Le vent, le béton et la dépendance

Honorable Patrick Assirvaden, la République de Maurice ne fera pas sa transition énergétique avec des moulins à vent rhétoriques. Il faut le rappeler aux chancelleries du verbe comme aux ministères du simulacre, qu’à force de confondre l’énergie avec l’annonce, la stratégie avec le slogan et la planification avec la mise en scène, on produit peut-être de grandes bourrasques d’éloquence officielle, mais l’on ne produit aucune souveraineté énergétique, nulle sécurité électrique, ni encore moins de lumière dans les foyers mauriciens, tant il demeure vrai que jamais le vent des annonces n’a éclairé la moindre maison.

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Maurice n’est pas seulement une île qui cherche à produire autrement son électricité. Elle est un pays qui découvre, tardivement, que l’énergie est le nom secret de presque toutes ses dépendances. Sous le prix du kilowattheure se cachent la balance commerciale, le coût de la vie, la souveraineté monétaire, la qualité du tourisme, la solidité industrielle, l’eau, les déchets, les ports, la dette, la sécurité des ménages, la compétitivité des entreprises, l’avenir des jeunes techniciens et la liberté d’un État-océan qui ne peut plus se contenter de flotter, élégant et vulnérable, entre deux cargaisons de fuel.

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Le débat suscité par la communication autour de Plaine-des-Roches serait presque banal si Maurice était un territoire vaste, peu dense, riche de marges foncières et de réseaux puissamment maillés. Elle ne l’est pas. Elle est une île serrée sur elle-même, travaillée par mille concurrences d’usage, où le sol est déjà requis par le logement, l’agriculture, l’industrie, l’hôtellerie, les routes, les réservoirs, les zones naturelles, les villages, les lignes électriques, les cimetières, les écoles, les ports, les terres en friche que l’on croit libres parce que l’on ignore encore leur fonction future. Dans un tel pays, le foncier est une substance politique, plus qu’il n’est surface.

C’est pourquoi l’éolien terrestre, lorsqu’il est hissé au rang d’emblème de transition, devient immédiatement suspect. Non parce que le vent serait inutile. Ou qu’une turbine ne produirait rien. Non aussi parce qu’il faudrait, par humeur réactionnaire ou par purisme technologique, condamner toute éolienne avant même d’avoir examiné ses données. Mais parce que l’éolien terrestre, dans une petite île à haute densité de contraintes, est l’une de ces technologies qui donnent au pouvoir politique ce qu’il préfère : une image. Une hauteur. Une silhouette. Une inauguration. Une preuve visuelle. Or la transition énergétique sérieuse commence rarement par ce qui se voit, mais plutôt par ce qui fait reculer la dépendance.

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Les chiffres, eux, ne se laissent pas attendrir par la poésie des pales. En 2024, les besoins mauriciens en énergie primaire ont atteint 1 614 872 tonnes équivalent pétrole, en hausse de 5 % par rapport à 2023. Surtout, 90,9 % de ces besoins provenaient encore de combustibles importés, principalement les produits pétroliers et le charbon. Pour l’électricité, Maurice a produit 3 417,6 GWhs en 2024, dont 81,8 % issus de sources non renouvelables et seulement 18,2 % de sources renouvelables. Voilà la vérité première : Maurice ne manque pas d’annonces vertes ; elle manque encore d’autonomie matérielle.

Le Central Electricity Board (CEB) confirme la même architecture de dépendance. Pour l’exercice 2023-2024, les renouvelables représentaient 18,33 % de l’électricité, contre 81,67 % pour le non-renouvelable. Dans le détail, le fuel oil comptait pour 42,34 %, le charbon pour 39,06 %, le solaire photovoltaïque pour 4,62 %, l’hydroélectricité pour 4,01 %, la bagasse pour 8,80 %, le waste-to-energy pour 0,35 % et la cane trash pour 0,21 %. Ces chiffres disent l’essentiel, notamment que le problème stratégique de Maurice n’est pas tant d’ajouter quelques objets renouvelables à une vitrine politique, qu’il est de démanteler méthodiquement l’ossature fossile de son appareil économique.

Le glissement de l’horizon 2030 vers 2035 devrait, à lui seul, dissiper les enchantements de communiqué. La NDC 3.0 de Maurice fixe désormais les priorités du secteur énergétique à 2035 : porter les renouvelables à 60 % du mix électrique, sortir le charbon de la production d’électricité, et obtenir 10 % de gains d’efficacité énergétique par rapport à 2019. Le même document reconnaît les contraintes qui ont freiné l’ancien calendrier : investissement, finances publiques, foncier, autorisations, capacité d’absorption du réseau, coût des technologies appropriées, déficit d’expertise locale. Un calendrier révisé n’est pas forcément un renoncement ; il peut aussi être une maturité. Mais il devient mensonge lorsqu’on le présente comme une accélération alors qu’il constitue d’abord l’aveu d’une difficulté systémique.

L’État mauricien doit donc choisir s’il veut raconter la transition ou l’exécuter. Dans le premier cas, il lui suffit de parler d’éoliennes, de solaire, de stockage, d’agrivoltaïsme, de batteries, de 405 MW de projets, de pipelines, de feuilles de route, de conférences de presse et de « nouvelle ère ». Dans le second, il lui faut entrer dans l’âge austère de la donnée, du réseau, du contrat, du foncier, de la maintenance, de la cybersécurité, de la formation, de la planification, des arbitrages douloureux, des coûts complets, des chaînes d’approvisionnement et de la vérité publique. La première voie produit des symboles, alors même que la seconde fabrique de la souveraineté.

