selon les organisateurs, leurs récits ont mis en lumière les conséquences humaines, sociales et psychologiques de ce phénomène, tout en soulignant les limites des mécanismes actuels de protection.
La Charte avance plusieurs propositions jugées structurantes. Elle préconise notamment la reconnaissance du mariage comme un contrat civil de responsabilité et de dignité, la création d’une Unité nationale de protection familiale, le renforcement des dispositifs d’accompagnement des femmes, des enfants et des familles vulnérables, une réforme des mécanismes liés aux pensions alimentaires ainsi que l’instauration d’un programme national obligatoire de préparation au mariage. Elle recommande également une plus grande place accordée aux valeurs humaines et familiales dans le système éducatif, de même qu’un renforcement de la protection et de la prise en charge des personnes âgées victimes d’abandon.
Le document a été remis à la Deputy Prime Minister et ministre de l’Égalité des Genres et du Bien-être de la Famille, Arianne Navarre-Marie, à l’Attorney General, Gavin Glover, ainsi qu’au président de la république, Dharam Gokhool. Pour l’ONG, cette démarche vise à replacer la dignité, la responsabilité familiale et la protection de l’enfant au cœur des politiques publiques et du débat national, tout en suscitant l’adoption de mesures concrètes face à un phénomène qui fragilise de nombreuses familles mauriciennes.
FAM : Fam An Mars affirme que l’abandon familial « ne peut plus être considéré comme une affaire privée, mais comme une question nationale touchant à la justice sociale, à l’égalité et à la stabilité de la République. Nous avons écouté. Il est désormais temps d’agir, afin qu’aucun enfant ne soit abandonné, qu’aucune femme ne soit expulsée et qu’aucune famille ne soit privée de dignité dans la République de Maurice », a souligné le mouvement.

