Environnement | Calodyne/Grand-Gaube:  Eco-Sud s’interroge sur la traçabilité des roches et la protection du patrimoine

Le collectif citoyen de Calodyne et Grand-Gaube annonce le soutien de l’ONG Eco-Sud aux démarches entreprises pour alerter sur des activités d’extraction de roches (rock quarrying) observées dans la région, leurs impacts environnementaux et leurs conséquences sur la qualité de vie des habitants, mais surtout sur les questions qu’elles soulèvent quant au respect des autorisations et procédures applicables.
Des images aériennes récemment publiées par Eco-Sud mettent en évidence l’étendue des zones affectées par la disparition progressive de reliefs naturels dans la région de Calodyne. Le collectif indique également que l’ESA Study de 2009 identifie, dans la région nord-est incluant Calodyne et ses environs, des zones de pentes modérées (« ESA Slope »). Selon cette étude, les interventions mal planifiées sur de telles pentes peuvent accroître les risques d’érosion, de glissement de terrain et d’instabilité, tout en affectant la qualité des paysages et de la biodiversité. Pour les habitants, cet élément renforce l’urgence de vérifier les autorisations, licences EIA et mesures de protection applicables aux sites concernés.
Sébastien Sauvage, directeur d’Eco-Sud, déclare que « les images aériennes montrent bien plus que des excavations. Elles montrent la disparition progressive d’un patrimoine naturel qui appartient à tous les Mauriciens. Il faut que les lois existantes soient appliquées, que les autorisations requises soient vérifiées et que les sites concernés fassent l’objet de contrôles nécessaires. La protection de notre environnement n’est pas seulement une responsabilité des autorités ou des citoyens. C’est une responsabilité collective. »
Après une lettre ouverte adressée il y a deux semaines aux entreprises de concassage de la région, le collectif a cette semaine adressé un deuxième courrier directement aux membres de leurs conseils d’administration ainsi qu’à leur association professionnelle la Building Materials Manufacturers Association (BMMA).
Cette démarche vise à attirer leur attention sur les enjeux de traçabilité des roches, de protection de l’environnement, de santé publique et de préservation du patrimoine naturel mauricien.
À la suite de la première communication, une seule entreprise a pris contact avec les représentants du collectif. Les habitants tiennent à saluer son professionnalisme, son ouverture au dialogue et sa volonté de mieux comprendre les préoccupations exprimées dans la région.
Cette entreprise a depuis effectué une visite de terrain avec des représentants des habitants pour constater de visu l’ampleur des dommages environnementaux dénoncés et d’échanger directement avec les résidents concernés.
Pour les habitants, la question demeure simple : quelles garanties permettent aujourd’hui de s’assurer que des roches issues d’activités d’extraction réalisées sans les autorisations requises ne puissent pas, directement ou indirectement, intégrer les circuits commerciaux ?
Malgré les interventions récentes des autorités et les mesures déjà prises sur certains sites, dont notamment un Stop Order émis par le ministère de l’Environnement, les habitants indiquent continuer à observer dans la région des activités qui soulèvent des interrogations quant à leur nature et au cadre réglementaire applicable.
Ils affirment continuer à solliciter différentes autorités afin d’obtenir des éclaircissements et indiquent ne pas toujours parvenir à obtenir des réponses claires leur permettant de comprendre les autorisations ou procédures applicables.
Les nuisances liées au bruit, à la poussière et aux travaux continuent également d’affecter le quotidien de nombreuses familles. Plusieurs habitants font également état d’un climat persistant de tension et de crainte.
Un représentant du collectif citoyen souligne que « depuis près de vingt ans, des habitants tirent la sonnette d’alarme. Notre démarche n’est dirigée contre aucune entreprise de concassage en particulier ni contre le développement. Nous demandons simplement que les lois existantes soient appliquées et que les principes de responsabilité, de transparence et de respect de l’environnement guident l’ensemble des acteurs concernés. Nous remercions EcoSud pour son soutien ainsi que l’entreprise qui a accepté de venir constater la situation sur le terrain. Ce qui est en jeu dépasse largement nos villages. Il s’agit d’une forme d’écocide qui devrait interpeller tous les Mauriciens. »
Le collectif, avec aujourd’hui l’appui d’Eco-Sud, poursuivra ses démarches auprès des autorités, des entreprises concernées par ce secteur d’activités, et de toutes les parties prenantes susceptibles de contribuer à des solutions responsables.

EN CONTINU
éditions numériques