Haniff Peerun : « La compensation salariale de Rs 635 a été complètement absorbée par la flambée du coût de la vie »
Avant la présentation du budget 2026-27, le Mauritius Labour Congress (MLC) hausse le ton et appelle le gouvernement à prendre des mesures fortes pour préserver le pouvoir d’achat des travailleurs et des pensionnés. Cette formation syndicale réclame notamment l’instauration d’une allocation intérimaire équivalente à 10 % du salaire de tous les travailleurs du pays, une mesure qui, d’après elle, devrait également bénéficier aux retraités.
S’exprimant lors d’une conférence de presse tenue hier, le président du MLC, Haniff Peerun, a expliqué que cette revendication est motivée par la dégradation constante des conditions de vie de nombreuses familles mauriciennes. Il a évoqué la hausse continue du prix des produits de consommation courante, la dépréciation de la roupie face aux devises étrangères ainsi que les effets persistants de l’inflation sur le budget des ménages.
Pour le dirigeant syndical, la compensation salariale de Rs 635, accordée l’année dernière, ne répond plus à la réalité économique actuelle. « Cette augmentation a été complètement absorbée par la flambée du coût de la vie », a-t-il affirmé, en citant notamment les récentes augmentations des prix des carburants, qui ont entraîné une hausse des coûts de transport et, par ricochet, du prix de nombreux biens et services. Il a également évoqué la hausse des tarifs de l’électricité de l’ordre de 15%, qui pèse lourdement sur les dépenses des ménages.
Haniff Peerun a également profité de cette rencontre avec la presse pour critiquer le processus de consultation mis en place avant chaque exercice budgétaire. Il a fait ressortir que les organisations syndicales sont régulièrement invitées à soumettre des mémoires contenant leurs propositions, avant d’être convoquées à des réunions avec les autorités.
Cependant, pour lui, ces consultations n’ont que peu d’impact sur les décisions finales. « Au fil des années, nous avons constaté que beaucoup de nos propositions sont tout simplement ignorées. Elles disparaissent au moment de la présentation du budget et nous découvrons parfois des mesures auxquelles personne ne s’attendait », s’insurge-t-il.
Le président du MLC a notamment cité la réforme de la Basic Retirement Pension (BRP), qui a repoussé l’âge d’éligibilité de 60 à 65 ans, comme exemple d’une décision prise sans véritable concertation avec les partenaires sociaux.
Cette année, le MLC souhaite donc que le ministre des Finances organise, avant la présentation officielle du budget, une réunion de travail avec les syndicats afin d’aborder les mesures susceptibles de susciter des controverses.
Pour Haniff Peerun, une telle démarche permettrait d’éviter des tensions inutiles et d’intégrer les préoccupations des travailleurs dans les politiques publiques. Il estime d’ailleurs que si cette méthode avait été adoptée auparavant, la polémique autour de la BRP aurait pu être évitée.
« Nous aurions proposé que le relèvement de l’âge de la pension à 65 ans soit une option et non une obligation. Nous restons fermement opposés au ciblage des bénéficiaires », a-t-il soutenu.
Les Caretakers des écoles catholiques également au cœur des préoccupations. D’après lui, ces travailleurs ne bénéficient pas des mêmes conditions que le personnel enseignant du secteur, notamment en ce qui concerne le paiement du bonus de fin d’année et l’application de la compensation salariale.
Il a affirmé avoir déjà porté cette question à l’attention du ministre du Travail, Reza Uteem, qui se serait engagé à examiner le dossier. Le syndicaliste espère qu’une solution pourra être trouvée rapidement afin de mettre fin à ce qu’il considère comme une inégalité de traitement.
Toutefois, il prévient que si aucune avancée concrète n’est enregistrée, le MLC envisage de saisir l’Equal Opportunities Commission, estimant que ces employés ne devraient pas être désavantagés par rapport aux autres travailleurs du secteur éducatif.

