La faculté d’Agriculture de l’Université de Maurice (UoM) a marqué la Journée mondiale de la Sécurité alimentaire, mercredi, avec un atelier de travail d’une demi-journée. Les différentes interventions à cette occasion ont essentiellement porté sur l’importance de la sécurité alimentaire, de même que la nécessité de respecter les normes standards d’hygiène dans la chaîne de production, de distribution et de consommation des aliments.
Vincent Degert, ambassadeur de l’Union européenne (UE) a été très direct : « la situation de la sécurité alimentaire est alarmante à Maurice ! Les enfants et les seniors sont les plus exposés et affectés car ils sont les plus vulnérables. L’eau potable non-filtrée, les aliments appelés communément Street Food ainsi que des produits alimentaires dans certains commerces sont exposés dans des conditions souvent inappropriées et pendant de trop longues durées. Ce qui provoque, chez ces personnes, des maladies telles la diarrhée, des intoxications alimentaires multiples, voire même des cancers. »
Il a souligné qu’il était « important d’éduquer les Mauriciens sur les risques qu’ils encourent en consommant du Street Food ». Il est urgent d’inclure la sécurité alimentaire en priorité dans nos agendas ». Il a salué l’initiative de l’atelier de travail qui « permet de prendre conscience des problèmes existants, par le biais des partages d’expérience et de savoir. C’est également une possibilité de prendre des mesures pour remédier aux failles identifiées ».
Celine Lemmel, cheffe de mission de l’International Organization for Migration, a abondé dans le même sens, réitérant le fait que « unsafe foods contain harmful bacteria. Ce qui entraîne, également, le cercle vicieux des maladies et de la malnutrition, affectant nombre d’enfants et de vieilles personnes ».
Pour sa part, Faizal Jawaheer, consultant en hygiène alimentaire, avance : « Il n’y a pas de sécurité alimentaire sans sécurité sanitaire. La sécurité alimentaire est directement liée à la réalisation d’un grand nombre d’objectifs de développement durable. L’opinion publique doit effectivement absolument être sensibilisée, afin de faire naître l’envie d’agir pour prévenir, détecter et gérer les risques subséquents ». Il a ajouté qu’il était « impératif d’impliquer les enfants dans ce processus. Back to basics : small changes will bring the change ».
Parmi d’autres sujets évoqués lors de cet atelier de travail d’une demi-journée : les normes alimentaires qui sauvent des vies et renforcent la confiance des consommateurs; le cadre réglementaire sur la sécurité alimentaire à Maurice; les normes Codex qui garantissent la sécurité sanitaire des aliments à Maurice; le traitement thermique qui contribue à la sécurité sanitaire; le rôle du Mauritius Standards Bureau (MSB) pour assurer la sécurité alimentaire et la sécurité alimentaire dans l’industrie touristique.
Le Dr Jean-Claude Autrey, chancelier de l’Université da Maurice, a tenu à saluer tous les participants aux activités marquant cet événement. La faculté d’Agriculture de l’UoM a bénéficié de la collaboration de l’UE, des firmes Princes Tuna (Mauritius) Ltd et de Moroil Ltd ainsi que de l’association Farmers in Agriculture, Livestock, Cooperative and Organic Network (FALCON) pour l’organisation de cette activité placée sous le thème Food standards save Lives.
Étudiants primés
Dans le cadre de la tenue de cette activité de la faculté d’Agriculture de l’UoM, une trentaine d’étudiants ont été récompensés. En effet, ces jeunes avaient participé à une série d’activités en marge de l’atelier de travail, nommément la formation des différents partenaires concernés, un forum jeunes, un quiz sur l’hygiène et la sécurité alimentaire ainsi que la réalisation d’une vidéo sur le sujet. Cette initiative touchait essentiellement les étudiants, mais aussi des chercheurs scientifiques, entrepreneurs, consommateurs, professionnels, acteurs du secteur de l’hôtellerie et la restauration, consultants et policy makers. Une mini-expo sur l’hygiène, sécurité et équilibre alimentaires, était également au programme.

