Présentée comme une priorité nationale, la stratégie Law and Order repose sur un investissement de Rs 14,2 milliards destiné à soutenir les opérations de sécurité et à renforcer les capacités de la Mauritius Police Force.
Parmi les mesures phares figurent Rs 125 millions pour moderniser la flotte de véhicules de police et Rs 531 millions pour l’achat d’équipements supplémentaires, avec l’objectif d’améliorer la réactivité des unités sur le terrain et leur capacité d’intervention face aux nouvelles menaces.
Le gouvernement annonce également la création de la National Crime Agency (NCA), soutenue par une enveloppe de Rs 200 millions. Cette nouvelle structure est appelée à transformer l’approche de la lutte contre le crime à Maurice en renforçant la coordination, l’efficacité des enquêtes et les moyens d’action contre les réseaux organisés.
Sur le terrain, la police veut renforcer sa présence auprès de la population. La stratégie de Community Policing sera revue avec la mise en place d’un réseau de Neighbourhood Officers chargés de maintenir un contact direct avec les familles, les jeunes et les citoyens afin de prévenir la consommation de drogue et détecter plus rapidement les problèmes sociaux.
En parallèle, les forces de l’ordre, incluant la Special Mobile Force, intensifieront leurs opérations contre plusieurs formes de délinquance comme les vols, rallyes illégaux, paris clandestins, nuisances publiques et autres activités criminelles. Le dispositif Safe City Network sera également davantage exploité pour renforcer la surveillance.
Drogue : une guerre sur trois fronts
Face à la progression du trafic de drogue, le gouvernement annonce une stratégie articulée autour de trois axes : prévenir, démanteler les réseaux et accompagner les victimes de la dépendance.
La prévention sera renforcée avec une enveloppe supplémentaire de Rs 80 millions accordée à la National Agency for Drug Control (NADC). Cette somme financera des campagnes nationales de sensibilisation sur les dangers de la drogue, les sanctions prévues par la loi et les solutions de traitement disponibles.
Un système d’alerte rapide sera aussi introduit pour détecter l’apparition de nouvelles drogues synthétiques. Ce mécanisme permettra une connexion en temps réel entre les hôpitaux, les laboratoires et la police afin d’identifier rapidement les nouvelles substances et réagir avant leur propagation.
Le gouvernement veut également sortir d’une approche limitée aux seules interventions policières. Les ministères, institutions publiques, ONG et autres acteurs seront appelés à participer à cette lutte. Une enveloppe de Rs 50 millions sera ainsi répartie entre les ministères pour intégrer la prévention contre la drogue dans leurs actions.
La législation sera par ailleurs renforcée avec une modification de la loi afin d’élargir la liste des drogues synthétiques considérées comme des infractions criminelles. Concernant le cannabis, une consultation nationale est en cours avant une éventuelle proposition gouvernementale.
Par ailleurs, le gouvernement affirme vouloir frapper au cœur du système mis en place par les trafiquants. L’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) bénéficiera d’un financement de Rs 436 millions pour renforcer ses opérations.
La lutte ne ciblera plus seulement les dealers de rue. Les autorités veulent désormais remonter jusqu’aux structures financières qui permettent au trafic de prospérer. L’ADSU misera davantage sur le renseignement financier, l’analyse de données et le suivi des transactions suspectes pour identifier les réseaux et les démanteler.
De nouveaux moyens technologiques seront déployés, notamment des équipements de surveillance avancés et des drones. Les officiers de l’ADSU verront également leur allocation spéciale augmenter, passant de Rs 2 000 à Rs 5 000 par mois, en reconnaissance des risques liés à leurs missions.
Le Forensic Science Laboratory recevra pour sa part Rs 85 millions afin d’acquérir des équipements modernes destinés à améliorer l’analyse des drogues saisies.
Dans la lutte contre le trafic maritime, la Mauritius Revenue Authority investira Rs 72,5 millions dans un bateau intercepteur rapide et une machine de scan de véhicules afin de renforcer les contrôles aux frontières et détecter les cargaisons suspectes.
Au-delà de la répression, le gouvernement veut également renforcer l’accompagnement des personnes dépendantes. Les consommateurs de drogue sont présentés comme des personnes ayant besoin d’une prise en charge pour sortir du piège de l’addiction. Un Programme national de prévention et de réhabilitation sera lancé par la NADC en collaboration avec le ministère de la Santé.
L’ancien hôpital de Flacq connaîtra une nouvelle vocation avec la transformation d’une partie du bâtiment en centre de réhabilitation. Des services de soutien psychologique, thérapies familiales et de groupe, activités sportives et programmes de développement personnel y seront proposés.
LAW AND ORDER : L’offensive du GM contre les réseaux de drogue et l’insécurité
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