Des boulettes et plaques éparses d’hydrocarbures ont été observées cette semaine sur plusieurs portions du littoral mauricien, notamment dans le Sud-Est. Le phénomène, constaté dans un premier temps à Pointe d’Esny mercredi, a depuis fait l’objet de nouvelles inspections des autorités sur différents sites côtiers. Si aucune nappe ou aucun film d’hydrocarbures n’a été détecté dans le lagon de Pointe d’Esny, des résidus solides ont bien été retrouvés sur le rivage.
Des officiers du ministère de l’Environnement ainsi que de la Police de l’Environnement étaient présents à Pointe d’Esny mercredi pour évaluer la situation. Ils n’ont constaté aucune présence visible d’un film ou d’une nappe d’hydrocarbures dans le lagon.
En effet, les boulettes retrouvées sur la plage seraient, selon les informations recueillies par les autorités, susceptibles de provenir de rejets d’eaux de cale ou de ballast contaminées par des résidus d’hydrocarbures provenant de navires circulant sur l’autoroute maritime au large de la zone. Sous l’action des vagues, ces résidus peuvent progressivement se solidifier avant d’être ramenés vers le rivage sous forme de petites boulettes ou de plaques. Le ministère souligne par ailleurs que ce type de phénomène n’est pas nouveau dans cette partie de l’île et a déjà été observé par le passé.
Une présence confirmée sur plusieurs kilomètres
Une nouvelle évaluation du littoral menée vendredi 4 septembre a permis de constater que les résidus ne se limitaient pas à la seule plage de Pointe d’Esny. À marée basse, les équipes du ministère ont procédé à des inspections sur plusieurs portions du littoral, avec l’appui notamment de la National Coast Guard (NCG) et de la Special Mobile Force (SMF).
À Pointe d’Esny, sur une distance d’environ un kilomètre, une moyenne de dix boulettes d’hydrocarbures tous les 100 mètres a été relevée. Les résidus ont été collectés par les équipes de la SMF. Une concentration similaire a été observée sur le tronçon reliant Blue Bay à Pointe d’Esny, sur environ 1,5 kilomètre, où une moyenne de dix boulettes tous les 100 mètres a également été recensée. Au total, environ trois kilogrammes de déchets contaminés, constitués de boulettes d’hydrocarbures mélangées à du sable, ont été collectés sur ces deux sites.
D’autres dépôts ont également été signalés plus à l’est. Selon les informations communiquées par la National Coast Guard, environ 50 kilogrammes de dépôts d’hydrocarbures avaient été collectés vendredi matin au niveau de Grand-Port et du quai de Bois des Amourettes. Ces déchets ont été placés dans des fûts fournis par Polyeco et stockés au poste de la NCG de Blue Bay.
Les inspections menées sur d’autres secteurs du littoral ont donné lieu à des observations plus ponctuelles. À Poste La Fayette, trois boulettes mesurant entre deux et trois centimètres ont été retrouvées et collectées. Aucune boulette n’a en revanche été observée à Bras d’Eau. Près du Fisheries Post de Poste de Flacq, deux boulettes ont été découvertes et ramassées. À Belle Mare, devant le Long Beach Hotel, 16 boulettes ont également été collectées. Malgré ces observations, aucune odeur de fioul lourd (HFO) n’a été signalée lors des opérations d’évaluation du littoral.
La SMF mobilisée pour le nettoyage
La prise en charge de ces résidus s’inscrit dans le cadre du National Oil Spill Contingency Plan (NOSCP), le Plan national de contingence contre la pollution par hydrocarbures. Selon ce dispositif, la Special Mobile Force est chargée des opérations de nettoyage du littoral lorsqu’un tel incident est constaté.
Une équipe de la SMF avait ainsi été dépêchée à Pointe d’Esny à la suite des premières observations afin de procéder à la collecte des boulettes de fioul. Les déchets récupérés doivent être acheminés vers le centre de stockage des déchets dangereux de La Chaumière, où ils seront pris en charge en vue d’une élimination sécurisée.
Les opérations de collecte se sont poursuivies vendredi sur les différents sites concernés, en coordination avec les services environnementaux et la National Coast Guard. L’objectif est notamment d’éviter que les résidus ne restent sur le littoral ou ne soient dispersés davantage par les marées et les mouvements de la mer.
Les autorités maintiennent par ailleurs une surveillance de la situation. Un nouveau suivi du littoral s’est tenu, hier à marée basse par les officiers du ministère de l’Environnement mobilisés à cet effet. La Special Mobile Force demeure également en état d’alerte afin d’intervenir pour de nouvelles opérations de nettoyage si cela s’avère nécessaire.
Pour l’heure, les observations effectuées par les autorités font état de dépôts solides épars sur plusieurs portions du littoral, sans signalement d’une nappe d’hydrocarbures visible dans le lagon de Pointe d’Esny. Le suivi des prochains jours permettra de déterminer si de nouvelles boulettes sont ramenées sur les côtes et si le phénomène se poursuit ou tend à se résorber.

