Militant de la première heure, ancien député de Port-Louis-Ouest–Grande-Rivière-Nord-Ouest (No 1) et acteur des premières luttes politiques et syndicales, Rajen Dyalah est décédé jeudi 17 sà l’âge de 79 ans. Ses funérailles auront lieu ce samedi à 14h.
C’est avec une profonde tristesse que ses anciens compagnons de lutte ont appris la disparition de Rajen Dyalah, figure historique du Mouvement Militant Mauricien (MMM). Il avait consacré plusieurs décennies à la politique, au syndicalisme et à la défense des travailleurs et aux côtés de Paul Bérenger, leader historque du parti.
Alain Laridon, qui lui avait succédé comme candidat du MMM dans la circonscription No 1 en 1991, garde le souvenir d’un compagnon de lutte engagé dès les premières années du mouvement. « Rajen faisait partie du Club des étudiants mauriciens, qui allait devenir plus tard le Mouvement Militant Mauricien », se souvient-il.
Alain Laridon évoque notamment les premières mobilisations auxquelles ils avaient participé ensemble, dont une manifestation devant la municipalité de Port-Louis qui avait donné lieu à des affrontements avec des agents du PMSD. Ces mobilisations s’inscrivaient dans une période de forte agitation sociale et politique qui allait également voir la mise en place de la General Workers Federation (GWF).
Le parcours militant de Rajen Dyalah avait toutefois commencé bien avant son entrée au Parlement. Les événements de janvier 1968 à Port-Louis, marqués par de violents affrontements intercommunautaires, avaient également profondément marqué le jeune militant, alors habitant de Plaine-Verte. Cette expérience devait renforcer chez lui la conviction de la nécessité de travailler à la réconciliation et à la construction d’une société mauricienne plus solidaire.
Son engagement politique et syndical lui valut également la détention. Rajen Dyalah faisait partie des 23 militants emprisonnés en 1971, dans le contexte de l’État d’urgence et de la répression qui avait suivi les mouvements sociaux de cette année-là . À sa sortie de prison, il devait poursuivre son engagement politique sur le terrain, notamment dans la circonscription No 1.
C’est sous la bannière du MMM qu’il fait son entrée à l’Assemblée législative à l’issue des élections générales du 20 décembre 1976, il y aura bientôt un demi-sièle. Candidat dans la circonscription Port-Louis-Ouest–Grande-Rivière-Nord-Ouest aux côtés de Jack Bizlall et de Jérôme Boulle, il est élu député.
Il sera ensuite reconduit à trois reprises dans sa députation, en 1982, 1983 et 1987, toujours dans la circonscription No 1. Il avait été conseiller municipal de la capitale, notamment à partir de 1977, puis lors des mandats de 1985 et 1988.
En 1991, dans le contexte de l’alliance entre le MMM et le MSM, Rajen Dyalah ne devait pas être candidat aux élections générales au No 1. Alain Laridon devait lui succéde alors comme candidat.
Après son retrait de la politique parlementaire, Rajen Dyalah fut nommé à la Local Government Service Commission, où il devait poursuivre son parcours dans le service public jusqu’en 1995.
Au cours de ses années d’engagement politique, il avait notamment accordé une attention particulière aux travailleurs et à la communauté chagossienne installée dans les faubourgs de Port-Louis. Son parcours était intimement lié aux réalités sociales de la capitale et aux grandes luttes de la période précédant et suivant l’indépendance.
À sa veuve Amrita et à sa famille, Le-Mauricien présente ses plus sincères condoléances.
Nécrologie : Décès de Rajen Dyalah, figure historique du MMM
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