La relance de Plaine-des-Roches illustre parfaitement cette ambiguïté. TopFM rapportait en novembre 2025 que le gouvernement présentait la relance de la ferme éolienne comme un projet phare, avec une extension prévue de 15 à 20 MW et des systèmes de stockage, tandis que 20 MW de batteries étaient annoncés comme opérationnels sur le réseau d’ici juin 2026. La communication politique voulait faire de Plaine-des-Roches un symbole de renouveau et d’innovation. Le mot « symbole » est exactement celui qui inquiète. Une politique énergétique n’a pas d’abord besoin de symboles, mais bien de rendements, de disponibilité, de coûts maîtrisés, de foncier justifié, de raccordement, de stockage utile, d’acceptabilité sociale, d’impact environnemental net et de démantèlement prévu.

Le parc existant de Plaine-des-Roches dispose d’environ 9,35 MW, de 11 éoliennes et d’une production annoncée autour de 15 à 16 GWhs par an selon les fiches projet disponibles. Ce n’est pas négligeable, mais ce n’est pas non plus la clé de voûte d’une transition nationale. À titre de comparaison, la production électrique annuelle du pays dépasse 3 400 GWhs. Le risque n’est pas que ce parc existe, mais qu’il soit mis en scène comme s’il portait une réponse civilisationnelle à une dépendance fossile massive.

Et donc, il faut ici dire ce que la bienséance verte répugne à entendre : l’éolien terrestre, à Maurice, peut devenir une aberration confondante, pas parce qu’il serait par essence impur, mais parce qu’il est trop facilement investi d’une valeur politique disproportionnée. Il devient aberrant lorsqu’il consomme du sol rare, du béton, de l’acier, des servitudes, de la maintenance importée, de la complexité contractuelle et de l’attention publique pour occuper la place mentale que devraient occuper le solaire distribué, les toitures, les parkings, le stockage réellement utile, les bâtiments publics, les pertes réseau, la demande pilotable, l’eau, les déchets, les ports, les microgrids, les hydroliennes expérimentales, les câbles protégés et la réforme en profondeur du CEB.

Son innocence minérale est déjà contestable. L’éolien contemporain, lorsqu’il utilise des générateurs à aimants permanents, peut dépendre de terres rares telles que le néodyme, le praséodyme, le dysprosium et le terbium. L’Agence internationale de l’énergie rappelle que ces terres rares magnétiques figurent parmi les chaînes de valeur les plus concentrées des minéraux critiques : en 2024, la Chine représentait 60 % de la production minière mondiale de terres rares pour aimants, 91 % de la production raffinée et 94 % de la production de magnets permanents frittés. La transition énergétique, mal pensée, ne supprime donc pas toujours la dépendance ; elle peut la déplacer du pétrolier vers la mine, du charbon vers l’aimant, et de la cargaison de fuel vers le composant critique.

La nuance technique est indispensable, attendu que toutes les éoliennes n’utilisent pas les mêmes architectures, ni le même niveau de terres rares. Les turbines avec boîte de vitesses, les générateurs asynchrones, ou certains systèmes sans aimants permanents, ne présentent pas la même dépendance minérale. Mais cette nuance n’affaiblit pas la critique ; elle l’élève au contraire. Car elle impose une question que l’État ne pose presque jamais publiquement avec assez de précision : quel générateur, quels aimants, quelle origine des composants, quelle traçabilité, quelle dépendance géopolitique, quelle valeur locale, quelle maintenance, quel plan de remplacement, quel recyclage, quel coût complet ? Tant que ces questions ne sont pas publiées, l’éolienne n’est pas une preuve de modernité ; elle n’est tout au plus une boîte noire verticale.

Son innocence est ensuite bétonnée. Une éolienne ne pousse pas dans la campagne comme un arbre de progrès. Elle exige des fondations, des accès, des plateformes, des grues, des servitudes, des câbles, des postes, des terrassements, des interventions lourdes, des pièces spécialisées, des routes de maintenance, des garanties assurantielles et, un jour, un démantèlement. Le Joint Research Centre (JRC) de la Commission européenne donne, pour les éoliennes, des intensités matérielles de l’ordre de 300 000 à 500 000 kg de béton par MW et de 90 000 à 130 000 kg d’acier par MW, selon les configurations. Une extension de 15 à 20 MW signifie donc, en ordre de grandeur, des milliers de tonnes de béton et d’acier engagées dans une solution dont il faudra démontrer qu’elle apporte un bénéfice systémique supérieur aux alternatives.

Mais Patrice, le charbon, le fuel oil et les produits pétroliers, ne sont-ils pas plus destructeurs encore ? C’est exact, mais ce n’est pas l’argument. Personne de sérieux ne défend ici le fossile contre le renouvelable. La vraie question, plus fine, ne serait pas de savoir si l’île, dès lors qu’elle possède un foncier rare, doit-elle consacrer autant de sol et de masse matérielle à une technologie spectaculaire, intermittente, visible, contestable et lourde, alors que ses surfaces déjà artificialisées – toitures, parkings, bâtiments publics, zones industrielles, hôtels, entrepôts, infrastructures portuaires – demeurent insuffisamment mobilisées ? La rareté territoriale impose de fait une hiérarchie. À Maurice, le sol vivant doit donc être plus difficile à sacrifier que le toit mort.

