La délicate intervention chirurgicale, pratiquée par une équipe de 13 médecins spécialistes venus spécialement de l’Inde, avait débuté vers les 17 heures à l’hôpital Jeetoo. Vers 22 h, hier, un des médecins concernés devait quitter l’amphithéâtre pour informer une des proches d’Elodie Thomas, âgée de 27 ans, mère d’un enfant de deux ans, blessée dans la nuit de vendredi à samedi à Camp-Levieux par l’arme de service d’un Trigger-Happy Sergeant, que la balle logée à la nuque a été extraite avec succès. Ce fut un véritable ouf de soulagement pour les proches présents à l’hôpital Jeetoo, dont son époux Jonathan Thomas, et ceux qui n’avaient pu faire le déplacement. Toutefois, la prudence était de mise alors que l’intervention était On-Going. Elle n’aura pris fin que vers les 22 heures 30. La balle avait été enlevée vers les 21 h 45.
Auparavant, soit en début d’après-midi, recevant la délégation de médecins indiens au Prime Minister’s Office, le chef du gouvernement, Navin Ramgoolam, avait fait état de sa confiance dans le dénouement positif de la délicate mission qui leur a été confiée. Il devait aussi saisir cette occasion pour mettre en garde la population contre de viles manœuvres visant à saper la paix publique sur le terrain. « Ena dimounn pe rode explwat sa sitiasion-la olie pans ka sa madam-la ek so ti-zanfan ek so misie », devait-il faire comprendre dans une déclaration à la presse.
Dans la nuit d’hier à ce matin, le ministre de la Santé, Anil Bachoo, qui a suivi les différentes étapes du traitement médical administré à Elodie Thomas depuis samedi dernier, a confirmé dans un Post Facebook la réussite de l’équipe médicale en enlevant la balle logée entre la nuque et la mâchoire de la patiente. Toutefois, il devait préciser que « nous restons prudemment optimistes. » Le ministre a basé son Post sur la base d’un rapport médical détaillé de l’équipe soignante à la suite de l’intervention chirurgicale extrêmement complexe pratiquée.
« The doctors have confirmed that the bullet was successfully removed from Elodie’s jaw, despite its extremely delicate position near major blood vessels and important nerves. The surgical team carefully protected these vital structures throughout the operation. They also successfully realigned and reconstructed her fractured jaw using special surgical plates, while avoiding injury to the bones of her neck », soutient le ministre de la Santé.
La communication officielle fait également état qu’une trachéotomie — une petite ouverture dans le cou permettant de faciliter la respiration — également réalisée pour garantir la sécurité de ses voies respiratoires pendant les soins postopératoires. « Cela représente une avancée importante dans le traitement d’Élodie. Cependant, elle n’est pas encore hors de danger et continue de nécessiter des soins médicaux intensifs et une surveillance étroite », ajoute-t-il.
Le Premier ministre, qui demeure profondément préoccupé, a été informé de cette étape. « Je souhaite exprimer une nouvelle fois ma sincère gratitude à nos spécialistes mauriciens et indiens, aux équipes d’anesthésie et de soins intensifs, ainsi qu’à l’ensemble du personnel médical, technique et de soutien, dont le dévouement et l’étroite collaboration ont rendu possible cette opération extrêmement difficile. Nous restons prudemment optimistes. Continuons à garder Élodie dans nos pensées et nos prières alors qu’elle traverse les prochaines étapes de son rétablissement », a conclu Anil Bachoo.
Dès l’arrivée des médecins indiens à Maurice en début d’après-midi, ces derniers ont procédé à une évaluation approfondie de l’état d’Elodie Thomas avant toute intervention. C’est ce qu’avait indiqué Navin Ramgoolam, avec à ses côtés le ministre Bachoo, et Jonathan Thomas, l’époux de la victime, à l’issue de sa rencontre avec les spécialistes indiens au PMO. Il avait mis l’accent sur la nécessité de ne prendre aucun risque susceptible d’aggraver l’état de la jeune femme. Il a notamment rappelé un principe fondamental en médecine, « First, do no harm ». Il maintient que cet incident n’aurait jamais dû se produire et lance un appel au calme après le coup de feu qui a grièvement blessé Élodie Thomas à Camp-Levieux, vendredi dernier. « Seki inn arive pa ti bizin arive », ajoute-t-il.
Navin Ramgoolam a souligné qu’il ne s’agissait pas uniquement de procéder à une intervention chirurgicale, mais aussi d’assurer un suivi médical adéquat par la suite. « Ziska ler se vre ki li paret ki bal la inn tous so bann Cervical Bone, pa paret ena gro domaz lorla », devait-il poursuivre.
Navin Ramgoolam a mis en garde contre toute tentative d’attiser la situation autour de cette affaire. « Mo lans enn apel o kalm. Ena dimounn pe rod eksplwat sa sitiasion olie pans sa madam-la, ek enn ti-zanfan ek so misie, ek sey trouv bann solision, ena pe rod anflam kikzoz. Li malere me li koum sa », s’insurge-t-il, faisant comprendre que « sakenn va pran so responsabilite. Mwa mo an sarz enn pei. Nou pa kapav les enn pei derive par enn tipwagne dimounn. Li pa akseptab. »
Jonathan, l’époux d’Élodie Thomas : « Pli inportan se mo madam retourn lakaz, so tifi pe atann li »
Jonathan Thomas a également participé à cette rencontre avec la presse d’hier après-midi au Prime Minister’s Office. « Pli inportan pou mwa se mo madam retourn lakaz ; so tifi pe atann li », a-t-il dit, exprimant sa satisfaction quant à la prise en charge jusqu’ici de son épouse et aux plans d’interventions établis. Il a remercié les autorités, le Premier ministre lui-même, et les ministres, ainsi que tous ceux qui ont apporté leur soutien. Il a aussi exprimé sa gratitude envers son employeur pour sa compréhension, ainsi qu’envers l’équipe de Winners, et la population dans son ensemble.
Il a fait état de l’importance de la foi et indique qu’au lieu d’entrer dans un affrontement ou de manifester, la priorité absolue est de garder le calme. Pour conclure, il demande de laisser la justice faire son travail en toute transparence et affirme suivre la situation de très près, exprimant sa confiance envers les autorités.

