À l’occasion de la Journée internationale des testeurs, ELCA Mauritius a réuni des représentants du gouvernement, du monde académique, des organismes professionnels, du recrutement et de l’industrie technologique autour d’un AI Think Tank consacré à l’impact de l’intelligence artificielle sur les métiers du test logiciel, de l’assurance qualité et, plus largement, sur la compétitivité numérique de Maurice.
La rencontre s’est tenue en présence d’Avinash Ramtohul, ministre des TIC, ainsi que de représentants de l’Université de Maurice, de l’Université de Technologie, de l’Open University, de Middlesex University et de l’Outsourcing and Telecommunications Association of Mauritius, entre autres.
Bruno Lenain, Head of Operations d’ELCA Mauritius, s’est appesanti sur la nécessité d’une réflexion collective face à l’accélération de l’adoption de l’IA. « Malgré notre expertise ici à ELCA Mauritius dans le domaine de l’IA, et c’est quelque chose dont je suis fier, nous ne pouvons pas relever seuls les défis que pose cette révolution. C’est pourquoi nous avons souhaité réunir les différents acteurs de l’écosystème afin de réfléchir ensemble aux compétences et aux métiers de demain », a-t-il expliqué.
L’entreprise dispose déjà d’un niveau d’intégration élevé de ces technologies. Plus de 60 % de ses collaborateurs disposent ainsi d’une licence Claude ou Copilot et utilisent ces outils au quotidien, un taux qui continue de progresser. Par ailleurs, 100 % des projets intègrent désormais l’IA, à différents niveaux de l’organisation, y compris dans les fonctions de management.
Le ministre Ramtohul a, de son côté, présenté l’IA comme un levier de productivité plutôt que comme un remplacement systématique de l’humain. « L’IA ne va pas forcément remplacer l’humain d’une façon absolue. Elle va accompagner l’humain et l’aider à devenir plus productif », a-t-il déclaré. Certains travaux répétitifs peuvent être confiés à l’IA, mais « tout le temps, il est important qu’on ait un Human on the Loop pour prendre des décisions, dépendant de la sensibilité de la décision ». Pour le ministre, cette évolution doit permettre de faire « more with less time », tout en maintenant une responsabilité humaine dans les décisions.
Cette approche rejoint les enjeux abordés lors du Think Tank, notamment autour de l’évolution des métiers du test logiciel et de l’assurance qualité. Anjoshni Seevathian, Lead QA Engineer chez ELCA Mauritius, a présenté les applications concrètes de l’IA dans ces domaines et la manière dont elle peut contribuer à améliorer la qualité, la productivité et l’efficacité des équipes.
Avinash Ramtohul a également élargi la discussion aux enjeux de confiance et de responsabilité liés aux contenus générés par l’IA. Il a évoqué le Content Credentials and Provenance Association (CCPA), une initiative réunissant de grandes entreprises technologiques autour de la traçabilité et de la provenance des contenus numériques. « Quand on génère des éléments à travers l’IA, qu’il s’agisse de médias, de vidéos, etc., il y a une nécessité de connaître qui en est l’auteur », a-t-il expliqué. Selon lui, développeurs comme utilisateurs doivent assumer une part de responsabilité face aux impacts positifs ou négatifs des contenus produits par l’IA. Le gouvernement a ainsi engagé des discussions avec l’ambassade des États-Unis afin d’examiner les possibilités de collaboration autour de cette initiative.
Sur le plan de la transformation numérique publique, il a également défendu le choix d’une approche davantage centralisée avec la Super App gouvernementale Korek, destinée à regrouper les services publics. D’après lui, on avait développé trop d’applications distinctes, parfois peu utilisées, au détriment d’une utilisation efficace des fonds publics. Il a notamment cité 189 cas de fuites d’eau traitées directement via Korek et environ 330 000 transactions réalisées sur l’application SAP.
Les échanges de l’AI Think Tank ont finalement souligné l’importance d’une coopération étroite entre universités, recruteurs, entreprises technologiques, organismes professionnels et pouvoirs publics pour anticiper les besoins en compétences. ELCA Mauritius prévoit de consolider les recommandations issues de la rencontre et de les partager avec les différentes parties prenantes.
Fondée en 2018 et basée à Moka, ELCA Mauritius est une filiale du groupe suisse ELCA, actif dans l’informatique depuis 1968 et comptant plus de 2 200 employés. L’entreprise intervient notamment dans le développement logiciel, l’intégration de systèmes et le conseil technologique, en s’appuyant sur des équipes mauriciennes et suisses.