L’ancienne affaire de Plaine-Sophie devrait suffire à refroidir les liturgies de l’éolien vertueux. Ce projet de 29,4 MW, censé installer quatorze turbines, a laissé derrière lui une mémoire de retards, d’arbres abattus, d’autorisations, de soupçons, de gouvernance obscure et de paysage blessé. Le Mauricien rapportait en 2014 que le consortium Suzlon-Padgreen attendait l’aval pour abattre environ 2 000 arbres, après des coupes préliminaires, dans le cadre d’un projet soumis à diverses autorisations, notamment environnementales et foncières. Plus tard, le même dossier a été associé à des allégations de falsification de documents bancaires et à plus de 1 000 arbres déjà abattus, selon Le Mauricien.

Qu’un projet prétendument vert puisse commencer par la blessure d’un paysage devrait vacciner le pays contre les sermons faciles. Le renouvelable n’est pas vert parce qu’il se proclame tel. Il ne le devient que s’il passe l’épreuve du vivant, du sol, du contrat, de la proportion, de la transparence et de la fin de vie. Une politique énergétique qui coupe des arbres, coule du béton, importe des équipements, crée des servitudes, puis enveloppe l’ensemble dans une morale climatique sommaire, ne fait pas une transition : elle fabrique une contradiction bien présentée.

La fin de vie ajoute une autre couche à cette analyse. Le Department of Energy américain rappelle que 85 % à 90 % de la masse d’une turbine terrestre, hors fondations, câbles souterrains et infrastructures associées, est constituée de matériaux facilement recyclables comme l’acier, l’aluminium, le cuivre ou le fer ; mais les composants composites – tels que pales, nacelle covers, rotor covers – représentant environ 6 % à 14 % de la masse, restent beaucoup plus difficiles à recycler. Le même guide note que les fondations et câbles associés peuvent être laissés en place, sous terre, et selon les accords de démantèlement. La circularité de l’éolien est donc réelle pour certaines matières, mais partielle, coûteuse, inégale et dépendante de filières spécialisées.

Voilà pourquoi la critique doit être sévère sans être caricaturale. L’éolien terrestre n’est pas l’ennemi absolu, mais le révélateur d’une faiblesse plus grave, c’est-à-dire la tentation mauricienne de prendre l’objet visible pour la politique profonde. Une éolienne donne une photographie. Une réforme du réseau donne des résultats. Une pale en rotation impressionne l’œil. Une baisse de la dépendance fossile libère réellement le pays. L’éolien peut être une variable tactique ; il devient une diversion dès qu’on l’érige en blason.

La bonne transition mauricienne devrait commencer par le solaire distribué, le stockage correctement dimensionné, l’efficacité énergétique, les toitures, les parkings, les hôpitaux, les écoles, les bâtiments publics, les zones industrielles, les hôtels, les centres commerciaux, les entrepôts, les ombrières, les microgrids, la gestion de la demande, la réduction des pertes et la transparence des raccordements. Le solaire n’est pas sans défauts ; lui aussi a ses chaînes d’approvisionnement, ses matériaux, ses fins de vie, ses risques de dépendance. Mais il épouse plus intelligemment l’île dense lorsqu’il colonise les surfaces mortes au lieu d’artificialiser les sols vivants.

Des projets existent. La ferme photovoltaïque Green Rock Ltd de Corexsolar, à Plaine-des-Roches, mise en service le 1er avril 2025, affiche une puissance installée de 10 MWac, c’est-à-dire 10 mégawatts en courant alternatif injectables côté réseau. Constituée de 20 328 panneaux bifaciaux déployés sur 12 hectares, elle est raccordée à la sous-station d’Amaury du CEB par une ligne de 22 kV longue de 4,5 km, et devrait produire environ 17 000 MWh d’électricité par an. Cette comparaison est éclairante : 12 hectares solaires pour une production annoncée substantielle, contre la tentation de faire de vastes surfaces éoliennes des symboles politiques. La question est surtout de hiérarchiser intelligemment les usages du territoire., plutôt que sacraliser le solaire.

Le stockage, lui, doit être traité avec une précision impitoyable. Une batterie ne crée pas d’énergie, mais déplace dans le temps une énergie déjà produite. Elle stabilise, lisse, protège la fréquence, absorbe les intermittences, rend le solaire plus utile à la pointe du soir, évite parfois le recours à des moyens thermiques coûteux. Mais elle ne remplace ni une stratégie de production, ni une politique de sobriété, ni moins encore une réforme du réseau. Le CEB indique que Maurice est passée de 4 MW de BESS en 2018 à 18 MW en 2021, puis à 38 MW après 20 MW supplémentaires à Amaury en 2024. C’est réel. Ce n’est pas encore une souveraineté.

