Monaco : Maurice cherche à transformer  l’océan en levier de croissance

Au Blue Economy Finance Forum (BEFF) qui s’est tenu fin mai, à Monaco, le ministre de l’Agro-industrie et de l’Économie bleue, Arvin Boolell, a fait un vibrant plaidoyer en faveur de la finance bleue. Devant un parterre d’investisseurs et de décideurs internationaux, il a présenté Maurice non seulement comme un État insulaire, mais comme une puissance maritime tournée vers l’avenir.
Arvin Boolell a expliqué que l’enjeu est de taille pour Maurice: doubler la contribution de l’économie bleue au PIB national d’ici à 2036. Si le pays est souvent perçu à travers le prisme de sa superficie terrestre, le ministre a évoqué la réalité de son domaine maritime : « Maurice est un petit État par la terre mais un grand État par la mer », a-t-il déclaré, soulignant que sa Zone économique exclusive (ZEE), étendue à près de 3 millions de kilomètres carrés suite au traité sur les Chagos, est l’une des plus vastes d’Afrique.
Le ministre Boolell a mis l’accent sur le dépassement des discours purement environnementaux pour adopter une approche orientée vers les résultats financiers. Le cœur de son message à Monaco reposait sur la capacité de Maurice à sécuriser les capitaux étrangers grâce à une gouvernance rigoureuse et des outils de finance innovants.
« Nous ne demandons pas aux investisseurs de venir seuls. Notre cadre d’obligations bleues souveraines est spécifiquement conçu pour dé-risquer l’entrée et amplifier les rendements pour les investisseurs institutionnels à long terme », a-t-il affirmé, évoquant que la stabilité juridique est la clé de voûte de l’attractivité mauricienne.
Au-delà de la finance, c’est la science qui guide la stratégie mauricienne. En misant sur l’intelligence artificielle pour la gestion des ressources halieutiques et le développement de biotechnologies marines, le pays transforme ses atouts naturels en opportunités d’investissement haut de gamme. Le projet de Blue Economy Bill, prochainement débattu au Parlement, viendra sceller cette ambition en offrant un cadre législatif prévisible et moderne.
Le discours du ministre a également mis en lumière le rôle précurseur de Maurice, premier pays à avoir ratifié l’accord historique BBNJ sur la biodiversité en haute mer. En collaborant étroitement avec les Seychelles sur la gestion partagée du plateau continental des Mascareignes, Maurice prouve que la coopération régionale est le seul chemin viable face à l’urgence climatique.
En guise de conclusion à son intervention, Arvin Boolell a lancé une invitation solennelle aux acteurs de la finance bleue : « L’océan est notre avenir commun. L’investissement est le pont pour y parvenir. Let us build it together. »

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