La mémoire de l’esclavage et la question de la dignité ont été au centre du lancement du nouvel ouvrage d’Alain Romaine, lundi en début de soirée dans les locaux de l’Institut Cardinal Jean Margéot. Des personnalités publiques – dont l’évêque de Port-Louis, Mgr Jean-Michaël Durhône, le vice-président de la république, Robert Hungley, Patrick Belcourt ainsi que de nombreux membres du public – ont fait le déplacement pour prendre connaissance des conclusions des travaux de recherches, consacrés aux traces laissées par l’esclavage dans la société mauricienne.
Chercheur en anthropologie créole et en mémoire de l’esclavage dans l’océan Indien, le Père Alain Romaine, qui est également le secrétaire de la Conférence des Evêques de l’Océan Indien, propose une réflexion sur les stigmates d’un passé qui continue de marquer les générations. Intitulé autour de « Les Noms de la Honte » et « Les Souliers de l’Abolition », le livre revient sur les conséquences de l’esclavage sur les noms, la mémoire familiale et la dignité des descendants d’esclaves.
À travers ses recherches, le Père Romaine met en lumière la manière dont l’humiliation et les blessures liées à l’esclavage ont pu se transmettre au fil des générations. Mais son travail ne se limite pas au constat historique. Il s’intéresse également aux chemins de la réhabilitation et à la reconstruction d’une mémoire fondée sur la dignité.
« Un soulier. C’est parfois tout ce qui reste d’un homme rendu à sa dignité. »
Le Morne Brabant, symbole majeur de la mémoire de l’esclavage à Maurice et inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, occupe également une place importante dans la réflexion proposée par l’auteur.