Les projets hybrides solaire-stockage de Qair peuvent, eux, représenter une rupture plus sérieuse s’ils tiennent leurs promesses. Qair a sécurisé le financement de son portefeuille Stor’Sun de 60 MWac de solaire avec stockage, un investissement annoncé autour de plusieurs milliards de roupies, conçu pour fournir une production plus stable au réseau du CEB. Certaines sources récentes évoquent 256 MWh de stockage et une contribution potentielle d’environ 8 % de la demande électrique de l’île une fois opérationnel. Là encore, la prudence s’impose : un projet financé n’est pas encore un système transformé, mais le couple solaire-stockage répond plus directement à la pointe du soir et à l’intégration des renouvelables que l’éolien érigé en totem.

La transition énergétique rejoint alors la révolution touristique que j’ai défendue ailleurs. Dans ma tribune publiée dans les colonnes de l’Express Maurice sur la révolution copernicienne du tourisme mauricien, j’appelais Maurice à cesser de se vivre comme une simple destination balnéaire pour devenir un centre de gravité écologique, culturel, spirituel, régénératif et intellectuel de l’hémisphère Sud. Mais un pays ne peut pas vendre l’idée d’un tourisme régénératif tout en alimentant massivement son modèle par une électricité fossile. Le luxe mauricien de demain ne sera pas seulement hôtelier ; il sera hydrique, énergétique, agricole, circulaire, paysager et culturel.

Le voyageur fortuné et conscient ne demandera plus seulement une plage impeccable, une villa discrète, un spa, une table raffinée ou un lagon photographiable. Il demandera de la cohérence. Il voudra savoir comment l’eau est produite, comment l’énergie est fournie, comment les déchets sont valorisés, comment les récifs sont restaurés, comment les communautés locales participent, comment les hôtels réduisent leurs importations, comment l’île transforme ses contraintes en excellence. Le tourisme régénératif ne survivra pas longtemps comme rhétorique ; il devra devenir infrastructure. Et si ce voyageur fortuné et conscient ne demande pas, alors on lui informera en amont.

A présent, c’est au tour de l’eau d’entrer dans le cœur de cette tribune, attendu qu’elle est tout sauf un sujet annexe. Elle est la sœur jumelle de l’énergie. En 2024, la pluviométrie moyenne enregistrée sur l’île Maurice a diminué de 14 %, passant de 2 543 mm en 2023 à 2 186 mm en 2024, tandis que le volume d’eau potable traité par les stations a augmenté de 6,1 %, de 313,2 à 332,3 millions de mètres cubes. Moins d’eau tombée du ciel, plus d’eau traitée par l’infrastructure. Une équation qui suffit à montrer que la transition ne peut plus séparer le kilowattheure du mètre cube.

Les générateurs d’eau atmosphérique doivent être envisagés dans cette perspective, moins d’ailleurs comme des prodiges futuristes, que comme des modules de sécurité hydrique extrêmement ciblés. Il serait grotesque d’en faire une solution générale pour Maurice : leur consommation énergétique est élevée, leur rendement dépend de la température et de l’humidité, et ils ne peuvent rivaliser avec une politique hydrique sérieuse faite de réduction des pertes, protection des nappes, récupération pluviale, réservoirs, dessalement sobre, tarification intelligente et modernisation des réseaux. Mais il serait tout aussi paresseux de les écarter entièrement. Pour des hôpitaux, écoles-refuges, postes de secours, ports secondaires, sites isolés, hôtels à haute exigence de résilience, laboratoires, stations de télécommunication ou équipements stratégiques, ils peuvent sérieusement devenir des assurances d’appoint.

La littérature technique impose la prudence. Une étude ouverte de 2024 sur les technologies actives de génération d’eau atmosphérique conclut que ces systèmes doivent être vus comme une source complémentaire, non conventionnelle, plutôt que comme un substitut général aux ressources classiques ; elle souligne la fluctuation de la production et le poids énergétique des procédés. Une expérimentation à Abu Dhabi sur une unité de 1 000 litres par jour a montré une production très variable, avec un pic de 1 174 litres par jour en octobre et un minimum de 287 litres par jour en février, et une consommation spécifique allant de 0,26 à 0,53 kWh par litre selon les mois. Par comparaison, l’Agence internationale de l’énergie situe la consommation électrique de l’osmose inverse d’eau de mer autour de quelques kWh par mètre cube, selon les étapes et les installations.

La conclusion est nette : l’eau atmosphérique ne doit pas être vendue comme un miracle ; elle doit être assignée à une fonction. Maurice ne doit pas rêver d’une île couverte de machines condensant l’air comme si le ciel allait remplacer les réservoirs, les nappes et les réseaux, du moins pas dans l’immédiat. Elle doit identifier des points critiques, les équiper sobrement, coupler ces unités à du solaire et à des batteries, mesurer les performances, publier les coûts, former des techniciens, intégrer l’ensemble à des plans cycloniques et hospitaliers. Alors seulement le générateur d’eau atmosphérique cessera d’être un gadget de salon technologique pour devenir une micro-infrastructure de souveraineté.

La même exigence vaut pour l’océan. Maurice dispose d’environ 2 040 km² de terres émergées et d’une zone économique exclusive d’environ 2,3 millions de km². Cette disproportion devrait être au cœur de toute pensée nationale. Maurice n’est pas seulement une petite île entourée d’eau ; elle est un État-océan doté d’un espace maritime immense, encore trop peu instrumenté, trop peu industrialisé, trop peu cartographié dans ses potentiels énergétiques, biologiques, logistiques, scientifiques et climatiques.

