Le tournage du long-métrage sur Lal Pasina, sur lequel travaille Madhukar Verma, CEO de Seeta Films and TV Production PVT Ltd, devrait débuter à la fin de l’année. C’est ce qu’il a indiqué au Mauricien à l’occasion du lancement de la version anglaise du roman du prolifique auteur mauricien, le défunt Abhimanyu Unnuth, par le président de la République, Pradeep Roopun, samedi dernier au Mahatma Gandhi Institute (MGI) à Moka. Blood-red sweat, traduit de l’hindi Lal Pasina par Rashi Rahotgi, est paru en Inde en mai dernier.
Au Mauricien, le CEO Verma devait indiquer qu’il a découvert Abhimanyu Unnuth alors qu’il n’avait que 11 ou 12 ans. C’était à travers un de ses écrits, publié dans un magazine pour enfants. « C’était une histoire tellement émouvante que cela m’avait donné la chair de poule », affirme-t-il. À l’époque, dit-il, il ne savait pas qu’il s’appelait Abhimanyu Unnuth.
L’histoire était signée “A Mauritian writer”. En grandissant, ajoute-t-il, il est devenu scénariste. « Je connaissais l’histoire de Maurice de manière succincte mais au moment où j’ai commencé à travailler sur ce projet, je me suis documenté davantage. »
Ainsi, M. Verma a fait deux lectures du roman. D’abord en le lisant comme un roman ensuite, comme un livre d’Histoire. « La perspective est différente dès lors qu’on change notre lecture », insiste-t-il en soulignant qu’il a pris une dizaine de jours pour redécouvrir le roman d’un point de vue historique. « I felt like a girmitya. I would feel the pain. It was not a story, I was part of the story and that was the change in perspective : I am one among the girmitya, my brother was thrown in the ocean. » Selon Madhukar Vermar, le film mettra en scène « a human story ». « It is going to be the story of a man who travelled and he is a girmitya. But it is not a girmitya story », précise-t-il.
M. Verma affirme que 95% du long-métrage sera tourné à Maurice, et 5% en Inde, à Kolkota. Lui-même et son équipe sont à Maurice pour un repérage des lieux. « The shooting will start by the end of the year », a-t-il dit. Lors de son intervention, plus tôt, il a indiqué que « le scenario est presque prêt ».
Pour sa part, Sachin Jootun, directeur de la Mauritius Film Development Corporation, a indiqué que « le tournage embarquera à la fois Mauriciens et Indiens dans cette aventure mais aussi des Français et des Anglais ».
Quant au président de la République, il s’est appesanti sur la vie d’Abhimanyu Unnuth. Un des faits majeurs portés par cette trilogie, c’est qu’« elle évoque une histoire contemporaine, que beaucoup de Mauriciens encore vivants ont connue ». Et de faire ressortir : « Il ne s’agit pas d’une réalité historique qui date de 100 ans. » Tout en concédant qu’il ne lit pas l’hindi et par conséquent n’a pas eu l’occasion d’apprécier ses écrits littéraires, M. Roopun note qu’il a pris connaissance de la quintessence du roman et qu’il a eu l’honneur de rencontrer Abhimanyu Unnuth, chez lui à Triolet peu de temps avant qu’il ne tire sa révérence. Il a rappelé qu’il a reçu une distinction nationale pour sa contribution à la littérature en 2018.
La deuxième secrétaire (culture et langue hindi) de la Haute commission indienne à Maurice, Sunita Pahuja, et le directeur du Mahatma Gandhi Institute/Rabindranath Tagore Institute (MGI/RTI), Rajcoomar Rampertab, ont également pris la parole à cette occasion. Le lancement de Blood red sweat a eu lieu en présence de la famille d’Abhimanyu Unnuth.
Abhimanyu Unnuth est un des plus grands écrivains que Maurice ait produits avec plus de 70 publications à son actif. Romancier, poète et dramaturge, il était aussi un observateur aguerri de la société mauricienne et était un correspondant régulier et de longue date du journal Le Mauricien. Lal Pasina a paru en langue hindi en 1977. En 2001, le roman est sorti en version française et cette année, en version anglaise.

