ÉDUCATION | Marche de sensibilisation Le collège Saint-Joseph se mobilise contre le Bullying

Diana Ami-Lepois (présidente de la PTA) :

- Publicité -

« La foudre nous est tombée dessus, nous avons tiré des leçons »

– Kerenza Martial (Acting Rector) :

- Publicité -

« Le plus douloureux, ce sont ceux qui voient et détournent le regard »

Un mois après un grave incident de harcèlement scolaire, le collège Saint-Joseph a organisé, jeudi, une marche dans les rues de Curepipe. L’objectif étant de sensibiliser sur ce phénomène et en même temps, de se relever après ce moment difficile vécu par l’ensemble de la communauté scolaire. Parents, membres du personnel, Old Boys, élèves du collège et d’autres établissements de la ville, ainsi que les ministres Ajay Gunness et Michaël Sik Yuen, entre autres, ont marché pour faire part à leur opposition au harcèlement en milieu scolaire.

- Advertisement -

Cette marche de sensibilisation a été organisée par la Parents-Teachers’ Association du collège Saint-Joseph. Diana Ami-Lepois, la présidente, explique : « Il y a eu un problème au collège qui a fait la Une des journaux. Nous, les parents d’élèves, nous ne sommes pas restés insensibles à cela. En tant que parents, c’est primordial que nos enfants soient en sécurité. C’est pour cela  que la PTA a organisé cette marche pour montrer que le Saint-Joseph ne cautionne pas ce genre d’attitude et que nous aussi, en tant que parents, nous sommes très concernés. » Le harcèlement scolaire atteint les enfants dès le cycle primaire. D’où l’importance de la sensibilisation. « Malheureusement, le Saint-Joseph a été aussi touché par ce phénomène. Depuis les événements, nous avons apporté tout notre soutien aux victimes et nous travaillons en collaboration avec les autorités et apportons notre soutien au collège », indique-t-elle ? Diana Ami-Lepois met l’accent sur l’importance de la sensibilisation et l’urgence de prendre les mesures appropriées après les récents incidents. « La foudre nous est tombée dessus. Nous avons tous été choqués, que ce soit les élèves, les parents, le personnel, le SeDEC, les Old Boys. L’île entière est tombée sur le Saint-Joseph. La marche d’aujourd’hui, c’est pour montrer que nous savons nous relever et sortir la tête hors de l’eau. Nous sommes toujours fi ers de ce collège. Ce ne sont pas les enseignants, ni la direction, qui ont demandé le bullying. Cela arrive partout », poursuit-elle. Selon elle, l’ensemble de la communauté scolaire a tiré es leçons et vient avec des solutions. « Cette marche, c’est pour dire haut et fort que nous ne cautionnons pas le bullying au Saint-Joseph. En tant que parents, nous voulons que tous nos enfants viennent à l’école en sécurité et qu’ils vivent leur expérience scolaire dans la joie et la paix. Le Saint-Joseph n’est pas le premier collège, ni le dernier, à être affecté par le

bullying », concède-t-elle.

Kerenza Martial, Acting Rector du Saint-Joseph, a abondé dans le même sens. « Nous sommes heureux que les parents nous soutiennent. Nous voulons surtout dire aux jeunes qui sont dans ces situations-là, de venir vers nous, les adultes. Bien souvent, on apprend cela après coup. »

Souvent, poursuit-elle, la violence ne commence pas à l’école, mais dans la société, à la maison, dans la rue. « Nous voulons la paix et l’harmonie au Saint-Joseph. Nous disons

toujours aux élèves que s’ils ont besoin d’un espace pour s’exprimer, ils peuvent se tourner vers des enseignants qui ont été formés pour cela. Surtout au niveau de la détresse émotionnelle », précise-t-elle. Kerenza Martial attire aussi l’attention sur le fait que certains enfants viennent de milieux diffi ciles, avec des parents séparés, notamment. « Ils n’arrivent pas à gérer cette situation-là seuls. Nous sommes là pour les écouter et les soutenir. Notre marche pacifi que dit non à la violence et au harcèlement. Nous voulons que les élèves puissent grandir et évoluer dans un environnement sain », laisset- elle entendre.