Dans mon texte sur les douze leviers économiques de l’île-monde, j’évoquais l’hypothèse d’un bouquet énergétique pluritech, incluant les hydroliennes de petite taille, les interconnexions sous-marines et une ambition régionale de puissance électrique. Cette intuition doit être reprise, mais durcie. Maurice ne doit pas imaginer l’hydrolien comme un collier de turbines naïvement jeté autour des lagons. Elle doit l’envisager comme un programme de démonstrateurs marins strictement mesurés : passes, chenaux, courants, ports, microgrids littoraux, froid alimentaire, équipements publics, bases scientifiques, aquaculture, surveillance maritime.

L’intérêt de l’hydrolien de petite taille est qu’il inverse la logique symbolique de l’éolien terrestre. Là où l’éolienne impose au paysage sa verticalité, l’hydrolienne bien conçue s’inscrit dans l’infrastructure marine. Elle ne réclame pas d’être vue ; elle réclame d’être mesurée. Elle ne devrait pas être pensée comme une grande centrale spectaculaire, mais comme une machine d’appoint stratégique, modulaire, réversible, raccordée à des usages locaux et soumise à une surveillance écologique exigeante. C’est moins flamboyant. Et c’est peut-être plus intelligent.

L’océan, cependant, n’est pas un gisement docile. Le National Renewable Energy Laboratory rappelle que les énergies marines – vagues, courants, marées, gradients thermiques – peuvent diversifier les portefeuilles renouvelables et soutenir l’économie bleue, mais qu’elles doivent affronter un milieu corrosif, turbulent, biologiquement sensible et techniquement exigeant. Maurice devrait donc commencer par un atlas national, avec vitesses de courant, bathymétrie, sédiments, récifs, habitats benthiques, zones de pêche, routes de navigation, câbles existants, contraintes cycloniques, distances de raccordement, points de consommation, servitudes, acceptabilité sociale, etc. Avant la turbine, la carte. Avant le câble, la bathymétrie. Avant le mégawatt, la science du site.

La question des câbles sous-marins est décisive. Une hydrolienne ne vaut pas seulement par sa turbine, mais par toute sa chaîne électrique : câble dynamique ou statique, électronique de puissance, protection anticorrosion, poste littoral, stockage, monitoring, maintenance, assurance, compatibilité avec les usages maritimes, protocole de retrait. Le NREL souligne que les projets d’énergies marines doivent être planifiés avec les infrastructures de câbles et les usages océaniques existants. Le Joint Research Centre de la Commission européenne rappelle que les câbles sous-marins transportant de l’électricité sont plus massifs que les câbles télécoms, que leur installation peut coûter en moyenne 1 à 2 millions d’euros par kilomètre, et que les réparations de câbles de puissance peuvent durer des semaines ou des mois.

Cela ne condamne pas l’ambition régionale ; cela a plutôt tendance à l’élever. Penser une interconnexion électrique avec La Réunion, Madagascar ou d’autres territoires de l’océan Indien serait doctrinalement puissant, mais techniquement, financièrement et juridiquement lourd : routes de câbles, stations de conversion, bathymétrie profonde, autorisations, droits maritimes, risques d’ancrage, sabotage, assurances, navires spécialisés, pertes, redondance, cybersécurité. Une diplomatie du câble ne se proclame pas, mais se finance, se protège, se surveille et se répare.

La vraie politique océanique mauricienne devrait donc être graduée : d’abord des capteurs, puis des micro-sites, puis des grappes expérimentales, puis des microgrids portuaires, puis seulement des ambitions d’interconnexion. Le projet Seaturns annoncé en mars 2026, avec une première phase de 2 MW de convertisseurs houlomoteurs connectés au réseau mauricien et une extension possible jusqu’à 10 MW, montre que l’océan énergétique n’est plus seulement une spéculation théorique. Mais le pays doit éviter l’ivresse inverse : l’énergie marine est prometteuse précisément parce qu’elle est difficile, et non parce qu’elle dispenserait de rigueur.

La transition doit ensuite descendre dans les déchets, c’est-à-dire dans l’inconscient matériel de l’île. Mare-Chicose n’est pas une simple décharge ; c’est le miroir noir du métabolisme mauricien. Ce que le pays consomme sans boucle finit là : enfoui, brûlé, fumant, disputé, toxique, coûteux, politiquement embarrassant. En décembre 2024, Le Mauricien rapportait qu’environ 20 000 m² de l’incendie de Mare-Chicose avaient été couverts et que Luxconsult dénonçait des failles contractuelles ainsi qu’un manque d’équipements modernes et adaptés dans la gestion du site. D’autres articles évoquaient auparavant 10 000 m² touchés par les flammes, puis des inquiétudes sanitaires, des fumées toxiques et l’urgence d’un tri national à la source.

Mare-Chicose devrait devenir un choc doctrinal. Pas un scandale de plus, classé dans la mémoire nationale jusqu’au prochain incendie. Un avertissement fondateur. La NDC 3.0 reconnaît que le secteur des déchets contribue à plus de 10 % des émissions et évoque deux installations intégrées de traitement des déchets d’ici 2029, la digestion anaérobique, la récupération d’énergie issue du biogaz de décharge et une feuille de route circulaire 2023-2033 couvrant l’agroalimentaire, la construction, les biens de consommation, la mobilité-logistique ainsi que les déchets. Mais le document note aussi que certaines cibles restent à modéliser et que la mise en œuvre dépendra du financement, du transfert technologique et du renforcement des capacités.

