EN MARGE DE LA COP 31 : Maurice lance sa mobilisation face à l’urgence climatique

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Le compte à rebours est enclenché. À quelques mois de la COP31, prévue en novembre en Turquie, Maurice entame des consultations nationales pour définir les positions qu’elle défendra lors de ce grand rendez-vous international sur le climat. Cependant, pour le ministre de l’Environnement, Rajesh Bhagwan, l’enjeu ne se résume pas aux négociations diplomatiques. « Les effets du dérèglement climatique sont déjà visibles à Maurice. Il suffit de constater l’érosion des plages comme à Albion et Flic-en-Flac », a-t-il averti.

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Rajesh Bhagwan a procédé au lancement du processus de préparation à Ébène, hier. Pêcheurs, planteurs, populations côtières et acteurs économiques sont déjà confrontés aux conséquences d’un climat qui se dérègle. L’érosion du littoral, la dégradation des récifs coralliens et la multiplication des phénomènes climatiques extrêmes constituent autant de menaces pour une île dont une partie importante de l’économie repose sur son environnement naturel et son attractivité touristique.

La protection du littoral, la préservation des ressources naturelles, la sécurité hydrique et l’adaptation aux événements climatiques extrêmes figurent parmi les priorités identifiées. « Maurice saura faire entendre sa voix au COP 31. Elle est une voix forte et respectée », avance Rajesh Bhagwan.

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Le gouvernement entend également investir davantage dans la protection des côtes et la résilience accrue du pays. Mais ces ambitions ont un coût. Pour les petits États insulaires, qui sont parmi les plus exposés aux conséquences du changement climatique alors qu’ils disposent de moyens financiers limités, l’accès aux financements internationaux demeure crucial. Maurice compte donc faire de la question du financement climatique un des dossiers majeurs à défendre lors de la COP31. « Nous allons nous battre pour obtenir des financements auprès de gros États », affirme le ministre de l’Environnement. Et ce, avant de faire comprendre que pour obtenir ces financements, « Maurice doit mettre en place des projets valables et durables ».

Rajesh Bhagwan veut toutefois éviter que la préparation de la COP31 reste confinée aux bureaux du ministère. Le gouvernement souhaite recueillir les propositions des pêcheurs, planteurs, organisations non gouvernementales, acteurs du secteur privé, institutions, jeunes, entre autres citoyens.

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Le département consacré au changement climatique et le Climate Change Committee seront également mis à contribution afin de centraliser les différentes propositions et de construire une position nationale
En ce qui concerne les attentes du COP31, le ministre Bhagwan a évoqué des engagements concrets. « L’antagonisme entre les pays producteurs de pétrole et les pays qui voulaient une feuille de route claire pour sortir progressivement des énergies fossiles. Il y a toujours beaucoup de choses qui divisent dans les sommets sur le climat ; Mais malgré les différences, les divisions ? Si on veut vraiment faire quelque chose pour cette planète, il n’y a pas d’autre chemin. Il faut apprendre à dépasser nos différences. Il faut une gouvernance mondiale qui soit à la hauteur. Et en dépit des progrès parfois lents, sommet après sommet, il y a quand même des choses qui donnent de l’espoir. La résolution, portée avec courage par le Vanuatu et adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 20 mai dernier sur la justice climatique, en fait partie », dit-il encore.

Par ailleurs, la situation des ressources en eau illustre de manière concrète de la vulnérabilité du pays. Lors de son intervention, la Junior Minister à l’Environnement, Karen Foo Kune, a fait ressortir que Maurice est actuellement confrontée à un stress hydrique préoccupant. Le principal réservoir du pays, Mare-aux-Vacoas, se situe à moins de 40 % de sa capacité, alors qu’il affichait environ 90 % à la même période l’année dernière. La-Nicolière connaît, elle aussi, une baisse importante, avec un niveau d’environ 45 %.
Karen Foo Kune souligne la nécessité d’impliquer davantage la jeunesse. « Le gouvernement travaille notamment à la reconstitution du National Youth Environment Council, qui devrait servir de plateforme pour permettre aux jeunes de faire entendre leurs idées et de participer aux réflexions sur l’avenir environnemental du pays », fait-elle comprendre.

Par ailleurs, la Junior Minister estime que la transformation écologique passe aussi par des changements dans les habitudes quotidiennes comme consommation plus responsable, réduction du gaspillage, utilisation optimale des ressources et adoption de modes de vie plus durables.

Pour Karen Foo Kune, Maurice ne peut cependant pas attendre les conclusions de la COP31 pour commencer à transformer son modèle de développement. « La consultation nationale doit certes permettre de préparer la position du pays à l’international, mais l’urgence impose d’agir dès maintenant », a-t-elle conclu.

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