Depuis les incidents du mois dernier, relève-t-elle, les élèves ont eu un encadrement : « Cela a toujours été le cas ici. Toutefois, on ne peut être partout à la fois. Nous ne pouvons non plus avoir un membre du personnel sur le dos de chaque élève. Et puis, il faut aussi accorder

un minimum de liberté aux élèves. Malheureusement, on a profi té de cette situation. » S’adressant aux participants à la marche, l’Acting Rector a fait ressortir que le harcèlement n’est pas une plaisanterie, mais détruit l’estime de soi. « Des moqueries répétées blessent jour après jour. Il y a des regards qui excluent, des gestes qui humilient, des messages qui continuent à faire souffrir, jusque dans l’intimité de la maison. Le plus douloureux, c’est le silence de ceux qui

voient et qui détournent le regard. » Cette marche, a-t-elle poursuivi, est l’occasion de faire un choix. « C’est un choix qui ne demande pas de grands discours, mais beaucoup de courage. À ceux qui souffrent en silence, je dis que vous n’êtes pas seuls. Vous n’êtes pas le problème. Vous n’êtes pas trop sensibles. Ce que vous vivez est grave. Votre souffrance mérite

d’être entendue, comprise et accompagnée. » À ceux qui assistent à ces situations sans intervenir, elle a réitéré qu’ils ont le pouvoir de changer les choses : « Un mot, un geste, une main tendue, un signal donné à un adulte : voilà le véritable courage. » Et ceux qui blessent, sans mesurer les conséquences de leurs actes, elle les a invités à trouver le courage d’arrêter.

« Interrogez-vous. Choisissez d’être meilleurs aujourd’hui, qu’hier. Nous croyons tous

en votre capacité à devenir la meilleure version de vous-mêmes. »

De même, a ajouté Kerenza Martial, cette marche n’est pas pour fuir ou pour accuser, mais

pour construire. « Chaque pas dira à ceux qui souffrent : vous n’êtes pas seuls. Chaque pas

dira à la communauté que notre collège choisit le respect, plutôt que la violence ; la solidarité

plutôt que l’exclusion ; la bienveillance plutôt que l’indifférence. » Elle a également mis en

exergue la cause : « Nous marchons pour que chaque élève puisse venir au collège sans peur, pour que la cour de récréation puisse redevenir un lieu de joie, où chacun trouve sa place. Nous affi rmons ensemble que le silence n’est plus une option et que la bienveillance n’est pas une

faiblesse. Personne ne mérite d’affronter la violence seul. Ensemble, nous pouvons faire la différence. Nous marchons la tête haute, le coeur ouvert, avec la conviction que chacun de nous peut contribuer à faire de l’école un lieu plus humain, plus fraternel, pas seulement pour nous, mais pour toutes les autres communautés scolaires de l’île. »

Vince Amboule (Head Boy) :

« Brisons le silence ! »

« Ce cas de bullying au collège est un incident qui nous a marqués. En tant qu’une communauté, affecter l’un d’entre nous, c’est affecter nous tous en même temps. Nous voulons montrer notre solidarité joséphienne et dire qu’il n’y a pas de différence entre nous. Nous invitons ceux qui souffrent à ne pas rester dans le silence. Il faut pouvoir en parler. Nous

espérons qu’à travers cette marche, nous pouvons aider ceux qui souffrent à travers

le pays, à briser le silence. « Depuis les malheureux événements, les membres du Student Council et moi-même sommes allés vers les élèves, surtout les plus timides, pour leur faire

comprendre que s’il y a un problème, il faut en parler. Nous voulons que tous les élèves se sentent en sécurité ici. Nous voulons aussi dire à l’île Maurice entière que nous sommes tous une même famille. Il n’y a pas de plus grands, plus petits. Personne n’a le droit de profi ter de la

faiblesse d’un autre. »

Ajay Gunness (ministre des Infrastructures publiques) :

« Le GM est sensible à ce problème »

« Je félicite le collège Saint-Joseph pour cette initiative. Il n’y a pas de place pour le bullying à l’école. Il y a de la place pour la camaraderie, pour la collaboration. Cette sensibilisation est très importante. Un enfant victime de bullying peut être traumatisé pour la vie. Il faut mettre un frein à cela. Apprenons à développer l’entraide et privilégions l’amitié à l’école. « Le gouvernement est conscient de ce problème. Le budget 2026-27 prévoit une campagne de sensibilisation contre le bullying. Nous ne sommes pas insensibles à cela. C’est pour cela que je suis là, pour montrer notre solidarité. »

EN CONTINU
éditions numériques