Voilà où la permacircularité doit remplacer la circularité décorative. Recycler un peu, communiquer beaucoup, distribuer quelques poubelles, lancer un appel d’offres, et en vérité baptiser le tout « économie circulaire » ne suffira vraisemblablement pas. La permacircularité consiste à réinscrire les flux matériels dans le métabolisme vivant du territoire : déchets organiques, sols, eau, énergie, alimentation, hôtellerie, marchés, aquaculture, agriculture, ports, logistique, composts, biogaz, insectes, protéines alternatives, amendements, circuits courts. Dans une île, toute matière perdue est une souveraineté gaspillée.

Le projet MarInsectaPonics®™ et les technologies de bioconversion entomologique prennent ici un sens politique. Les déchets alimentaires des hôtels, restaurants, marchés, supermarchés, agro-industries et collectivités peuvent devenir des intrants pour des larves de mouche soldat noire ; ces larves peuvent produire protéines, huiles et fertilisants ; les résidus peuvent retourner aux sols ; certains flux peuvent nourrir des systèmes aquaponiques ou aquacoles ; les hôtels peuvent fermer partiellement leurs boucles organiques ; les importations d’intrants peuvent reculer. Le but n’est pas de romantiser l’insecte, mais de reconnaître la vérité simple qu’une île qui importe beaucoup ne peut pas se permettre de jeter bêtement.

L’écomodernisme donne à cette permacircularité son cadre intellectuel. Il ne s’agit pas de revenir à une île pastorale imaginaire, ni de célébrer la pénurie comme vertu. Mais il ne s’agit pas davantage de croire qu’une technologie neuve absout un modèle ancien. L’écomodernisme mauricien doit être une discipline de précision : produire plus utilement avec moins de gaspillage ; automatiser lorsque cela économise l’eau, l’énergie ou les intrants ; numériser lorsque cela réduit les pertes ; industrialiser lorsque cela localise la valeur ; protéger le vivant lorsque la technique risque de devenir prédatrice.

Le Global Resources Outlook 2024 du Programme des Nations unies pour l’environnement rappelle que l’extraction mondiale de ressources naturelles a triplé en cinquante ans et pourrait encore augmenter de 60 % d’ici 2060 si les tendances actuelles se poursuivent. Pour Maurice, cette donnée mondiale a une traduction insulaire immédiate : chaque tonne importée puis jetée sans boucle constitue une double défaite, commerciale à l’entrée, et écologique à la sortie. Il faut donc élargir radicalement le sens de la transition énergétique. Elle n’est pas seulement substitution de sources, mais transformation du métabolisme national. L’électricité, l’eau, les déchets, les sols, les ports, les hôtels, les zones industrielles, les ménages, les hôpitaux, les écoles et les marchés ne sont pas des secteurs alignés dans un tableau ministériel, mais les organes d’un même corps. Ce que l’énergie produit, l’eau le conditionne. Ce que le tourisme consomme, le déchet le révèle. Ce que le port importe, l’industrie locale doit apprendre à prolonger ou transformer. Ce que l’agriculture épuise, la circularité doit le réparer.

L’intelligence économique et stratégique devient dès lors indispensable. Qui détient les équipements ? Qui finance ? Qui assure ? Qui maintient ? Qui contrôle les logiciels ? Qui possède les données ? Qui capte la marge ? Qui fixe les clauses des PPA ? Quelle part de valeur locale ? Quelle cybersécurité pour un réseau intelligent ? Quelle exposition aux chaînes chinoises, indiennes, européennes ou américaines ? Quelle capacité de négociation du CEB face aux producteurs privés ? Quelle stratégie de formation pour techniciens batteries, installateurs solaires, auditeurs énergétiques, spécialistes corrosion, juristes de contrats électriques, ingénieurs de données et opérateurs de microgrids ?

Sans cette intelligence économique et stratégique, Maurice peut passer d’une dépendance fossile à une dépendance technologique, financière et contractuelle. Elle aura changé de chaînes, mais pas de condition. La vraie transition ne consiste pas à importer des équipements verts avec la même passivité stratégique que l’on importait du fuel. Elle consiste à fabriquer des capacités nationales.

Le CEB, dans ce cadre, ne peut plus être seulement un opérateur historique. Il doit devenir l’architecte d’un système électrique nouveau. Publier les données. Accélérer les raccordements. Clarifier les contrats. Renforcer le réseau. Anticiper la pointe. Piloter la flexibilité. Intégrer les prosommateurs. Développer les compteurs intelligents. Protéger le système contre les risques cyber. Construire un tableau de bord public, mensuel, vérifiable : production par source, capacité installée, capacité raccordée, capacité disponible, stockage opérationnel, pertes réseau, délais de connexion, appels d’offres, coûts moyens, émissions évitées, économies de combustibles, état des réserves, incidents, pointe du soir, avancement réel des projets, etc. Une transition qui ne se mesure pas devient vite une fiction.

Le danger, ce n’est donc pas que Maurice installe quelques éoliennes, mais qu’elle prenne quelques éoliennes pour une politique énergétique. Une île ne devient pas souveraine parce qu’elle plante des mâts dans le vent ; elle le devient lorsqu’elle retranche de la dépendance, réduit ses importations fossiles, maîtrise ses chaînes technologiques, protège son foncier, forme ses techniciens, publie ses données, discipline ses contrats, valorise ses déchets, sécurise son eau, mobilise son océan, transforme ses ports et fait de son territoire entier une architecture d’autonomie.

