– La baisse significative des quotas (-60% en trois ans) ainsi que l’inflation des contraintes réglementaires mauriciennes pèsent lourdement sur la rentabilité de cette activité
L’armateur Sapmer annonce la signature d’un protocole d’accord avec le potentiel acquéreur spécialisé dans la pêche au thon en Amérique du Sud pour la cession de trois thoniers battant pavillon mauricien. La livraison des trois navires devrait intervenir d’ici à janvier 2024, sous réserve de la levée des conditions suspensives.
Depuis 2021, les quotas attribués à ces trois thoniers par les autorités mauriciennes ont chuté drastiquement pesant ainsi lourdement sur la rentabilité des activités. Les quotas mauriciens ont été réduits de plus de 60%, passant de 10 500 tonnes en 2021 à seulement 4 300 tonnes en 2023. De plus, Sapmer s’est vu imposer une multitude de contraintes réglementaires inédites, comme la taxe sur le poisson non débarqué ou vendu à Maurice ou encore l’obligation de vente à la conserverie mauricienne. Ces contraintes locales pèsent aussi sur la viabilité des activités. La chute des quotas et l’inflation réglementaire ont fortement dégradé les conditions d’opérations locales, ne permettant plus une pêcherie pérenne.
Pour Adrien de Chomereau, PDG de Sapmer, sa mission, dans ce contexte incertain, est d’assurer la pérennité des opérations et de ses emplois. « Cette pérennité passe par un environnement réglementaire stable, une flotte resserrée, manœuvrable et performante. Ces trois navires, dans un contexte local mauricien devenu particulièrement instable, faisaient peser une menace sur la pérennité de Sapmer, c’est pourquoi nous avons pris cette décision difficile. Je suis déçu de conclure ainsi cette formidable aventure qui nous a permis en dix ans la constitution d’une véritable filière durable à Maurice. Néanmoins, je suis rassuré de voir que ces trois navires seront entre de bonnes mains. L’acquéreur sud-américain est un opérateur spécialisé dans le thon, présent dans la pêche, la transformation et la commercialisation en produit fini du thon », fait-il comprendre.
Le protocole d’accord de la cession des trois navires n’inclut pas la reprise de leurs équipages composés de marins de nationalités françaises et étrangères. Des réunions avec les représentants du personnel sont d’ores et déjà engagées pour présenter les conséquences pour les équipages et les équipes à terre, à Concarneau, Maurice et aux Seychelles de cette prochaine cession.
Cette dernière n’aura pas d’impact à La-Réunion.
Pour ce qui est des 33 marins français concernés par cette cession, Sapmer, après une période de transition et de prise en main par l’acquéreur, proposera des opportunités de mobilité interne ou externe.
« Je tiens à saluer vivement l’implication et le professionnalisme de nos équipes terre et mer depuis la mise en service de ces trois navires que nous avons eu en flotte près de dix ans. C’est un moment difficile pour l’entreprise et tous ses collaborateurs. Fidèle à nos valeurs, ma priorité sera de veiller à ce que chacun des collaborateurs concernés par cette annonce soit accompagné dans les meilleures conditions possibles », a ajouté Adrien de Chomereau.
Dans la droite ligne de ce qui fait son identité et la spécificité de son savoir-faire, Sapmer entend conforter sa position d’acteur de référence de la pêche durable et responsable en s’appuyant sur une flotte performante et 100% française constituée de trois thoniers senneurs, quatre palangriers et un caseyeur.
Sapmer est l’armateur réunionnais pionnier de la grande pêche dans les eaux des Terres australes et Antarctiques françaises (TAAF) au départ de l’île de La-Réunion. Créée en 1947, Sapmer opérera dorénavant avec une flottille de huit navires de pêche : quatre palangriers congélateurs pour la pêche à la légine, un caseyeur congélateur pour la pêche à la langouste et trois thoniers senneurs surgélateurs (surgélation à bord à -40°C) pour la pêche au thon tropical (Albacore et Listao) dans l’océan Indien.

