Face à la popularité croissante des vélos, scooters et autres engins électriques sur les routes mauriciennes, le gouvernement entend durcir le cadre légal afin d’améliorer la sécurité routière. Répondant au député Tony Apollon, le ministre du Transport, Osman Mahomed, a annoncé que des dispositions législatives sont actuellement en préparation, avec notamment l’introduction du port obligatoire du casque pour les utilisateurs de scooters électriques.
Le ministre a mis en avant que l’essor de ces moyens de transport, particulièrement prisés des jeunes en raison de leur coût abordable et de leur praticité pour les courts trajets, s’accompagne d’un manque préoccupant de respect des règles en vigueur. D’après lui, de nombreux vendeurs et acheteurs négligent les obligations liées à l’immatriculation, à l’assurance, à la détention des permis appropriés ainsi qu’au port d’équipements de protection.
Conscient des risques grandissants, le gouvernement avait, lors de sa réunion du 16 janvier 2026, chargé le ministère des Transports de préparer une nouvelle législation encadrant l’utilisation de ces véhicules, avec comme priorité l’obligation du port du casque pour les conducteurs de scooters électriques.
Dans cette optique, plusieurs réunions de consultation ont été organisées avec la Traffic Management and Road Safety Unit (TMRSU), la National Land Transport Authority (NLTA) et la police. Les discussions ont notamment porté sur les comportements dangereux observés sur les routes, l’absence d’équipements de sécurité, en particulier chez les jeunes conducteurs, le défaut d’assurance dans certains cas, l’utilisation de véhicules électriques puissants par des mineurs sans formation, ainsi que les routes sur lesquelles ces engins devraient être autorisés ou interdits.
Le ministre a d’ailleurs relevé que des jeunes circulent régulièrement sur les autoroutes en scooter électrique, au mépris des dangers encourus.
À l’issue de ces consultations, un consensus s’est dégagé en faveur du port obligatoire du casque pour tous les utilisateurs concernés, y compris les cyclistes. D’autres mesures réglementaires sont également à l’étude, notamment l’immatriculation obligatoire des bicyclettes, vélos à assistance électrique et vélos classiques, la fixation d’un âge minimum pour circuler sur la voie publique, le port obligatoire d’un gilet réfléchissant entre le coucher et le lever du soleil, ainsi que l’instauration de limitations de vitesse pour les vélos électriques.
Pour Osman Mahomed, les risques sont aggravés par une méconnaissance des règles de circulation, ce qui met en danger non seulement les conducteurs de ces engins, mais aussi les autres usagers de la route, notamment les piétons. Il estime ainsi qu’il est indispensable de concilier l’essor des nouvelles formes de mobilité avec les impératifs de sécurité routière.
Le ministre a laissé entendre que cette problématique avait déjà été soulevée par le député Tony Apollon lors d’une campagne de sensibilisation organisée à Mahébourg, le 9 mai dernier, dans le cadre de la Semaine de la sécurité routière 2026. Il avait alors indiqué que son ministère travaillait déjà à l’élaboration d’un cadre réglementaire spécifique aux moyens de transport électriques.
« Ces dispositions législatives sont actuellement peaufinées par mon ministère en consultation avec la TMRSU, la NLTA et la Police. Je solliciterai prochainement l’accord du gouvernement afin de transmettre des instructions de rédaction au bureau de l’Attorney General pour mettre en place une réglementation destinée à renforcer la sécurité routière de cette catégorie particulièrement vulnérable d’usagers. Ces nouvelles mesures viendront s’ajouter aux nombreux projets de loi que mon ministère a déjà transmis à l’Attorney General’s Office », a déclaré le ministre.

