Le ministère de l’Environnement attribue l’érosion accélérée de la plage publique de Tamarin à une modification non autorisée de l’embouchure intervenue en décembre 2025, qui a altéré l’équilibre naturel du site. Cette altération a contribué à une perte estimée à environ 30 mètres de largeur de plage sur un tronçon d’environ 150 mètres, aggravée ces derniers jours par des conditions de fortes houles, soutiennent les autorités faisant ressortir qu’à la suite d’un état des lieux réalisé le 27 avril, un comité technique regroupant plusieurs institutions a recommandé des mesures correctives temporaires urgentes. Celles-ci incluent le désensablement de l’embouchure pour éloigner le flux d’eau du rivage érodé, la mise en place de rochers et de géotextiles sur le littoral affecté, ainsi que des travaux ciblés dans le lagon. Les opérations ont débuté le 30 avril, avec notamment un remblayage partiel du chenal ouvert en décembre afin de réduire et dévier le courant.
En visite sur le site hier le ministre de l’Environnement, Rajesh Bhagwan, a évoqué « enn site natirel frazil ki sanze avek lapli ek bann vag », tout en reconnaissant la gravité de la situation. Se désolant de voir cette plage emblématique, très fréquentée tant par les Mauriciens que par les touristes, dans un tel état, il déplore que selon les informations qu’il a obtenu, un canal a été creusé dans le sable par une pelleteuse pour permettre la rivière de rejoindre la mer. Il souligne que les interventions entreprises ces derniers jours visent avant tout à « stopper l’hémorragie », les rochers étant posés à titre provisoire pour atténuer l’impact des vagues.
Le ministre précise que Tamarin figure désormais dans le plan d’action pour la sauvegarde du littoral, tout en relevant que « le littoral est en train de souffrir du contexte économique difficile ». Il indique que des financements devront être mobilisés, notamment auprès d’instances internationales, afin de mettre en œuvre des solutions pérennes. Une nouvelle réunion du comité technique est prévue afin d’évaluer l’efficacité des mesures en cours et de définir les orientations à long terme, sur la base de données scientifiques et dans le respect de l’environnement.