Maurice n’a pas seulement besoin d’éoliennes, mais d’un État qui cesse de tourner dans le vent.

Elle n’a pas seulement besoin de panneaux solaires. Elle a besoin d’une intelligence solaire du territoire, capable de transformer les surfaces mortes en puissance utile, les parkings en centrales discrètes, les toitures en actifs, les ménages en producteurs, les hôtels en infrastructures régénératives, la lumière tropicale en avantage comparatif.

Elle n’a pas seulement besoin de batteries. Elle a besoin d’une mémoire énergétique : stocker l’électricité, certes, mais aussi retenir les leçons des retards, des illusions, des promesses non tenues, des dépendances reconduites et des paysages inutilement blessés.

Elle n’a pas seulement besoin d’économie bleue. Elle a besoin d’une nation-rhizome transocéanique, capable de regarder sa ZEE moins comme immensité abstraite, que comme une responsabilité scientifique, énergétique, alimentaire, nutritionnelle, diplomatique, climatique et industrielle.

Elle n’a pas seulement besoin d’économie circulaire. Elle a surtout besoin d’une permacircularité nationale : un art de faire revenir la matière dans le cycle utile du territoire, de transformer le déchet en intrant, l’intrant en production, la production en compétence, la compétence en souveraineté.

La transition énergétique sera l’un des grands tests de vérité de Maurice. Si elle réussit, le pays ne deviendra pas seulement plus vert ; il deviendra plus libre. Si elle échoue, il continuera de parler d’avenir en important son présent, de célébrer l’océan en brûlant du noir, de vendre le paradis en épuisant ses conditions matérielles, de proclamer la souveraineté en comptant ses jours de fuel, et d’annoncer la lumière tout en organisant la dépendance.

Une nation ne bascule pas dans une nouvelle ère parce qu’un communiqué l’a déclaré. Elle y entre lorsque ses infrastructures cessent de mentir à ses ambitions. Elle y entre lorsque ses chiffres confirment ses discours. Elle y entre lorsque son État exécute plus vite que ses communicants ne proclament. Elle y entre lorsque le charbon recule, lorsque le fuel oil perd son empire, lorsque le réseau d’intelligence devient plus stratégique, lorsque les citoyens produisent, lorsque les hôtels régénèrent, lorsque l’océan devient puissance, lorsque Mare-Chicose cesse d’être le tombeau des matières perdues, lorsque l’eau devient un système de résilience, lorsque la dette énergétique se contracte, lorsque la lumière tropicale n’est plus un décor ; elle devient une force.

Alors seulement Plaine-des-Roches ne sera pas une image de plus dans l’album des promesses mauriciennes. Alors seulement le solaire ne sera pas une parure verte sur une économie encore fossile. Alors seulement le stockage ne sera pas une formule magique. Alors seulement l’économie bleue cessera d’être un slogan d’estrade. Alors seulement l’eau atmosphérique sera autre chose qu’un gadget de salon. Alors seulement les hydroliennes ne seront pas des jouets d’ingénieurs, mais bien des instruments de précision insulaire. Alors seulement Maurice pourra regarder le siècle sans baisser les yeux. Le vrai sujet n’est donc pas de savoir combien de mégawatts nous ajouterons, mais de savoir combien de dépendance nous aurons enfin le courage de retrancher.

Une île qui importe presque toute son énergie n’a pas seulement un problème électrique, mais un problème de liberté. Tant que Maurice parlera de transition en alignant des symboles, des mâts, des batteries, des annonces et des calendriers révisés, sans bâtir une doctrine énergétique totale – solaire distribuée, eau, déchets, stockage, ports, câbles, hydroliennes, économie permacirculaire, intelligence économique, réforme du CEB et vérité des données – elle ne fera que repeindre sa dépendance en bleu-vert.

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Denis Bernard Patrice Lebon | patrice@patricelebon.com

 

Références :

