GM Business – Budget 2026-27 : Fronde des syndicalistes appelant au boycott des consultations

Pas de rencontre prébudgétaire en l’absence du Premier ministre et ministre des Finances, Navin Ramgoolam »

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Les représentants des centrales syndicales ont décidé de boycotter la réunion prévue ce jeudi avec le Junior Minister, Dhaneshwar Damry, dans le cadre des consultations pré-budgétaires. Cette décision commune a été prise à la suite d’une concertation entre les dirigeants syndicaux hier en marge d’une rencontre avec le ministre du Travail et des Relations industrielles, Reza Uteem.

Le président du Mauritius Labour Congress (MLC), Haniff Peerun, maintient que c’est le Premier ministre, Navin Ramgoolam, qui aurait dû présider ces consultations pre-budgétaires en tant que ministre des Finances. « Lorsqu’un ministre est absent du pays ou souffrant, c’est un ministre suppléant qui assure l’intérim. Ainsi, la GWF-CSG Solidarité, la Confédération des Travailleurs des Secteurs Public et Privé (CTSP), le MLC et la NTUC ont pris une décision commune de ne pas être présents à la réunion convoquée dans le cadre des préparatufs budgétaies de ce jeudi », fait-il comprendre.

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« Le Premier ministre a déjà dit qu’un budget très dur nous attend et le ministre du Commerce, Michael Sik Yuen, a déjà indiqué que les prix continueront d’augmenter. Qu’allons-nous faire lors d’une rencontre avec le Junior Minister ? », a-t-il ajouté.
Pour le président de la General Workers Federation (GWF), Clency Bibi, « il est inélégant de faire présider ces consultations par un Junior Minister. Les présidents des fédérations ne peuvent pas aller rencontrer un Junior Minister alors que le pays fait face à de nombreux problèmes, tels que l’inflation, le manque de contrôle sur les devises et la hausse des tarifs de l’électricité, qui entraînera une cascade d’augmentations des prix. Il aurait été décent de la part du Premier ministre, également ministre des Finances, de venir rencontrer les dirigeants syndicaux, car nous représentons la voix des travailleurs. Le Premier ministre doit comprendre qu’une crise sociale pourrait émerger. »

« L’année dernière, le Premier minstre avait présidé une première réunion, puis a laissé la tâche au Junior Minister de poursuivre. Nous avons ensuite eu une mauvaise surprise avec la BRP à 65 ans. Il n’est pas question de rencontrer le Junior Minister. C’est comme si un président français se déplaçait à Maurice sans rencontrer Navin Ramgoolam, mais uniquement son Junior Minister », ajoute-t-il.

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Le président de la CTSP, Reeaz Chuttoo, affirméeque tous les syndicats ont déjà soumis leurs propositions budgétaires. « L’année dernière, nous avons eu une mauvaise surprise. Après nos interventions, nous avons demandé au Junior Minister s’il souhaitait des clarifications. Il a simplement ajusté sa cravate et répondu non. Nous avons donc décidé de “fermer l’école”. Nous ne sommes pas là pour enseigner. Si le ministre des Finances souhaite nous rencontrer, nos portes sont ouvertes. Au cas cas contraire, il devra rendre des comptes au peuple », prévien-t-il.

Le président de la National Trade Union Confederation (NTUC), Narendranath Gopee, a indiqué que le gouvernement doit réaliser que les consultations prébudgétaires ont une portée nationale. « Il est inacceptable qu’un gouvernement qui se dit responsable de mette à notre disposition un Junior Minister. C’est une insulte à la classe syndicale et Navin Ramgoolam doit rectifier le tir. Les consultations avec les syndicats concernent les travailleurs et l’ensemble de la population », estime-t-il.

Du côté du ministère des Finances, on laisse entendre qu’une nouvelle rencontre avec les dirigeants syndicaux sera reprogrammée.

Par ailleurs, Dhaneshwar Damry, a donné, hier, le coup d’envoi des consultations prébudgétaires avec des représentants de coopératives, de petites et moyennes entreprises (PME) et de start-ups, dans le cadre du budget 2026-27. A l’issue de la réunion, il a indiqué que, cette fois-ci, il y a une innovation avec des consultations en petits groupes.
« Cela nous permet de mieux discuter et de mieux comprendre la réalité du terrain. C’est très important, car un budget est élaboré pour soulager la population et résoudre les problèmes des citoyens. Il faut d’abord situer le contexte du budget tout en tenant compte de l’héritage qui nous a été légué: une dette de 90 %, alors que le gouvernement travailliste avait laissé un niveau de 60 % en 2014. Nous étions sur la bonne voie pour réduire la dette, autour de 88 %. Nous étions et restons dans la bonne direction, mais la guerre a changé la donne : les prix ont flambé », a-t-il dit.

Il fait comprendre que dans le cadre de cet exercice budgétaire, le ministère des Finances doit trouver un équilibre entre trois éléments : les revenus, notamment les taxes, la protection sociale, en ciblant les plus vulnérables, et la relance de l’économie.
« Nous voulons créer de l’emploi, promouvoir un progrès inclusif, améliorer le système de santé, l’éducation, les infrastructures routières, ainsi que la disponibilité de l’eau et de l’électricité. Tout cela doit se faire dans un contexte où les auditeurs sont satisfaits de notre performance financière, ce que nous appelons la stabilité macroéconomique. C’est dans ce cadre que nous avons lancé ces consultations budgétaires », a-t-il expliqué.
« Lorsque nous présenterons les conclusions au Premier ministre, il disposera de toutes les données pour préparer le budget de juin prochain. Chaque fois que Maurice a fait face à des difficultés, c’est en travaillant comme un seul peuple, dans l’unité et la solidarité, que nous avons réussi à nous relever », est-il d’avis.

Lors de la rencontre d’hier, les représentants des coopératives ont exprimé leurs préoccupations face aux incertitudes actuelles, notamment liées à la crise au Moyen-Orient. Ils ont fait état de difficultés affectant les coopératives agricoles : le coût élevé des engrais, la pénurie de main-d’œuvre, les ressources en eau limitées et les effets du changement climatique.

Ils ont mis l’accent sur la nécessité de dynamiser la production locale et de promouvoir l’agriculture biologique afin de réduire la dépendance sur les importations. L’importance d’encourager les jeunes à s’engager dans les secteurs coopératif et agricole a également été mise en avant. Des propositions telles que la création d’une coopérative nationale et d’une banque coopérative pour faciliter leurs opérations ont été évoquées.
De leur côté, les représentants des PME et des start-ups ont plaidé pour le maintien du Programme national d’incubateurs de PME, qui soutient les entreprises innovantes grâce à un accompagnement, au mentorat et à une aide financière.

Ils ont également abordé la nécessité de renforcer les partenariats public-privé afin de créer un environnement propice à l’innovation et à l’entrepreneuriat, dans le but de positionner Maurice comme un pôle d’excellence en matière de technologie en Afrique.

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