Capitaine de l’industrie : Changement à la tête du groupe ENL

En 40 ans de service, le CEO en partance a transformé l’entreprise familiale en un groupe prospère

Le 30 juin a marqué un tournant dans l’histoire du groupe ENL, et l’émotion était au rendez-vous pour de nombreux employés, avec Hector Espitalier-Noël occupant son bureau de Chief Executive Officer pour la dernière fois. Il a en effet fait ses adieux à tout le staff du groupe ENL, basé au Head Office, au Vivea Business Park, à l’occasion de son départ à la retraite.

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Hector Espitalier-Noël

ENL s’est restructuré, s’est modernisé et s’est diversifié, sous la houlette d’Hector Espitalier-Noël, transformant l’entreprise familiale – alors essentiellement sucrière – en un des plus importants conglomérats du pays. Il passe le témoin à son frère, Gilbert Espitalier-Noël, jusque-là CEO du groupe hôtelier New Mauritius Hotels.

« Je suis heureux et honoré de la confiance que le conseil d’administration a placée en moi. ENL est aujourd’hui un groupe diversifié, avec des assises solides, un bilan sain et des équipes compétentes. J’ai hâte de poursuivre l’excellent travail abattu jusqu’à présent », explique le nouveau CEO d’ENL. Gilbert Espitalier-Noël était jusqu’ici un membre non exécutif du conseil d’administration.

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De 2007 à 2015, il a occupé le poste de CEO d’ENL Property et avait posé les bases de ce qui est aujourd’hui la Smart City de Moka. C’est aussi sous son leadership que l’emblématique Bagatelle Mall est sorti de terre et a commencé à opérer. C’est encore sous sa direction générale qu’ENL Property a construit la toute première marina résidentielle du pays à La-Balise, Rivière-Noire.

Après avoir démarré sa carrière au sein du groupe Eclosia, dont il était le Chief Operations Officer, Gilbert Espitalier-Noël a lancé le pôle immobilier d’ENL, en 2007. Il a quitté ENL Property en 2015 pour prendre la direction de New Mauritius Hotels, autre compagnie associée du groupe.

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Il a mené une importante restructuration de ce fleuron de l’hôtellerie mauricienne afin de moderniser ses structures et assainir son bilan. Son mandat à la tête de NMH a été marqué par les deux années de fermeture des frontières du pays pour cause de pandémie. En dépit de ces défis, il a réussi à redresser le groupe hôtelier, qui termine l’année financière en cours avec de bons résultats.

« Je me considère avant tout comme un homme d’opérations. C’est ce qui me passionne. L’une de mes priorités à ENL sera de m’assurer que toutes les opérations du groupe soient excellentes du point de vue opérationnel. Je vais aussi beaucoup m’attacher à promouvoir les synergies entre nos différentes filiales. Je suis convaincu que nous pouvons créer beaucoup plus de valeur en travaillant mieux ensemble », dit Gilbert Espitalier-Noël. Âgé de 59 ans, il est titulaire d’un Master of Business Administration de l’INSEAD, d’un BSc de l’Université de Cape Town et d’un BSc (Hons) de la Louisiana State University.

Hector Espitalier-Noël laisse derrière lui un bel héritage constitué d’actifs solides et d’équipes compétentes. Son leadership à la tête d’ENL a façonné l’empreinte économique et sociale du groupe, tandis que sa vision stratégique et sa force de caractère ont permis à celui-ci de se développer et de prospérer de manière soutenue.

Ayant rejoint l’entreprise familiale, Espitalier-Noël Ltd, en 1984, il met ses compétences d’expert-comptable au service de la société. Trois ans plus tard, il est propulsé au poste de CEO à la suite du décès de son père. Il a alors à peine 30 ans. À l’époque, l’industrie sucrière, pilier historique d’ENL, fait face à des défis majeurs et demande des réformes en profondeur. Hector Espitalier-Noël s’implique activement dans la transformation du secteur au niveau national, travaillant en étroite collaboration avec les pouvoirs publics en sa capacité de président ou membre d’institutions telles que le Syndicat des Sucres et la défunte Mauritius Sugar Producers’ Association.

Il participe ainsi à l’élaboration d’un nouveau modèle sucrier pour le pays. Celui-ci préconise des mesures telles que la retraite volontaire pour redimensionner la main-d’œuvre, la centralisation des usines pour réduire le coût de la transformation de la canne et la production d’électricité à partir de la bagasse pour ajouter de nouveaux flux de revenus. Un nouveau cadre légal est également introduit pour permettre la mise en œuvre de ces mesures.

En parallèle, il porte toute son attention à l’actionnariat d’ENL dans Rogers. Il assume la présidence du conseil d’administration de ce fleuron de l’économie et participe activement à son développement. Il est notamment impliqué dans la création de Cim Finance et œuvre à une séparation à l’amiable avec le groupe Taylor Smith – partenaire d’ENL dans la holding de Rogers – pour prendre le contrôle du groupe.

Son investissement personnel au sein du groupe Rogers amène le CEO d’ENL à s’intéresser de près à l’hôtellerie, notamment en sa capacité de président de New Mauritius Hotels, entreprise créée à la base par Rogers. Il développe une profonde conviction dans le potentiel de ce secteur à générer une croissance soutenue pour le pays et pour ENL. Le groupe augmente sa participation dans le capital de NMH et en devient l’actionnaire de référence.

En parallèle, il explore toutes les avenues susceptibles d’avoir un impact positif sur la trésorerie d’ENL. Ainsi, General Investment and Development Company, rebaptisée ENL Commercial, gagne du terrain, développant un portefeuille de marques prestigieuses : automobile, courrier express, matériaux de construction, fabrication de lunettes pour l’export, etc.

Dès les années 1990, il négocie des permis de conversion de terres agricoles en espaces aménageables. En 1999, ENL se voit confier la gestion de la Compagnie sucrière de Bel-Ombre par Rogers. Il saisit l’occasion pour proposer une nouvelle vocation à cette région excentrée et essentiellement agricole. Il négocie la fermeture de l’usine et entreprend de développer une offre touristique intégrée, positionnant Bel-Ombre comme une destination premium, authentique et proche de la nature.

Le plan est ambitieux et le potentiel touristique de Bel-Ombre ne fait pas l’unanimité parmi les ténors du secteur. Mais le CEO d’ENL y croit et se bat pour sa réalisation. Riche de l’expérience réussie à Bel-Ombre, il préside à la naissance en 2007 de la Smart City de Moka. Par la même occasion, il œuvre à réunir les conditions nécessaires à la création du pôle immobilier d’ENL.

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