  1. Statistics Mauritius, “Energy and Water Statistics – Year 2024”, 2025. Lien hypertexte – https://statsmauritius.govmu.org/Pages/Statistics/ESI/Energy_Water/Energy_Water_Yr24.aspx
  2. Central Electricity Board, “Production Facts and Figures”, Financial Year 2023/2024. Lien hypertexte – https://ceb.mu/our-activities/production-facts-and-figures
  3. Republic of Mauritius / UNFCCC, “Third Nationally Determined Contribution – NDC 3.0”, submitted 29 September 2025. Lien hypertexte –  https://www.unfccc.int/sites/default/files/2025-09/NDC%203.0%20%20Mauritius.pdf
  4. Central Electricity Board, “Battery Energy Storage System”. Lien hypertexte – https://ceb.mu/projects/battery-energy-storage-system
  5. TopFM, “Énergie : relance de la ferme éolienne de Plaine des Roches et déploiement de systèmes de stockage pour un réseau plus stable”, 6 November 2025. Lien hypertexte – https://topfm.mu/energie-relance-de-la-ferme-eolienne-de-plaine-des-roches-et-deploiement-de-systemes-de-stockage
  6. Aera Group, “Plaine des Roches Wind Farm”. Lien hypertexte – https://www.aera-group.fr/portfolio/portfolio/plaine-des-roches-wind-farm
  7. TopFM, “Transition énergétique : la ferme solaire de 10 MW de Corex Solar mise en service à Plaine-des-Roches”, 9 May 2025. Lien hypertexte – https://topfm.mu/transition-energetique-la-ferme-solaire-de-10-mw-de-corex-solar-mise-en-service-plaine-des-roches
  8. Qair Africa, “Qair finalises financing with Mauritian banks for Stor’Sun projects delivering 8% of Mauritius’ electricity needs with firm and clean energy”, 19 February 2026. Lien hypertexte – https://africa.qair.energy/qair-finalises-financing-with-mauritian-banks-for-storsun-projects-delivering-8-of-mauritius-electricity-needs-with-firm-and-clean-energy
  9. Le Mauricien, “Abattage d’arbres dans le cadre du projet de parc éolien à Plaine Sophie : Le consortium Suzlon-Padgreen suspendu au clearance des Forestry”, 19 October 2014. Lien hypertexte – https://www.lemauricien.com/actualites/societe/abattage-d-arbres-cadre-du-projet-parc-eolien-plaine-sophie-consortium-suzlon-padgreen-suspe/52793
  10. Le Mauricien, “Projet d’un parc éolien à Plaine-Sophie : l’entrepreneur obtient l’aval des autorités à condition de planter 6000 arbres”, 16 November 2014. Lien hypertexte – https://www.lemauricien.com/actualites/societe/projet-dun-parc-eolien-plaine-sophie-lentrepreneur-obtient-laval-des-autorites-condition-pla/50082
  11. Le Mauricien, “Énergie renouvelable : la production d’électricité à Plaine-Sophie renvoyée à juillet 2018”, 22 October 2017. Lien hypertexte – https://www.lemauricien.com/actualites/societe/energie-renouvelable-la-production-d-electricite-plaine-sophie-renvoyee-juillet-2018/159465
  12. Le Mauricien, “Falsification alléguée pour la ferme éolienne de Plaine Sophie : toujours pas d’enquête”, 21 May 2019. Lien hypertexte – https://www.lemauricien.com/actualites/faits-divers/falsification-alleguee-pour-la-ferme-eolienne-de-plaine-sophie-toujours-pas-denquete/279244
  13. International Energy Agency, “Rare Earth Elements”, Executive Summary, 2026. Lien hypertexte – https://www.iea.org/reports/rare-earth-elements/executive-summary
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  16. International Energy Agency, “Cement”. Lien hypertexte – https://www.iea.org/energy-system/industry/cement
  17. Potyka, J., Dalibard, A., Tovar, G., “Energetic analysis and economic viability of active atmospheric water generation technologies”, Discover Applied Sciences, 2024. Lien hypertexte – https://link.springer.com/article/10.1007/s42452-024-05746-z
  18. Khalaf, B. T., Lopez Ferber, N., Martins, M., Chiesa, M., Calvet, N., “Long-term performance evaluation of VCRS-based atmospheric water generation in arid climates”, Case Studies in Chemical and Environmental Engineering, 2024. Lien hypertexte – https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2666016424002494
  19. International Energy Agency, “Wired for water: How electrification is transforming desalination”, 22 March 2026. Lien hypertexte – https://www.iea.org/commentaries/wired-for-water-how-electrification-is-transforming-desalination
  20. National Renewable Energy Laboratory, “Marine Energy Basics”. Lien hypertexte – https://www.nrel.gov/research/marine-energy.html
  21. European Commission, Joint Research Centre, “Subsea cables: how vulnerable are they and can we protect them?”, 8 August 2025. Lien hypertexte – https://joint-research-centre.ec.europa.eu/jrc-explains/subsea-cables-how-vulnerable-are-they-and-can-we-protect-them_en
  22. Offshore Energy, “‘World-first’ pre-commercial offshore wave energy project launches in Mauritius”, 12 March 2026. Lien hypertexte – https://www.offshore-energy.biz/world-first-pre-commercial-offshore-wave-energy-project-launches-in-mauritius
  23. Le Mauricien, “Gestion des déchets à Mare Chicose : Luxconsult jette un pavé dans la mare”, 2 December 2024. Lien hypertexte – https://www.lemauricien.com/actualites/societe/gestion-des-dechets-a-mare-chicose-luxconsult-jette-un-pave-dans-la-mare/658541
  24. Sources doctrinales de Denis Bernard Patrice Lebon : “Donnez-moi 12 leviers économiques et je soulèverai l’île Monde”, Le Mauricien, 13 August 2025 ; “Le phare de l’hémisphère Sud : Révolution copernicienne du tourisme mauricien”, L’Express Maurice, 13 April 2026 ; “Île Maurice : insigne emblème d’un État-océan en miroir de la biocivilisation”, BizWeek, 7 April 2024. Liens hypertextes – https://www.lemauricien.com/le-mauricien/donnez-moi-12-leviers-economiques-et-je-souleverai-lile-monde/681117 ; https://lexpress.mu/s/revolution-copernicienne-du-tourisme-mauricien-556868 ; https://bizweek.mu/ile-maurice-insigne-embleme-dun-etat-ocean-en-miroir-de-la-biocivilisation
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