ÉDUCATION — Mineurs et violence — Âge pénal : pour un juste milieu entre protection et responsabilité

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Un responsable éducatif : « Ce qui se passe avec les mineurs dans le pays est la transposition de ce que nous vivons déjà dans les collèges »

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Alors que le débat est engagé sur l’abaissement de l’âge pénal de 14 ans à 12 ans, un responsable éducatif attire l’attention sur la situation dans les collèges. L’indiscipline et le bullying sont des situations avec lesquelles les chefs d’établissement doivent composer régulièrement, sans pouvoir toujours agir, en raison de nombreuses restrictions. Il plaide pour l’abaissement de l’âge pénal à 12 ans, avec un accent sur la réhabilitation. Parallèlement, estime-t-il, le gouvernement doit être plus sévère dans le combat contre la drogue, et plus particulièrement envers ceux qui utilisent les enfants comme « jockey ».

« Ce qui se passe avec les mineurs dans la rue est la transposition de ce que nous vivons déjà dans les collèges depuis un certain temps. » Tel est le constat d’un responsable dans le secteur éducatif, qui plaide pour un juste milieu entre la protection de l’enfance et la responsabilité. « Il ne faut pas basculer dans l’autre extrême concernant la Child Protection. Dans les établissements secondaires, par exemple, il nous est très difficile d’agir, quand nous avons un cas de Child Beyond Control », dira ce même responsable.

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D’après ce dernier, il est limité dans les actions, car il faut respecter les dispositions de la Child Act. « Et puis, vous aurez toujours les psychologues qui viendront vous dire que c’est contre les droits de l’enfant. Il faut un juste milieu. Protéger c’est bien, mais à un certain moment, il faut aussi appliquer la responsabilité », affirme-t-il.

Ce responsable s’est dit en faveur de l’âge pénal à 12 ans. « Il est temps d’agir. Nous avons trop laissé pourrir la situation. Je ne suis pas en train de dire qu’il faut envoyer les jeunes de 12 ans en prison, mais ils doivent aller en réhabilitation. Peut-être qu’il faut rouvrir le RYC, mais avec un bon encadrement. » Ce dernier a parlé également de l’existence de gangs dans certains collèges : « Si nous ne faisons rien maintenant, demain, il sera trop tard. » Et ce, avant d’ajouter que plusieurs pays, dont le Royaume-Uni, le Canada, les Pays-Bas, la France, le Maroc, fixent le seuil de la responsabilité pénale à 12 ans ou 10-12 ans. « Être tenu pénalement responsable à 12 ans ne signifie pas faire de la prison. Il faudra orienter ces jeunes vers des centres de réhabilitation, avec des mesures de probation et de suivi », a-t-il mis en exergue.

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Il estime que si Maurice abaisse l’âge à 12 ans, pour rester conforme à la Convention relative aux Droits de l’Enfant, le gouvernement devrait prendre certaines dispositions. Soit, assurer de fortes garanties sur le discernement ; avoir la preuve que l’enfant a compris que l’acte était gravement répréhensible, maintenir une séparation stricte d’avec le système judiciaire pour adultes, accorder priorité à la déjudiciarisation, à la justice réparatrice et aux mesures de réhabilitation plutôt qu’aux peines privatives de liberté ; et aussi, ne pas appliquer l’abaissement pour toutes les infractions, mais uniquement pour les infractions graves, comme le font certaines juridictions.

De telles dispositions légales, avance cet élément du secteur éducatif, permettront aussi aux responsables d’établissement d’agir lorsqu’ils se retrouvent face à des enfants hors de contrôle. « Je suis triste que nous en soyons arrivés là. Le but n’est pas de briser l’avenir de ces enfants, mais de les réhabiliter. Autrement, à long terme, cela deviendra plus grave. Si la loi est plus sévère, cela permettra également à nos écoles et collèges de retrouver la sérénité », a-t-il dit.

De même, a fait ressortir ce responsable éducatif, le gouvernement devra mettre les bouchées doubles pour remédier au problème de drogue. « Aujourd’hui, on se sert de nos enfants comme jockeys. Auparavant, les jeunes allaient travailler dans les magasins pendant les vacances pour se faire un peu d’argent. Aujourd’hui, ils sont recrutés comme jockey. C’est de l’argent facile. Va-t-on continuer à tolérer cela ? », s’est demandé ce dernier.

 

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